Pirates


Optant pour de truculentes et grotesques aventures flibustières plutôt que pour le franc et revivaliste swashbuckler (ce qu'essayera Renny Harlin 10 ans plus tard), ce tardif cloak-and-dagger film s'annonce dans un premier temps comme une farce à pavillon noir tout à fait savouresue mais sans manquer toutefois de s'étioler, peinant à trouver un second souffle dans un scenario finalement assez peu finaud (l'escale centrale sur l'île du hollandais fourgueur d'otage casse véritablement les pattes de l'affaire). Chacun sait que le budget fut conséquent (à l'image pourtant, sorti des perruques inouies des éspingouins (et de toute la direction artistique frappée du sceau Goya-esque), rien de si flagrant (le Neptune n'a même pas été détruit après le tournage, c'est un musée en Italie de nos jours!), trop (30 000 000 $) ! pour être renfloué par les entrées en salle (un peu plus de 7 000 000 $) et ouvrit l'ère de la cruelle équation "pirates movie = bouillon" (écouter à ce propos le NBC#35).
Mais c'est surtout le manque d'épique et, à contrario, le trop plein goguenard et roublard, l'inévoluante loustiquerie de l'entreprise qui met du sable dans les rouages, qui raréfie le vent dans les voiles, ainsi sans doute que la patente faiblesse de casting (hors Matthau rien à se mettre sous la dent, même au précieux rayon des villains !)...
Restent quelques instants de choix (l'ouverture affamée, très Tintin au Pays de l'Or Noir (le Capitaine Red a d'ailleurs tout du Haddock) pour ne citer qu'elle) forts d'un certain charme BD donc (voir en ce sens les récents et forts drôles volumes de Ratafia).

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Pirates, 1986 - Roman Polanski canonné par Manchec.

1 commentaire:

Tepepa a dit…

Bien aimé moi ce film à l'époque, et bien aimé quand je l'ai revu.