King Kong


Retour sur la prime version du gros gorille perdu dans la grande ville (et les symboles phalliques l'étreignant), cette illustration sur-érotique du mythe Beauty & the Beast faite classique parmi les classiques des fantasmatiques retours au primitif que constitue le King Kong de Cooper, Shoedsack (et Willis O'Brien !).
Alors donc, 80 ans plus tard ? Et en regard du tout-en-3D du néo-zélandais, hein ?
L'évidence d'y dénicher plus de poésie et de saine naïveté, d'y débusquer un érotisme plus net (et encore, les coupes de la censure ont allégé le nichoneux de l'affaire !) quand bien même le jeu hurlant de Fay Wray (meilleure dans Zaroff) ne permet guère de souligner à cet égard les nuances ni les subtilités (la fascination n'est pas si franche, c'est au spectateur d'apposer sa propre libido), l'assurance de se repaître de davantage de gothique comme on en trouve aussi dans les Tarzan de Thorpe (et plus encore dans le décalque kongo-aquatique que constitue le chouettos film de Jack Arnold L'Etrange Créature du Lac Noir) et de saluer de chaleureux effets spéciaux (O'Brien donc, oscarisé seulement pour Joe Young 12 ans plus tard)...
... mais aussi d'excuser à la version Jackson son interminable interlude bestioleux de Skull Island puisque la même « performance » nuit (un poil) au coeur de la version RKO. En effet, 40 grosses minutes durant où le roi Kong brise des mâchoires de T.Rex, lutte avec d'improbables animaux préhistoriques (une séquence giganto-insectique a même été finalement abandonnée), se livrant à un parfait festival de brio technique aussi vainement spectaculaire que positivement rébarbatif, retardent (un brin désagréablement) le morceau de bravoure new-yorkais, cédant là à la surenchère conandoylesque (Le Monde Perdu), avec une pertinence s'étiolant à chaque nouvelle thrilling péripétie (quid donc déjà des effets pour les les effets).

Malgré ce ventre mou (et velu), on ne saura cependant bouder un plaisir certain (la mise en place jusqu'à la prime apparition du gorille géant est positivement excitante) ni modérer un parfait enthousiasme 100 minutes durant (sans s'empêcher de sourire non plus aux multiples ruptures d'échelle (et de look !) du primate qui semble perdre (et donc regagner) 5 mètres selon la situation (des petits malins calculèrent d'ailleurs la taille de son sexe selon les cas !)...), devant cette vivace cinéphile.


King Kong, 1933/USA - Merian Cooper & Ernest B. Schoedsack

 






















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