
Peut-être Pineapple Express (vous m'épargnerez le stupidissime titre français, voulez-vous ?) n'est-il pas la production la plus plus emblématique (puisque Judd n'en est pas le réalisateur et que son occasion n'est pas le festival de casting que propose Knocked Up, par exemple (où sont passés Jason Segel et Jonah Hill ?)) pour entrer dans la galaxie Apatow. Encore que cela reste à prouver (c'est l'un des titres préférés du spécialiste Emmanuel Burdeau qui consacre un ouvrage au wonderboy post-Farrellyen et à propos duquel la rédaction de Kinok offre un avis frappé au coin du bon sens légendaire de son auteur).
Imaginé à partir d'une scène de True Romance (impossible de ne pas penser au script marirouanesque de Tarantino tout au long du film !), le film offre, au delà de l'action maso (les pugilats sont d'une brutalité toute revigorante et les shotguns impactent de manière assez inédite) sous-tendu par une intrigue un peu sommaire (des junkies bas du front que veulent liquider leurs propres dealers), un bon gros morceau d'hymne à l'amitié entre dudes, une authentique invite au hugging entre buddies... La patte Apatow est là toute entière: underdogs (le level au-dessus de "losers") puérils, situations bigger than life, gags volontiers régressifs et une franche émotion connectant tous les caractères les uns aux autres (il n'y a jamais vraiment de personnages punching balls chez Judd !).
Le tout mené dans un tempo loin d'être hystérique (exception faite de certaines (et trop rares) séquences aussi intenses qu'hilarantes (la fuite dans la bagnole de l'agent de liaison)) et lors d'une durée plutôt inhabituelle dans ce type de production (ici un peu moins de deux heures, mais chez Apatow c'est souvent au-delà !) - euphémisme pour laisser entendre que tout ceci mériterait d'être ramené à une bonne heure trente.
David Gordon Green (2008)
4 commentaires:
Dans les films de la galaxie Apatow, il y a toujours ce cap difficile (Superbad excepté) de l'heure de film où l'intrigue se relâche et où les bons sentiments inévitablement pointent le bout de leurs nez. Pour le reste, évidemment ce qu'on fait de plus drôle en ce moment. Il est peu dire, cher Mariaque qu'on vous attend au tournant de Forget Sarah Marshall et de Funny people, deux films qui nous laissèrent une impression mitigée.
Étonné que tu ne parles pas du réalisateur (bon cela dit, il n'est pas forcément le rouage essentiel du film), mais c'est quand même David Gordon Green, auteur du peu connu et plus que formidable "Georges Washington" et du très laughtonien "Undertow". Ce qu'il est venu faire dans la (très surestimé ?) galaxie Apatow, c'est une autre histoire...
Non, c'est vrai que je n'en ai point parlé.
DDG s'est retrouvé un peu là par hasard, on dit qu'il rêvait de tourner une comédie et qu'il avait des potes en commun avec Apatow qui les ont connectés.
Apatow cherche des réals avec un fort univers personnel mais aussi une grosse faculté d'adaptation pour se plier à ses vues préalables...visiblemet l'alchimie s'est faite, "l'étrangeté" de la bande étant davantage le fait de DDG, bien sûr...
DGG, voulais-je dire...
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