S 'il est, de toute prime abord, l'occasion de confirmer que depuis Jack Burton, toutes les BO de Carpenter sont franchement dégueulasses* (alors qu'avant, mazette !, y'avait du sacrément bon** !), Vampires estomaque vite dans sa jubilatoire cohérence du mauvais goût – et à ce titre, il nous faudra le concéder, la musique s'avère fichtrement en phase avec l'intention.Cynique, joyeusement borderline (la séquence où Jack Crow revient au motel pour faire « le ménage » !), ouvertement malpoli et provocateur, plus que de genre le film se pose foutument – et pour notre plus parfaite jubilation - en prototype de mauvais genre.
Héros vulgaires, grossiers et ouvertement négatifs, aux fulgurances confinant parfois au plus parfait cartoonesque (voir certaines mines dégoûtées de James Woods et apprécier le régulier approximatif des interventions), environnement délétère (entre minables motels à putes, église criminalisée et décadente, et haciendas peckinpahesques) et argument aussi incongru qu'irrévérencieux (une sorte de 12 Salopards mandatés par le Vatican pour estourbir le premier vampire créé par une Église aux représentants volontiers hystériques dans la violence)... font de cette « Aorte Sauvage »***, une fois roublardement combinés ensemble, quelque chose d'autrement plus excitant (et de plus réussi) que tous les Dan Brown du monde tomhanksés pour les box offices grégairement paresseux.
Casting au poil (Môssieur James Woods, mais aussi la toujours insaisissable Sheryl Lee (Sailor et Lula, Backbeat mais surtout LA Laura Palmer de Lynch !) et un énième frangin Baldwin (le graisseux Daniel, ayant accompagné Mickey Rourke et Don Johnson **** dans leur traversée du désert 90's) dont l'atavique incharisme familial fait ici des merveilles d'approprié !) ou presque (le so 90's Michael Wincott eut sans doute fait un meilleur Valek !), rythme incroyablement soutenu, traitement plastique remarquable (intérieurs aussi bien éclairés que ceux du Prince des Ténèbres, extérieurs aussi décalés que dans le futur et aussi gourmand Ghosts of Mars*****), tout concourt à faire du western à dents longues Ze film de vampires de la fin des 90's (plus que le Dracu' d'Coppo' (que Carpenter crut longtemps se voir offrir avant qu'on lui ôte le joujou des mains, la faute à sa trop faible notoriété et sa piètre bankabeulité)) et sans doute même la meilleure chose qui soit arrivé au mythe jusqu'à True Blood...
Aux côtés d'Aldrich et de Peckinpah, Carpenter fait -une fois de plus !- grave le boulot !
John Carpenter (1998)
Aux côtés d'Aldrich et de Peckinpah, Carpenter fait -une fois de plus !- grave le boulot !
John Carpenter (1998)
* Assaut, Halloween, Fog, NY97,...
** exception faite, peut-être,
de celle du Prince des Ténèbres !
***ce délicieux calembour n'est hélas pas mien
mais de Bertrand Rougier, in Mad Movies
****ce dernier, catchant moins, s'en est-il seulement vraiment sorti ?
*****le film est incroyablement cohérent avec l'œuvre dernière du père Carpentouze (les damnés ou invisibles remakes mis à part)
** exception faite, peut-être,
de celle du Prince des Ténèbres !
***ce délicieux calembour n'est hélas pas mien
mais de Bertrand Rougier, in Mad Movies
****ce dernier, catchant moins, s'en est-il seulement vraiment sorti ?
*****le film est incroyablement cohérent avec l'œuvre dernière du père Carpentouze (les damnés ou invisibles remakes mis à part)















