id., 1971.C'est au (re)tour de Krapulax, l'incontournable autorité du ciné popu 70's, d'être (re)convoqué pour nous (vous) entretenir d'un surclassique du créneau (popu. 70's).
Occasion de rappeler qu'on peut être "spécialiste" et ne pas tout gober pour autant...
"… Ou comment saloper un bon script.
1969. Francis Veber et Richard Caron pensent tenir un bon sujet de cinéma et font le tour des producteurs. Sans succès. Plutôt que de jeter leur histoire à la poubelle, Veber abandonne l’idée à son ami qui en tire un roman publié au Fleuve Noir.
Georges Lautner lit le livre et le soumet à Alain Poiré, grand producteur de la Gaumont, qui confie l’adaptation à… Francis Veber.
L’histoire est simple : Pour piéger un trafiquant de drogue, un commissaire, célibataire endurci, doit jouer les pères de famille. Lautner verrait bien Ventura dans le rôle du commissaire mais depuis Ne Nous Fâchons Pas, Ventura se méfie du caractère « excessif » de Lautner.
La suite va lui donner raison.
En dépit du refus de la vedette, Alain Poiré, satisfait du script de Veber, décide de le tourner quand même. Michel Constantin remplacera Ventura.
Un monolithe en chasse un autre. Sur le papier, l’idée n’est pas si saugrenue. Les deux acteurs cultivent un même penchant pour l’underacting et une même largeur d’épaules.
Un monolithe en chasse un autre. Sur le papier, l’idée n’est pas si saugrenue. Les deux acteurs cultivent un même penchant pour l’underacting et une même largeur d’épaules.
Mais au tournage, Constantin révèle vite ses limites et Lautner, son outrance.
Tandis que l’un semble chercher sur le front de ses partenaires sa prochaine ligne de dialogue, l’autre noie vite le récit sous une avalanche de bourre-pifs et de course-poursuites en accéléré.
Tandis que l’un semble chercher sur le front de ses partenaires sa prochaine ligne de dialogue, l’autre noie vite le récit sous une avalanche de bourre-pifs et de course-poursuites en accéléré.
La force des situations et des dialogues est vite annihilée par le traitement parodique du sujet.
Le film s’en trouve vidé de toute tension et se dévide mécaniquement jusqu’à son issue, parfaitement convenue.
Le film s’en trouve vidé de toute tension et se dévide mécaniquement jusqu’à son issue, parfaitement convenue.
Paradoxalement, les scènes les plus réussies sont les plus intimistes : celles où la femme, son fils et le commissaire apprennent à se connaître. Les fans de Veber quant à eux, apprécieront le passage à tabac dans le commissariat qui renverra, quelques années plus tard, à la chevalière de Coup de Tête.
On peut se laisser à imaginer ce que serait devenu pareil script entre les mains d’un réalisateur « plus mesuré ». La vision de Dernier Domicile Connu, réalisé par José Giovanni et interprété par Lino Ventura, en est un bon aperçu",
par Georges Lautner.




