16 mars 2012

Le Chien des Baskerville

Holmeserie Hammerisée (mais sans lendemain !), teintée d'une empathie morale étrangère au héros originel, forte des ambiances baroques et gothiques à la fois de la maison qui rendit marteau plus d'un fan d'horreur fifties-sixties... à commencer par le David Shore de House, M.D., né avec le film ?









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The Hound of Baskerville, 1959 - Terence Fisher, canonné par Mariaque.

Le Prisonnier de Zenda


Cinquième version* des aventures ruritariennes et gueuledelautresques de Rudolf Rassendyll qui voit pour l'occasion le fadasse Granger tenter la moustache Flynnienne afin de donner plus de crédit à sa nouvelle contribution capédépique (l'acteur insista dans le genre mais convainc rarement !).









* un meilleur souvenir, plus trépidant quoique fort diffus - et malgré un épatant Mason ici -, du cru 37 par Cromwell, Van Dyke et Cukor.

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The Prisoner of Zenda, 1952 - Richard Thorpe, canonné par Mariaque.

14 mars 2012

On Continue à l'Appeler Trinita

Escomptant rentabiliser la franchise qu'il vient de créer, le producteur Italo Zingarelli* fait rempiler tout le monde pour une séquelle (très vaguement reliée au premier opus) un rien supérieure à son aînée.
"Davantage de cinéma" sans doute mais aussi la présence de morceaux de bravoure (la partie de poker, le repas au restaurant, la confession, etc.) plus nets que lors du volet précédent (qui outre la séquence du repas des mormons et la baston finale s'avérait curieusement pingre en minutes traquant l'anthologique). Une netteté qui s'affirmera aussi, aux yeux des courageux spécialistes, dans le métronomique des motifs convoqués jusqu'au pugilat final (ici teinté de rugbyphilie cléricale**) mais également concernant la "sexualisation" (modeste mais accrue) du métrage, tonalité plus écrite au sein d'un script lui-même "davantage" dramatisé.



* il finira même par écrire et réaliser pour ses poulains, à l'occasion de Cul et Chemise, que les thuriféraires du duo considèrent comme l'une des meilleures livraisons baffeuses...

** préfigurant le volley-ball cardinal d'Habemus Papam ?

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...Continuavano a Chiamarlo Trinità, 1971 - E.B. Clucher (aka Enzo Barboni), canonné par Mariaque.

La 317ème Section

En embarquant avec lui Raoul Coutard, chef op' attitré de Godard et Truffaut, Schoendoerffer fait entrer le film de guerre dans le cadre inattendu (inédit à tout le moins) de la Nouvelle Vague.
Ambitionnant d'offrir le vérisme des actualités d'époque sans les scories techniques, le tandem parvient par la même à offrir un grand récit de guerre, à hauteur de soldat (la caméra est toujours posée là où un homme se tient, où un témoin pourrait se tenir), en filmant la marche tragique de cette patrouille perdue d'avance.
Plein d'humilité et de dignité, de précision et de réalisme, La 317ème Section constitue sans doute le seul film militariste valide, l'unique à même de susciter des vocations, de nourrir de bouleversantes admirations.
Onze ans après la débâcle de Dien-Bien Phu (rares seront les films français à réagir aussi tôt cinématographiquement en écho à un conflit), le titre ouvre la grande geste militaire de Schoendoerffer (on retrouvera ainsi le nom de Willsdorff (un clône de Bigeard, tenu par un majeur Cremer) dans Le Crabe-Tambour en 1977), mais constitue surtout une contribution majeure au cinéma (et bien sûr à la Mémoire française), sans avoir jamais recours ni au sensationnalisme ni à la moindre complaisance: aucun esthétisme, nulle posture ni manière. Débarrassé de toute afféterie et procédé, il parvient pourtant à distiller une intensité folle, celle des corps et de la jungle, des gestes les plus insignifiants sans cesse répétés comme une litanie du désespoir (combien de clopes nos éclopés peuvent-ils allumer !)...
Forget (le so demonstrative) Platoon: La 317ème Section, fort des, ici, immenses Jacques Perrin et Bruno Cremer, est, au plus près de la culasse, Le film de la Guerre intérieure ! You got it, Oliver ?.
par Pierre Schoendoerffer.

Pour en savoir un peu plus sur le tournage, read the BIFI !

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La 317ème Section, 1965 - Pierre Schoendoerffer, canonné par Mariaque.

Il Etait une Fois la Révolution GATTO

Giu la Testa, 1971 - Sergio Leone, canonné par Il Gatto.

Videodrome

Aussi visionnaire que confus (Cronenberg qui jouit d'un budget plus confortable qu'à l'accoutumée doit le payer par une sortie hâtivement programmée et finit d'écrire son script tout en le tournant), ce film éminemment matriciel dans l'œuvre du bonhomme (il ouvre la trilogie sexo-technologisante que compléteront Crash* et ExistenZ** et impose le slogan de la "Nouvelle Chair", si emblématique de la dimension mutante de la filmo du canadien), ce brûlot ingrat mettant en garde contre le pouvoir de l'image n'a rien perdu de son efficacité 25 ans plus tard. On reste et demeure fascinés par sa poisserie snuffeuse, son sado-masochisme torve, son conspirationnisme artisano-facho (un peu comme si Afflelou s'apprêtait à coloniser les cerveaux du monde) et sa contextualisation sociale évoquant le meilleur de Bradbury ou de K.Dick: comment ne pas se montrer enthousiasmé par l'intégration du téléviseur dans la société désenchantée proposée par le grand David ? Téléviseurs remplaçant les singes savants pour les mendiants des rues, télévisionnages dispensés aux laissés pour compte dans de vastes missions (authentique secours cathodique !), intellectuels des médias ne communiquant plus que par écrans interposés,... le tout sans sensationnalisme ni épate-techno, l'époque demeurant bien ces early-80's d'un Toronto un peu morne et non pas une projection fantaisiste et trompe-l'œil qu'il eut été facile de mettre en place (ce même réalisme nimbait déjà la lutte des "télépathes" dans Scanners).
Le propos, décryptable sans décodeur, n'en demeure pas moins dispensé à un spectateur - qu'on exigera attentif et participant (un peu comme le lecteur de nos notes en somme !!) - dans une progression dramatique aléatoire, ne tenant debout que grâce à des climats prégnants, mais aussi par la farouche posture suggestive et immersive d'une narration qui ne passe que par le point de vue du personnage principal (et quand on sait qu'il est bientôt la proie d'hallus carabinées autant que de mutations physiques « réelles », imaginez le bordel !). Personnage campé par un James Woods de très très haute tenue (le reste du casting est un peu en-deçà, Debbie Harry comprise malgré un magnétisme évident).
La claque fut réelle en mai 84 (je ne dus, à la réflexion, le voir que quelques années plus tard, en VHS) - alors que le film faillit pourtant ne pas arriver jusqu'en France, la faute à une exploitation américaine catastrophique -, mais surtout pour ses indéniables fulgurances graphiques (quelques fxs de Rick Baker, largement critiqués en leur temps (Tulard, Philippe Ross), mettent encore la tripe mal à l'aise aujourd'hui !). La charge politique et les inquiétudes contemporaines (snuff movies, manipulations subliminales, ...) ne nous apparurent bien sûr que plus tard. Pessimiste (qu'il suive les résolutions de Videodrome ou O'Blivion**, le spectateur est désormais télécommandé dans la moindre de ses décisions), désespérément pessimiste (il est plus vital d'avoir sa ration de téloche que de rata), fétichiste (le SM ambiant), désespérément fétichiste (aucune jouissance ne semble en ressortir, juste une fuite aussi vaine que morbide), Videodrome relève du plus noir des cauchemars (malgré les éclairages Suspiriesques (bleus et rouges) de Mark Irwin) et du plus ambitieux des films fantastiques... le 2001 cathodique, pas moins !



* et l'écho des cicatrices vaginales !

** et celui de l'organic-gun !!

*** remplacer par qui vous voudrez: TF1 et Canal +, par exemple...

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Videodrome, 1983 - David Cronenberg canonné par Mariaque.

13 mars 2012

La Famille Tenenbaum

On a facilement l'enclin - et nous les premiers ! - à qualifier de "guilty pleasure", de plaisir coupable, la bienveillance, l'enclin, que l'on aurait pour telle ou telle oeuvre au goût indiscutablement douteux, à la complaisance flagrante,... De qualité moindre en somme, mais par laquelle, quoique conscients du "scandale", nous nous laissons faire. C'est, à vrai dire, se fort tromper que de penser ainsi et Wes Anderson vient de nous le rappeler.
En effet, tout, dans le tout à fait digne Royal Tenenbaums est là pour nous plaire. Mais c'est précisément ce "bon goût" de tous les instants (déviant et original juste ce qu'il faut) - fait de caresses dans le dos entre gens bien éduqués, maniant l'ironie et la discothèque idéale - qui nous pose soudain problème: oui le plaisir pris là est coupable en ce qu'on voit (trop) bien comment il nous est prescrit.
N'est pas mis en jugement l'honnêteté ou les intentions (il ne s'agit pas de critiquer un univers ni d'en soupçonner plus que de raisons les ficelles) mais juste l'effet produit. Oui la fantaisie de tous les instants, le savoureux des compositions (Hackman ! Murray ! Paltrow !), les fétichismes proposés (painted toes, old skool tennis style, masochisme, mutilations), les morceaux de fort bonne (et no FM) musique (Drake, Nico, Rhodes, Satie, Smith,...)*, l'iconoclasme, la drôlerie et l'émotion sont bien au détour de chaque séquence, nimbés de cette évidence qu'on est au dessus du mainstream et passés au polish (trop) déterministe de l'indie credibility. Mais what for (comme diraient toutes les femmes de ta vie) ?
Le Wes précédent et culte (Rushmore) nous avait donné l'impression d'un vent, d'une nécessité supérieure aux "confortables" Tenenbaums (très dignes héritiers de fantasques familles dysfonctionnelles de la littérature américaine)... nous n'irons pas jusqu'à l'urgence mais une vibration, à tout le moins, absente ici (et plutôt relayé par un pittoresque "bourgeois").

Ici, le plaisir pris sera égal à celui de recevoir son cadeau de ré-abonnement aux Inrocks, de baptiser son nouveau pass au Festival Télérama dans un cinéma de province, d'offrir le DVD hype de l'année à sa bru pour l'ouvrir à un autre monde que celui des Intouchables... Réel, sincère, mais assurément et authentiquement, oui putain !, coupable !
Et... on plaidera (soupir).

* une audace, minime mais réelle, du film consistera à faire jouer, diégétiquement, un 33 tours (Between the Buttons) et de laisser tourner le disque au-delà de son premier morceau. Vivre ainsi aussi au cinéma une écoute réelle de disque, dans sa durée, waow. C'est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup.

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The Royal Tenenbaums, 2001 - Wes Anderson canonné par Mariaque.