
Lino, c'est pas James Stewart ou Cary Grant*. Quand il est pris au coeur d'une machination opaque, il n'hésite à jouer du coup de poing pour faire le jour, à démonter des gueules, à ravaler des façades.
Fruit d'une collaboration répétée avec le réalisateur de La Gifle (ou déjà les battoirs moulinaient jusque dans le titre !), ce tardif Ventura (enfin c'est plutôt le trépas de l'acteur qui serait prématuré !) ancré dans une tradition américano-paranoïaque façon Verneuil et Boisset (le préalable PinoLino Silencieux relevait déjà d'un même mood post-Dallas'63) évoque aussi un brin les machinations macguffineuses du gros Hitch (impression accentuée par le final orchestral et opportuniste, façon Homme qui en savait Trop) tout en conservant une authentique french touch (une plastique Delon-Bebel-Montand assez prononcée). Pour autant, malgré cette famille honorable, La 7ème Cible fait un peu office de petit cousin laborieux.
Si le film tient debout c'est davantage grâce aux dévouées épaules de ses comédiens (Ventura et Poiret en tête, Bacri dans son office d 'époque, voire même Bourgine remplaçant là au pied levé une ingrate Marceau filée fissa en Zulawskerie) que par une trame rapidement redondante (trop de séquences gratuitement mystérieuses et anxiogènes au cours des 45 premières minutes), une mise en boîte sans grande identité (une constante chez Cloclo ?) et des dialogues épouvantables de malice sous-audiardesque (surtout les lignes mises en bouche de flics !).
Curieusement, en parallèle d'une soif véhachesque qui me portait à l'époque plutôt vers Evil Dead et New York 1997, et malgré la spectaculaire évidence de ce mois de décembre (qui devait m'offrir en salle deux jalons incontestables (Gremlins et SOS Fantômes)), étrangement donc je ne manquais alors que peu de Ventura en cinoche (la faute à mes cousines vraisemblablement, qui par ailleurs me traînèrent aussi devant Tout Feu Tout Flamme ou La Cage aux Folles 2 !). Le Ruffian m'avait ainsi tant emballé (?!) que je m'endormais chaque soir en me passant la K7 de la BO de Morricone (pourtant atrocement mineure !)...
Aussi devais-je m'acquitter, au moins, de mon quatrième billet (le Dante, le Reitman et sans doute la reprise Disney de Noël (Robin des Bois), alors en plein creux de vague, précédant le décevant thriller qui nous occupe (de préalables et berlineuses prétentions géo-politiques sont lapidairement exposées pour ne servir à rien d'autre que vainement contextualiser puisque la trame ne s'avère que petitement crapuleuse. Certains environnements collatéraux en outre (l'arty cabaresque proposé par le couple Poiret-Massari) n'ont que trop peu de résonance au final).
Bah, gageons que ce faisant - et pour soulager notre peine - nous nous faisions mieux péter la panse de Chocolettis (le cho-co-lat ca-rré, ca-ré-ment bon) que cette amorce mouillée !
Claude Pinoteau (1984)
* r'marquez, ça tombe bien parce que Pinoteau,
c'est méchamment pas Hitchcock
(et Cosma, aussi sympathique soit-il, court, quant à lui,
loin derrière Herrmann...
surtout avec l'épouvantable thème dont il se fendit ici !) !











