09 mars 2008

Asterix aux Jeux Olympiques

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Nous n'y venions pas particulièrement pour casser là du petit bois (l'envie était fort tentante cependant), pas plus qu'envoyer des volées de celui qu'on trouve, vert, quand la réprimande s'impose.
Nous avions poussé la posture jusqu'à éviter le plus possible l'envahissante promo, nous faisant à notre tour irréductibles face à l'hégémonie du film-cannibale et nous étions même économisé la visite à la critique de presse éclairée, promise assassine comme un Brutus poignardant son ambitieux père (devrait-on d'ailleurs au sein du film y voir le syndrome reproduit entre papa Berri et Langman le fiston ?).
Autant de précautions parfaitement inutiles cependant une fois le visionnage de l'affligeante entreprise engagé, tant celle-ci se charge de se trucider elle-même.
Car si les (ridicules) prétentions internationales sont vite et spectaculairement affichées (les plans monumentaux et les mouvements de caméras les soulignant lorgnent incontestablement vers Le Seigneur des Anneaux) au diapason de racoleurs effets spéciaux (souvent fort laids), le sens du comique s'atomise avec la même promptitude dés lors que le premier gag s'avance (et s'avère immédiatement saboté par une volonté du too much dont ne se départiront plus les minutes suivantes): Brutus (Poelvoorde, rigoureusement insupportable) déclame un poème à sa convoitée qui n'est rien de plus que le refrain de l'insupportable tube de Peter et Sloane (Besoin de Rien, Envie de Toi), mais craignant sans doute que l'on ne saisisse, l'acteur se met à le chanter carrément, entamant même une choré lapidaire. Sans être la séquence du siècle la chose aurait pu prêter à sourire, appuyée ainsi elle devient simplement affligeante et ridicule...
Ca tombe bien l'heure cinquante qui suit sera du même acabit: poussive (les lignes de Delon, vannes faites à base de ses titres de films est une idée bien creuse, à l'auto-dérision toute factice), paresseuse, infantile et jamais inventive (pas une scène, pas un gimmick plus écrit que l'horripilant « Avé Moi ») et se traînera laborieusement jusqu'à un épilogue à people sportives (Schumacher, Mauresmo, Zidane et Parker) d'une rare vacuité et d'une confondante inutilité. Comme un aveu d'impuissance... C'est Goscinny qui doit se retourner !
Ca ne serait pas si grave si on ne venait pas si consciencieusement chercher le billet de 10 euros dans la poche du pauvre type pour l'abêtir 2 heures durant... Ce ne serait pas si grave si JP Cassel ne s'était embraqué là-dedans avant la calanche et que le supérieurement drôle (habituellement) Alexandre Astier ne s'y était laissé abuser par de telles sirènes romaines.
C'est donc très grave. On feint de l'ignorer (de toutes parts) et on oppose fissa le vaste « succès populaire » à la grise mine du pisse-vinaigre robespierrien tenant minuscule tribune cinéphile (ou alter-cinéphile !) au nom de l'impossible communication. Mais figurons-nous une seule minute que pour certains spectateurs français cet Asterix sera le seul film qu'ils verront en 2008 (deux peut-être avec le Dany Boon (trois avec Disco...))! C'est pas grave ça ?
Oh que si ! Voyez les allures des victimes satisfaites de haute coprophagie, moutonnant, déjà crottés de l'esprit (ceux-là même qui ne parlent qu'en punchlines de Braïce de Naïce), dans les files des complexes de périphérie: la merde, à dose régulière, c'est létal.
A tout le moins, à entretenir le mauvais goût, ça donne mauvaise mine.
Thomas Langman (2008)

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16 commentaires:

Anonyme a dit…

changement d'adresse ?

les anos réunis

Anonyme a dit…

asterix aux jeux olympiques

Krapulax

Dr. Strangelove a dit…

Une toge, un clone de Dany Brillant...
Oserai-je le dernier Asterix aux jeux olympiques ?

Dr. Strangelove a dit…

damned ! un plus rapide que moi, la prochaine fois j'éviterai de raconter des conneries pour faire joli...

Dr. Strangelove a dit…

C'est sûr, c'est ça, je viens d'aller voir IMDB, il joue le rôle du goûteur de miroir n'est-il pas ?

coolbeans a dit…

Ah crotte, je venais de trouver...

Anonyme a dit…

Voyez-vous l'intérêt mon cher Mariaque de prévenir les aspirants de l'heure du prochain post...

Krapulax

Anonyme a dit…

Et que dire, mon cher Mariaque de nos chers Astérix et Obélix, purement et simplement évacués de l'intrique...

Krapulax

coolbeans a dit…

Que des gens qui ne savent pas même ce qu'est le cinéma ne voient que ce film en 2008 n'est pas si grave en soi. Tout le monde ne peut pas être égalitairement éduqué au septième art.
Ce qui me semble navrant, c'est la complicité des média, renforçant dans l'idée du plus grand nombre que ce genre de film est peut-être de l'art lorsque ce n'est qu'une entreprise mercantile.
Combien de Denisot, combien de Drucker seront venus récupérer une part du gâteau et auront servi la soupe à cette parodie de création artistique.
Entre l'attitude des commentateurs et l'avidité des créateurs, on ne peut que constater, tristement, la transformation inéluctable d'un art en secteur économique.
Et dire que ce sont les personnes responsables de telles inepties "cinématographiques" que l'on retrouve ensuite en train de vilipender le téléchargement et le piratage...
Pauvres cons !!

MARIAQUE a dit…

S'ils ne voient qu'un film, et donc ce film, c'est effectivement la faute de ces fumiers d'odieux promoteurs que vous stigmatisez... je parlais d'ailleurs bien de "victimes satisfaites"...

davnat a dit…

Si la merde est réellement létale, on devrait bientôt être débarrassé d'une frange certaine de la population.

coolbeans a dit…

Ma fille est allé voir le film pour son anniversaire avec son frère et tous leurs copains. Ils sont tous trop jeunes pour mourir.

MARIAQUE a dit…

Cela va sans dire... God Bless Her !

Sonic Eric a dit…

Excusez mon absence mais j'ai dépouillé jusque tard dans la nuit. L'idylle est -elle finie avec l'édile à La Flotte ?

Anonyme a dit…

Fallait le faire qu'oser y aller; ça c'est du grand Mariaque. C'est vrai, moi, j'ai fait l'impasse directe et ça m'aurait fait mal que tu m'annonces le chef d'oeuvre du siècle. En gros, ça me rassure que tu enfonces des portes ouvertes!
Bonnes dédicaces bientôt, avec le délicieux chauve.

L'OdN

MARIAQUE a dit…

Vous m'excuserez, cher OdN, de devoir avec diligence flétrir ma masochiste superbe: je ne me suis pas rendu jusqu'en salle pas plus que je n'ai déboursé le moindre cent d'euro fort pour subir la chose.

Vous m'en voyez désolé pour l'image que vous vous faites de moi. Mais déjà moins pour m'être épargné tel supplice en échange de piécettes trop rares dans mes poches et donc foutrement précieuses.

A très bientôt, j'espère.