Dans sa chronique lors de la sortie ciné, Vincent Avenel de Critikat.com pointait* que Volt était "un peu le croisement entre The Truman Show et Les Indestructibles – les recettes qui ont fait le charme de ce dernier film étant d’ailleurs pleinement utilisées. Ton cartoonesque, univers visuel stylisé très proche du film de Brad Bird… Mais n’est pas Pixar qui veut. De prime abord, les personnages sont bien écrits, prometteurs : le super-chien qui ignore qu’il n’a aucun pouvoir, la chatte des rues qui s’est construit une mafia de pigeons basée sur le deal « tu me nourris / je ne te mange pas », le hamster hyperactif téléphage… Mais là où Pixar parvient toujours à insuffler une humanité étonnante à ses protagonistes, Disney retombe vite dans la caricature. Volt devra comprendre qu’il est bon d’être normal, et pas seulement d’être un super chien ; la chatte Mittens va avouer que tout ce qui la tente, c’est la vie normale d’un chat domestiqué ; quant à Rhino le hamster, son côté absurde laissera bien vite place à une exaltation des valeurs de la famille et de l’amitié…".Bien dit, tu l'as pas raté, mon toc-toc.
Il est surprenant en outre que, puisque Pixar a définitivement fusionné avec Disney, Lasseter persiste à vouloir faire vivre le studio "Animation 3D" de la Maison Mickey (responsable des très inégaux Chicken Little et Bienvenue chez les Robinsons et du calamiteux The Wild) plutôt que de consacrer toutes les énergies vers l'heureux laboratoire qui a vu naître Toy Story et Monstres & Cie. L'amalgame a d'ailleurs du coup innervé toute la promotion française du titre, donné pour le nouveau Pixar. Or il n'en est effectivement rien (et Avenel l'expose assez clairement).
Volt est donc, au-delà d'une hérésie linguistique pour la vente à l'international (le titre original, Bolt, signifie "éclair" et tout au long du film, vous êtes bons pour l'expliquer aux gosses, puisque les distributeurs français voulaient eux aussi, faire électriquement sens à tout prix !), une chose hybride, à l'arrière-train entre deux chaises.
Plastiquement honorable, voire davantage, rythmiquement souvent correct (exception faite de tout le final post-fourrière, catastrophique), soulevant des questions de bonne tenue (l'identité, la vie construite sur le mensonge, les arguments audimato-statistiques des executives télévisuels), le titre peine pourtant régulièrement, une fois son ouverture-uppercut passée (un prologue Indestructiblo-Bondesque fait pour en mettre plein la vue).
Alors à qui, à quoi la faute ? Le manque de charisme du clébard en titre ? L'embarrassant renoncement philosophique souligné par Critikat ? La sensation de déjà vu (multiples et flagrants emprunts aux prods 3D de ces 8 dernières années, (juste retour des choses ?) mais aussi motif du road movie (avec dessin sur carte !) un peu éculé)?
Un peu de tout ça, sans doute, mais dont on peine à motiver l'argumentation (à quoi bon les enfants ? Consacrons-nous à des choses nous exitant autrement !). Ce qui emportera tout de même Volt sur les sommets d'un panier mineur, celui rempli de choses tels Vaillant, Les Rebelles de la Forêt ou Nos Voisins les Hommes...
Mais à vaincre sans péril, cher toutou...
Chris Williams & Byron Howard (2008)














