
Pour qui se contenterait d'équations réductrices, Borat apparaîtra vite comme la fusion des Onze Commandements (de Dassagnat/Youn) et de J'Irai Dormir à Hollywood (du sympatoche A. de Max'), sous haut patronage de Michael Moore. Soit du trash-potache volontiers maso, de la provoc extrême et une franche plongée dans le bain, le tout salé de farouche critique d'une certaine Amérique (et non d'une Amérique certaine, comme l'amalgame est souvent fait !).
Cependant, le montesquiesque documenteur (genre dans lequel des gens aussi divers qu'Eric Idle (The Rutles), Rob Reiner (Spinal Tap) ou William Karel ont commis le meilleur) peine à tenir debout une heure vingt durant (phénomène étrange puisque une poignée de séquences finalement écartées (ou tournées direct-to-DVD) aurait peut-être ancré davantage le film, qui peine soudain, après une grosse cinquantaine de minutes (et la présence au-delà de ce chrono de scènes encore fortes (l'inouïe baston de kazakh nus !)) et, problème plus délicat encore: il mêle avec une certaine ambiguïté (malhonnêteté ?) authentiques et ahurissantes, effarantes caméra-vérités et sketches roublardement bien mis en scène (on ne gobe pas aux séquences à ours, pas plus qu'on ne marche lors des leçons de maintien dînatoire), rendant le propos plus flou et la charge moins efficace (comme c'est un peu le cas dans certaines séquences de Michael Moore, aussi manipulateur que les manipulateurs qu'il dénonce), brouillant la donne avec une maladresse désarmante.
Restent une affaire souvent hilarante, des performances de taille et des idées rien moins que savoureuses, l'imagerie durable ici installée, l'emportant au finish (malgré le trouble et le malaise) et n'attendant que d'être relayée, à n'en pas douter, par celle de l'austro-homo de cet été 2009, le nouvel avatar too much, après Ali G et notre stachu antisémite, de SBC: Brüno !
Larry Charles (2006)
Cependant, le montesquiesque documenteur (genre dans lequel des gens aussi divers qu'Eric Idle (The Rutles), Rob Reiner (Spinal Tap) ou William Karel ont commis le meilleur) peine à tenir debout une heure vingt durant (phénomène étrange puisque une poignée de séquences finalement écartées (ou tournées direct-to-DVD) aurait peut-être ancré davantage le film, qui peine soudain, après une grosse cinquantaine de minutes (et la présence au-delà de ce chrono de scènes encore fortes (l'inouïe baston de kazakh nus !)) et, problème plus délicat encore: il mêle avec une certaine ambiguïté (malhonnêteté ?) authentiques et ahurissantes, effarantes caméra-vérités et sketches roublardement bien mis en scène (on ne gobe pas aux séquences à ours, pas plus qu'on ne marche lors des leçons de maintien dînatoire), rendant le propos plus flou et la charge moins efficace (comme c'est un peu le cas dans certaines séquences de Michael Moore, aussi manipulateur que les manipulateurs qu'il dénonce), brouillant la donne avec une maladresse désarmante.
Restent une affaire souvent hilarante, des performances de taille et des idées rien moins que savoureuses, l'imagerie durable ici installée, l'emportant au finish (malgré le trouble et le malaise) et n'attendant que d'être relayée, à n'en pas douter, par celle de l'austro-homo de cet été 2009, le nouvel avatar too much, après Ali G et notre stachu antisémite, de SBC: Brüno !
Larry Charles (2006)







