Les Chansons d'Amour


Difficile de passer outre tout ce qui irrite, dans Les Chansons d'Amour.

S'il amuse ainsi une minute, le petit bréviaire de clins d'yeux à la Nouvelle Vague, trop appuyé pour être finaud, fatigue bientôt (Truffaut, Eustache, Godard). Celui au Demy des Parapluies de Cherbourg aussi, bien sûr (et plus vite encore peut-être), à qui il emprunte la structure générale.
S'il semble assumer un bain bourgeoisisimme frotté au doux émeri de l'éveil homo (rien d'rough là-d'dans !) autant qu'il veut saisir intensément le questionnement du deuil (mais mis à part l'incompréhensible attitude de la soeur campée par Chiara, qu'en est-il exactement ?), le titre n'est pour autant pas ni un film de Téchiné (même s'il lui reprend Grégoire Leprince-Ringuet et fait caméoter Gaël Morel) ni un autre, de Moretti.
S'il entretient la haute collaboration Beaupain/Honoré, le film n'aurait-il pas gagné malgré tout à être (mieux) mis en chansons, par quelqu'un de plus ouvertement Nouvelle Vague (et surtout moins sage variète), façon Arnaud Fleurent-Didier (réécouter son récent titre France Culture pour s'en convaincre !)... ou carrément le crédibilissime Jean Bart (Fin et Suite, 1995). Et ce même si quatre des titres de la BO de Beaupain préexistaient au film, et l'inspirèrent presque ?.
L'accueil dithyrambique dont il fait l'objet enfin auprès de la critique bien pensante (pas aussi unanime que les apparatchiks de la toile voudraient nous le faire croire cependant *!), autant que les volées de bois verts données sur le ouèbe offrant immanquablement un geeko-blogo-contrepoint, pourront enfin paraître suspects, confirmant par ces extrêmes et épidermiques réactions que la chose manque un coche certain**.
... en somme, ne pourrait-on pas considérer que Les Chansons d'Amour est un titre qui lorgne seulement, qui aurait pu mais n'a pas ? Qui ne va jamais au bout, au fond, et ne se donne jamais vraiment les moyens, assis sur une certaine satisfaction de soi, une hâtive et présomptueuse assurance d'être "déjà" une signature, quand il n'est qu'un digest (d'autres, par trop hystériquement réprobateurs, vont jusqu'à la vomissure !), séduisant le profane, l'éprise jeunesse du jour (encore tendre et à qui, en vieux cons (-descendants), nous pourrions dire: écoute coco, télécharge toi donc l'intégrale de JP Léaud avant que de t' pâmer sur le loulou*** !), et ulcère les anciens, les rigides affranchis.

Alors oui: difficile de passer outre tout ce qui irrite... même si on trouvera, rares et épars, de jolis instants, des images efficaces, des théâtralités bien senties et une morale singulièrement lucide (aime-moi moins, mais aime-moi longtemps)...
... mais aussi, certes, un goût un peu pédago-bobo, voire complaisamment complice (autour de l'objet-livre, par exemple), qui agacera quelques initiés (et pourtant, si le film fait lire Franny and Zooey, en quoi lui reprocher ?) et en flattera d'autres... Pas de quoi fouetter « un(e) fils (fille) de » non plus, allez ! Si ?
Christophe Honoré (2007)

*Positif ou Chronic'art ont râlé, Les Cahiers gentiment baillé.
Le pourtant par ailleurs Excessif

** encore que cela soit plus revigorant que le consensus mou
que suscite souvent le « dernier » Coen ou Eastwood en date !

*** plus charismatique que, jalousement, je le pensais toutefois,le fiston à Baisers-de-Secours Philippe !

3 commentaires:

FredMJG a dit…

Les chansons d'amour...

Tepepa a dit…

Les beaux gosses ?

Anonyme a dit…

Personnellement, je n'ai pas tenu dix minutes...

Krapulax