Héritier direct du nouveau mood de la Maison de l'Oncle Walt - initié en 92 par le fort fréquentable Aladdin mais un peu abandonné ensuite - à savoir une radicale auto-dérision et une ironie de tous les instants, l'Hercule mis en boîte par Clements et Musker (la paire coupable du Génie bleu et de l'immense Jafar* !) surprend fort au lendemain du lyrique Bossu de ND et à la veille de l'épique Mulan (il marchera d'ailleurs moins bien que ces deux là).En effet, ses efforts de second degré, sa rupture plastique et philosophique (un héros résolument abruti, auquel il est difficile de s'attacher, une « héroïne » tragiquement « traîtresse »), seule l'absolue réussite du villain Hadès (et dans une moindre mesure du satyre DannydeVitesque Philoctete) élève le film, de loin en loin, à l'occasion de séquences hystériques et réjouissantes (le débit de James Woods qui campe l'odieux ourdisseur est diablement bien repris par la voix de Dominique Collignon-Maurin (qui double Mark Hamill, Kevin Kline, Nicolas Cage mais surtout, d'une manière assez analogue à la présente, Gary Oldman dans Le Cinquième Élément**)).
Graphiquement assez laid (la sensation est pire encore lors des séquences intégrant une hideuse 3D telle le combat avec l'Hydre !), le titre joue la carte de la satire, de l'auto-satire même puisque fustigeant le merchandising, les produits dérivés et tout ce qui fait la force impériale des productions Disney de par le monde (y adjoignant dans sa charge les cartes de crédits vertement célèbres, les inévitables sodas et les chaussures de sports aériennes) et s'embarque aussi dans le complice principe de la citation ou de la référence.Or si ces manières fonctionnent lorsqu'elles sont autocentrées (la dépouille de Scar, issue du Roi Lion) elles sont déjà plus poussives lorsqu'elles revisitent d'autres univers (Star Wars, Karaté Kid), tirant l'affaire vers une certaine vulgarité dont la maison mère n'a d'ailleurs toujours pas su s'affranchir à ce jour (le problème demeurait encore dans le récent Il Etait une Fois). Non pas que l'ironie soit interdite à Disney (et réservée au Shrekien Dreamworks ?), la preuve en est avec la culture des villains « grotesques » (entendez «comiquement contrariés », de Medusa à Jafar ou Hadès justement), mais elle ne lui est décidément pas naturelle lorsqu'il s'agit de farouchement coller au post-modernisme ambiant (quoique ce soit véritablement plus fin dans certaines prods Pixar telles Toy Story 2 ou Les Indestructibles).
Dés lors la production, hybride et le cul, comme son héros hésitant avec la Terre et l'Olympe, entre deux chaises ne trouve pas vraiment et son rythme et sa place... pour finir par déplaire plutôt (les faibles chansons (fadassement gospelisantes) de Menken ne facilitant en rien l'adhésion !)...
Ron Clements & John Musker (1997)
* mais aussi de la faiblarde Planète au Trésor qui leur coûtera oreilles
(un minimum chez Mickey !) et queue.
La crise de la 2D chez Disney ne sera pour autant pas solutionnée
puisque le dernier métrage à peu près valable demeure,
et ce malgré l'avis des farouches fans
de l'ultérieur Lilo & Stitch (Sanders/Deblois, 2002),
Kuzco, L'Empereur Megalo (Mark Dindal, 2000) !
** on le retrouve aussi avec plaisir au service
des méchants en chef de 1001 Pattes ou de Monstres et Cie.
(un minimum chez Mickey !) et queue.
La crise de la 2D chez Disney ne sera pour autant pas solutionnée
puisque le dernier métrage à peu près valable demeure,
et ce malgré l'avis des farouches fans
de l'ultérieur Lilo & Stitch (Sanders/Deblois, 2002),
Kuzco, L'Empereur Megalo (Mark Dindal, 2000) !
** on le retrouve aussi avec plaisir au service
des méchants en chef de 1001 Pattes ou de Monstres et Cie.














