Nous rappeler la chose rêveuse, poétique, fantaisiste est une chose. La revoir forcenée, vieillie, moyen écrite ("dialoguément") en est une autre, et celle hélas d'aujourd'hui.
Certes moins mécanique que quelques uns de ses films ultérieurs, plus frais aussi sans doute (mais le personnage du grand doux-dingue frisé blond (et chaussé comme il veut !) qui tiendra 25 ans durant était là naissant !), ce Distrait atteint de régulières limites en bien des aires de jeux: étirement excessif des séquences (l'ouverture du piéton dans la circulation), grosses faiblesses des bafouillantes scènes dialoguées (la pénible thèse publicitaire), cahin-caha de la progression narrative, mariage hasardeux des tons (la comédie lunaire, la fantaisie free-pop et la satire sociale type Jean Yanne sont étrangement dosées)... autant de petits points noirs qui, s'ils étaient extraits du pif, offriraient un profil davantage altier, comme (presque) ici.
Quelques séquences pourtant marchent à merveille et font encore notre bonheur (l'appartement d'Yves Robert, le repas de famille, la sublissime séquence du bureau s'affaissant au milieu des cages à oiseaux (sans Pierre Perret), le concours Clistax (et ses oeufs), l'ensemble des scènes avec Paul Préboist (?!)), mais isolément, sans constituer un film cohérent en soi. Ajouter à cela un Blier au minimum syndical (fichtre !) et une MC Barrault confondante de vide (y compris rayon charme) et s'assurer que l'audace formelle d'alors méritait sans doute plus de rigueur (comme chez Tati ou Chaplin)...
Pierre Richard (1971)
Quelques séquences pourtant marchent à merveille et font encore notre bonheur (l'appartement d'Yves Robert, le repas de famille, la sublissime séquence du bureau s'affaissant au milieu des cages à oiseaux (sans Pierre Perret), le concours Clistax (et ses oeufs), l'ensemble des scènes avec Paul Préboist (?!)), mais isolément, sans constituer un film cohérent en soi. Ajouter à cela un Blier au minimum syndical (fichtre !) et une MC Barrault confondante de vide (y compris rayon charme) et s'assurer que l'audace formelle d'alors méritait sans doute plus de rigueur (comme chez Tati ou Chaplin)...
Pierre Richard (1971)









