20 septembre 2009

Vampires

S 'il est, de toute prime abord, l'occasion de confirmer que depuis Jack Burton, toutes les BO de Carpenter sont franchement dégueulasses* (alors qu'avant, mazette !, y'avait du sacrément bon** !), Vampires estomaque vite dans sa jubilatoire cohérence du mauvais goût – et à ce titre, il nous faudra le concéder, la musique s'avère fichtrement en phase avec l'intention.
Cynique, joyeusement borderline (la séquence où Jack Crow revient au motel pour faire « le ménage » !), ouvertement malpoli et provocateur, plus que de genre le film se pose foutument – et pour notre plus parfaite jubilation - en prototype de mauvais genre.
Héros vulgaires, grossiers et ouvertement négatifs, aux fulgurances confinant parfois au plus parfait cartoonesque (voir certaines mines dégoûtées de James Woods et apprécier le régulier approximatif des interventions), environnement délétère (entre minables motels à putes, église criminalisée et décadente, et haciendas peckinpahesques) et argument aussi incongru qu'irrévérencieux (une sorte de 12 Salopards mandatés par le Vatican pour estourbir le premier vampire créé par une Église aux représentants volontiers hystériques dans la violence)... font de cette « Aorte Sauvage »***, une fois roublardement combinés ensemble, quelque chose d'autrement plus excitant (et de plus réussi) que tous les Dan Brown du monde tomhanksés pour les box offices grégairement paresseux.
Casting au poil (Môssieur James Woods, mais aussi la toujours insaisissable Sheryl Lee (Sailor et Lula, Backbeat mais surtout LA Laura Palmer de Lynch !) et un énième frangin Baldwin (le graisseux Daniel, ayant accompagné Mickey Rourke et Don Johnson **** dans leur traversée du désert 90's) dont l'atavique incharisme familial fait ici des merveilles d'approprié !) ou presque (le so 90's Michael Wincott eut sans doute fait un meilleur Valek !), rythme incroyablement soutenu, traitement plastique remarquable (intérieurs aussi bien éclairés que ceux du Prince des Ténèbres, extérieurs aussi décalés que dans le futur et aussi gourmand Ghosts of Mars*****), tout concourt à faire du western à dents longues Ze film de vampires de la fin des 90's (plus que le Dracu' d'Coppo' (que Carpenter crut longtemps se voir offrir avant qu'on lui ôte le joujou des mains, la faute à sa trop faible notoriété et sa piètre bankabeulité)) et sans doute même la meilleure chose qui soit arrivé au mythe jusqu'à True Blood...
Aux côtés d'Aldrich et de Peckinpah, Carpenter fait -une fois de plus !- grave le boulot !
John Carpenter (1998)

* Assaut, Halloween, Fog, NY97,...
** exception faite, peut-être,
de celle du Prince des Ténèbres !

***ce délicieux calembour n'est hélas pas mien
mais de Bertrand Rougier, in Mad Movies

****ce dernier, catchant moins, s'en est-il seulement vraiment sorti ?
*****le film est incroyablement cohérent avec l'œuvre dernière du père Carpentouze (les damnés ou invisibles remakes mis à part)

13 septembre 2009

Interlude: Me & the Book

C'est bien parce que j'apprécie le garçon taggeur qui me sollicite (l'irrésistible Davnat pour ne pas le nommer)... que je condescends à jouer exceptionnellement le jeu de ces tests qui cancérisent les blogs les uns après les autres (sont plus métastasés que les autres d'ailleurs ceusses s'entichant de cinéphilie !)...
... et à me voir donc, comme promis, maudit pour douzes générations. Puisque je ne maillonerai à mon tour pas la fichue chaîne (de plus ce message s'autodétruira s'ici quelques jours !)...

Moi et le Livre donc...
Allons-y, puisqu'on nous somme !:

Plutôt Corne ou Marque page ?
Livre demeuré ouvert, en appui sur l'intérieur de ses pages, au risque de briser les tranches .
Ou marque page, oui, fait de n'importe quoi pourvu que la taille soit adéquate (j'ai abandonné, malgré l'idéal du format, la tranche de jambon... depuis qu'ils nous ont viré la couenne; idem du pain de mie et de sa croûte).

As tu déjà reçu un livre en cadeau ?
Souvent, oui. Plus que des fleurs, des chocolats ou des cercueils. Les plus notables ces dernières années le Tim Burton de De Baecque, La Mafia à Hollywood de Tim Adler, la correspondance de Truffaut, le Jacques Tati de David Bellos, le Cinéma Bis de Laurent Aknin, le Kubrick de Ciment (et non pas le Kuciment de Brick), Regards sur le Cinéma Américain de Brion...
... les immenses Autum Film Encyclopedia:Horror de Phil Hardy et Les Méchants chez Walt Disney de Johnston & Thomas encore...
J'en néglige certainement qui risquent de briser là, sans doute aucun ni plus de cérémonie, quelques précieuses amitiés...

Lis tu dans ton bain ?
J'ai cette mousseuse perversion, effectivement, parmi d'autres, plus humides encore. Récemment avec l'Autoportrait de Claude Berri et, avant ça, les 200 Films au Soleil d'Alain Poiré...
Quant aux toilettes, pareillement sollicitées, les mémoires de Robert Evans.
A croire que les sanitaires appellent chez moi la fréquentation de dispendieux producteurs !
Bientôt en ces lieux canalisés les Mémos de Zanuck, alors !

As-tu déjà pensé à écrire un livre ?
La question serait plutôt « quelqu'un a-t-il pensé à sérieusement m'éditer ? ».
Oui, présomptueux, fallacieux, insensé, j'écris. Un roman refusé partout (Better Than Gandhi) et un « guide » sur les 2000 morceaux pop/rock à posséder chez soi, publié, lui, en 2008 chez Hugo & Cie. Un travail de commande, laidement emballé, piètrement vendu... et largement incompris (le lecteur a visiblement eu le nez collé d'un peu trop près au projet pour en distinguer l'ironie générale, les saillies drolatiques minant de l'intérieur le principe même de ce genre d'ouvrage... mais bon, c'est toujours ça que les boches auront pas. Comme on dit.).

Que penses tu des séries en plusieurs tomes ?
Sous forme d'almanachs, alors oui. De saisons. Sans quoi...

As-tu un livre culte ?
Des tas, changeant chaque jour.
Le Hitchbook, le Hitchcock (de Rhomer et Chabrol), Panorama du Film Noir Americain (de Borde et Chaumeton,) le Truffaut (de De Baecque et Toubiana), Le Cinema Gore (de Philippe Rouyer), le Joe Dante (de Bill Krohn), Le Nouvel Hollywood (de Peter Biskind), le Audiard de Dominique Chabrol, le Disney de Bob Thomas contrebalancé par celui de Marc Eliot, Les Yeux de la Momie (de Manchette), Le Massacre à la Tronçonneuse de Thoret, le Carpenter de Lagier & Thoret, le Cronenberg de Grunberg, les Pierre Lambert chez Démons & Merveilles, L'Anatomie de l'Horreur (de Stephen King) et l'indispensable Guide de la Vidéo Cassette 1983.

Aimes-tu relire ?
Inévitablement. Il y a des pages que je reconsulte hebdomadairement (et pas seulement celles de Moi, la Scandaleuse de B.Lahaie).

Rencontrer ou pas les auteurs des livres qu'on a aimé ?
Ne rencontrer personne, jamais. Tous des cons. Ou d'envieux mythomanes.

Aimes-tu parler de tes lectures ?
Je les évoque bien moins que le reste.
Un petit cercle toutefois peut subir, de loin en loin, mes avis, immanquablement éclairés, en la romanesque matière. En tous les cas, cela se fait toujours physiquement... et à domicile (je tairai donc, ici et présentement, fort de mon espiègle enclin à la frustration, mon foisonnant rapport à la fiction). Vous faire inviter chez moi pour en savoir davantage donc. En plus je viens de faire la Foire aux Vins au Carrefour de Saintes.

Comment choisis-tu tes livres ?
Par recherche, esprit d'escalier, nécessité, soif de remplir et d'accumuler. En haute préméditation en somme, en sournois calcul. Foin de surprises !

Une lecture inavouable ?
« Le Guide du Cinéma chez Soi 2002 », de Télérama. Say no more !

Des endroits préférés pour lire ?
Dans l'attente de l'acquisition d'un confortable fauteuil dévolu à ce seul usage (et à mon usage exclusif)... je dirais, empiriquement, une banquette de train filant vers la mer (ce qui de chez moi aujourd'hui n'a finalement que peu de sens, puisque celle-ci est au bout de ma rue...).

Lire et Manger ?
Brazil ou Mad Movies (revues), seulement si personne n'est assis en face de moi, ni ne tente de lire par dessus mon épaule.

Livres empruntés ou livres achetés ?
Empruntés (en biblio, je n'emprunte guère de livres chez autrui) lorsque raréfiés ou au-delà de mes finances: longtemps le Hitchbook, acheté depuis.
Il Était une Fois... Le Western Européen de JF Giré, encore aujourd'hui par exemple. Le DePalma de Blumenfeld et Vachaud. Le Bava de Martinet, les Polanski de Tylski, le Peckinpah de François Causse...

As-tu déjà abandonné la lecture d'un livre ?
Absolument. Régulièrement. C'est même un principe. Qu'il me reste encore des pages à découvrir. Pour une hypothétique prochaine fois.

Tu tagues qui ?
Personne.

Pourquoi ?
D'une part parce que toutes les personnes dont je pourrais sincèrement être curieux ont déjà effectué ce petit test (ce n'est pas tout à fait exact et j'entends déjà, fort d'une oreille bionique récemment acquise, des susceptibilités se froisser).
D'autre part parce que je déteste foncièrement ce genre de manières tant en vogue sur le ouèbe: je ne suis pas là pour me marrer, moi.
Et je ne suis pas votre copain.
Que ceci soit dit et entendu.

NB: le remords de tant de mauvaise camaraderie
me prenant, j'invite, allez !,
EdisDead, Vincent et Coolbeans, tiens !,
à s'épancher eux aussi sur leurs feuilletages.

11 septembre 2009

New York 2H00 du Matin


Si nous devions radoter, enclin dont il faudra raisonnablement nous suspecter, ivres de nos propres antiennes et enfumés de nos complaisants tics que parfois nous sommes, nous annonerions, ici et maintenant, en opportun préambule, que Woody et Abel ne fréquentent décidément pas le même New York – à tout le moins le font-ils à des heures fort éloignées...
Car que pourrait bien faire d'autre le bigleux Allen à deux heures du mat' que de débriefer, au pageot, une séance de minuit de son ciné-club favori, lui ayant donné à moudre un énième Bergman ou bien un replayitagainsamé Curtiz de derrière la casquette nazie ? En tous les cas, il ne courre pas les lap-danseuses ou les gogo-girls avec des ciseaux géants, lui. pas plus qu'avec sa clarinette...

Plus je vieillis et plus j'aime le cinéma de Ferrara – n'est-ce pas le chemin inverse de l'accoutumée ? A tout le moins n'est ce pas le cas de tout le monde !

(à suivre...)
Abel Ferrara (1984)

10 septembre 2009

Une Nuit à New York

Fut un temps où Ferris Bueller passait une folle journée et Paul Hackett une nuit de barge – l'un à Chicago l'autre à New York.
Un autre de ces temps, plus récent, Rob Gordon* s'arrachait les cheveux entre gigs, ex-girl et galettes (vinyles) et la môme MacGuff, trop tôt encloquée, frottait sa discothèque indé à celle d'un aîné branché sur Thurston Moore – l'un à Chicago (?!) again, l'autre dans le Minnesota.
De grandes heures furent celles encore de l'inégalable Daria, bien sûr, mais aussi celles d'Enid et Rebecca intriguées par l'étrange Seymour...
Bien. Bien, bien, bien. Souvent très, même.
Mais shakerisez-moi tout ça, ramenez-moi ça sur Manhattan et osez orienter franchement l'affaire vers la comédie romantique pour ado post-Gossip Girl (le fil rouge hype'n'pod du concert de Where's Fluffy fait ainsi, en plus de lapidairement colonnevertébraler le récit, vibrer archicontemporainement tous les smartphones de la Big Apple !), l'énervant glam chic en moins, et voyez-moi débarouler rien moins que la meilleure teen comedy (avec, dans une tonalité radicalement différente, SuperGrave) depuis... depuis.. depuis... Pretty in Pink & The Breakfast Club réunis (RIP John Hugues !) ** !
Casting de choix (Michael Cera !!!!!), contexte contagieux (à quiconque a bricolé sa vie durant, pour un oui, pour un non, pour plus ou moins encore, des compils, des mixtapes, sur BASF chrome ou CD-R emmepétreux), topographie enivrante (pour qui kiffe Nouillorque sans verser dans la tournée des grands ducs façon tour operator) et trame surclassique mais pas mal dégraissée de ses clichés (sans sacrifier ses orthodoxes motifs non plus !) font du trip nocturne un bain de jouvence heureux et sacrément catchy !
Une fois encore la distribution française se fait au travers d'un titre salopant la beauté de l'original (Nick and Norah's Infinite Playlist) mais pourrait, par « publicité mensongère », attirer un public auquel la chose n'est pas particulièrement destinée (fan d'Hannah Montana ou des frangines Olsen ?) et, ouiallenote ?, ouvrir des yeux, des oreilles... créer des voltes-faces, qui sait ? des vocations !
C'est tout le mal qu'on souhaite à cette petite perle qui renvoie bien loin les chichiteux Garden State et autres prods mid-branchouillades (et plus loin encore les merdasses 90's type She's All That ou 10 Things I Hate About You !)
Peter Sollett (2008)

* un nom qui inspire les collègues ayant goûté aux charmes de N&NIP !
** un titre qui en inspira d'autres !
*** j'ajouterais bien, pour compléter le podium 80's,
The Sure Thing, de Rob Reiner !

08 septembre 2009

2019 Après la Chute de New York

La chose est désormais banale, entendue: voici un post-nuke rital de plus, pompant dans la poussiéreuse allégresse et les nappes de synthés baveux tout son Mad Max 2 et (surtout, surtout, surtout) son New York 1997. On sait déjà l'enclin, la niche, le goût, la complaisance de la scène et de l'époque (et la nôtre caressant la chose dans le scandaleux bon sens*). Alors quoi ?
Aussi fumeux et peu évident cela soit-il pour le non-initié, sans doute 2019 est-il le meilleur d'entre tous les nanars vautours du genre. Pas moins.
Attention, malgré la distinction ici généreusement accordée (la médaille reste partagée à nos yeux avec Les Exterminateurs de l'An 3000), on restera ici régulièrement à des brassées en dessous des modèles fondateurs (Miller et Carpentouze donc, mais aussi le Hill des Warriors et même le Scott... d'Alien !) et le ridicule ne manquera que rarement de dégommer, séquence après séquence, une ambition mal négociée (le titre préfigurant ainsi, par exemple et 25 ans plus tôt, le contexte cauchemardement stérile des Fils de l'Homme !) et des événements tous plus péteux les uns que les autres.
Il n''empêche. Il nonobsterait presque.
Coproduit avec nous autres (les maxpecassiens Films du Griffon) et donc co-casté avec notre belle patrie du Cours Florent (la blonde Valentine Monnier fera une escale latino-exploitante (un Lamberto Bava singeant Jaws, en plus du présent Martino) entre un Sussfeld à nains et un Serreau à couffin), le projet dut tout de même se contenter d'un budget famélique (le fadasse Michael Sopkiw, sorte de sous-Terence Hill sous-interprétant un sous-Snake Plisken, aimait à dire qu'il ne pût se payer avec son cachet qu'une moto d'occasion... et encore: sans le plein !), et des manières qui vont avec.
Pourtant, présomptueux, le script brasse large, multiplie des caractères, des situations, des ambitions (le laïus philosophique du bourreau Eurakien (bientôt énucléé !) et ses délicieuses allusions au Guernica de Picasso !), des topographies et même des tonalités (l'inattendu dernier tiers, frappé au coin du conte façon Wizard of Oz ou Sleeping-Beauty-and-the-Beast) qu'il ne peut décemment honorer (25 ans plus tard, Doomsday, rejeton évident de la chose, y parviendra-t-il mieux ?). Et ce ne sont pas les tunnels narratifs articulant les moments de l'intrigue (celui concluant les 20 premières minutes est un petit modèle de croquignolet, celui du « camp des nains », puis celui de la fuite en station wagon n'étant pas vilains non plus !), aussi laborieux que ceux empruntés depuis Long Island jusqu'à West Side par la triplette de Manhattan**, qui faciliteront la tâche.
Entre maquettes simplistes, industries désaffectées et casses automobiles (ainsi pas un building dans « New York » !), le titre enchaîne encore métronomiquement les signes extérieurs de pauvreté mais l'énergie et la farouche débrouillardise d'un Sergio Martino (un cador du bis all'italia !) pas dupe mais sincère finissent par donner un corps au tout (certes méchamment hybride voire carrément débile) et à proposer même, aux yeux de l'amateur déviant - mais éclairé et synthétiquement hiérarchisant-, une entreprise assez rythmée, riche en surprises de tous genres.
Les autres rétines passeront sans doute loin à côté – mais qui les en blâmera ?
Sergio Martino (1983)

* cliquer ci-dessous sur le libellé "post-nuke" pour s'en convaincre
ou bien relire pour la énième fois les fameux
et néanmoins seurtiniens Guerriers de la route Milan-San Remo


** d'aucuns ne souligneront-ils pas au passage
le laborieux de la syntaxe de l'article comme une mise en abîme
aussi présomptueuse que régulièrement saugrenue ?


07 septembre 2009

La Maison de la Terreur

Si la maison René Château sut tirer sa fulgurante collection des "Classiques de l'Horreur et de l'Epouvante" avec de brillantes productions telles Massacre à la Tronçonneuse, Zombie ou Maniac, la gaillarde enseigne eut tôt fait de remplir son catalogue de titres inférieurs, ou, à tout le moins, éloignés de la prime « thématique » (l'US craspec). Songeons au peu de pertinence d'éparpiller la collection maison avec cette Marque du Diable (#8) ou, pis encore, avec cette pénible Maison de la Terreur (#10).
Giallo tardif, presque parodique (mais le Ténèbre d'Argento avait déjà roublardement fait le ménage et, ainsi, définitivement le cygne chanter), balourd, laborieux, sans l'once d'une idée, perclus d'une ironie finalement trop frustrante pour être communicative et énumérant mollement les tics d'un genre sans plus de cohérence (ni de goût !) que ça, évoquant tout autant le Blow Out de Brian dePalma que s'appliquant à faire hurler le plus faux possibles nombre de ritalochiennes à sourcils, cette affaire de terrifiante maison hésite sans cesse entre ennui patenté, déférence stérile et ridicule quatre étoiles. Certes le figlio di de Lamberto ne s'est jamais franchement illustré dans la talentueuse entreprise (même épaulé par tonton Dario, ses Demons usèrent les patiences !) et la surprise aurait du s'avérer plus modéré, mais à ce point, dites !? ça espante son monde tout de même !
René Château se vantait en son temps que les films de sa collection jaune et noire ne seraient jamais vus à la télévision... dans la présente, on ne pourra que s'en féliciter !
Lamberto Bava (1983)
NB: un bis-avis un peu plus souple, par ici.
Et par là un autre, carrément bienveillant !

La Baie Sanglante

On a, depuis longtemps, tout dit sur La Baie Sanglante. D'aucuns tiennent l'affaire pour le chef-d'œuvre de Bava (on pourrait en discuter), d'autres affirment son statut de proto-slasher, d''inventeur du psycho-killer qui nourrira les vidéos-clubs des années 80 (avec la franchise Vendredi 13 en tête) – tous enfin, dont nous autres !, l'acclament. Si l'on s'étonne une minute que Carlotta Films s'entiche de ressortir, plutôt qu'un inédit ou un titre moins exposé (Six Femmes pour l'Assassin ?), ce tardif et (plutôt) familier Bava, le contenu technique et éditorial de l'objet s'avère si excitant qu'il justifie à lui seul l'entreprise. Et permet enfin un hommage à la hauteur de la chose...

... à suivre sur KINOK...

Mario Bava (1971)

Duel au Couteau

N'en déplaise à Ragnar d'Apéricube, le genre Viking n’est plus, et depuis un bail (les « récentes » contributions de Mc Tiernan (Le 13ème Guerrier, 1999) ou de Marcus Nispel (Pathfinder, 2005) demeurant par trop marginales pour constituer une « scène » pérenne). Pour preuve, à peine sept ans après Les Vikings de Richard Fleischer, le genre était déjà recyclé par l’Italie exploitante (et ironiquement post-moderne ?) en une forme proto-spaghetti.
Il Cotelli del Vendicator (titre bien plus clair que sa vague traduction française, quasi-inexacte (point de duel coutelé à proprement parlé !)) offrait ainsi dés 1965 un habile chant du cygne au courant odinesque...

... à suivre sur ici, chez KINOK...

Mario Bava (1965)

06 septembre 2009

Les Vampires

Angulaire et historique à plus d'un titre, I Vampiri n'est rien moins qu'un classique qui s'ignore.
Qu'on le prenne par « le petit bout de la lorgnette » (son histoire personnelle) ou, plus vastement, pour la place qu'il occupe dans le cinéma fantastique d'après-guerre (autant dans son positionnement politique, esthétique que thématique), le film, que signèrent - un peu confusément - Ricardo Freda et Mario Bava, relève effectivement du plus indiscutable des jalons, son statut et la découverte de ses richesses ayant jusqu'à ce jour toutefois été relativement malaisés par une trop faible exposition...

... à suivre sur KINOK...

Ricardo Freda & Mario Bava (1956)

01 septembre 2009

La Maison de l'Exorcisme

Étrange machin que cette Maison de L'Exorcisme.
Seul le béotien apprendra ici qu'il s'agit en réalité du film Lisa et le Diable (sorti deux ans plus tôt dans une indifférence contrariante) pour lequel le producteur de Bava exigea opportunément des ajouts surfant grave sur le succès du Friedkin/Blatty. En effet, le titre onirico-gothique (façon E.A.Poe vs Masque de Cire) et bigrement atmosphérique où Elke Sommer et Telly Savalas rivalisaient de poses stupéfaites et/ou mystérieuses, et où s'enchâssaient des séquences d'un érotisme accompli, tout en éclats sur luminaires en cristal, avec un macabre non moins farouche, n'avait d'abord su trouver son public malgré le soin habituel porté par le fétichiste Mario. Mais de là à commettre tel outrage, c'est pousser le bouchon de l'odieux anti-director's cut un peu loin.
« Repensé » donc par Alfredo Leone, le titre s'articule alors autour de séquences additives (pas toujours ridicules (même si hautement plagiaires) mais fichtrement peu homogènes avec le matériau de départ) permettant à la môme Sommer de rouler des pupilles, de vomir bile vertement colorée et blasphèmes priapiques à la façon célèbrissime de Linda Blair, et ce en rupture parfaite et spectaculaire avec le mood de « l'autre et préalable partie ». On ne parvient encore à ce jour à savoir clairement si Mario condescendit à mettre toutes ces scènes en boîte ou si Leone (sous le pseudo de Mickey Lion !) s'en chargea lui-même. Toujours est-il que le résultat se solde par un sacré beau bordel, perclus d'incohérences, d'arythmie et de confusion totale... tout en étant un scandaleux et par la même assez fascinant exercice de jusqu'auboutisme « exploitant » à l'italienne: on ne se contente plus de retitrer ses productions pour coller à la mode (façon Fulci), on refaçonne radicalement la chose de l'intérieur pour la faire rentrer dans le marché.
Difficile toutefois de se dépatouiller froidement de l'hybride affaire (et nous nous en abstiendrons donc même si le « débile » de l'entreprise n'est pas pour nous déplaire), offrant perpétuellement l'impression de zapper entre deux films n'ayant qu'une actrice en commun (et que le « scénario » tente de nous faire passer par hasardeuse commodité pour deux soeurs jumelles !!)... Un peu comme si on regardait en même temps... Soeur Sourire et L'Auberge Espagnole ?
Mario Bava & Alfredo Leone (1974)