20 novembre 2010

Expendables: Unité Spéciale

Il sera difficile de laisser supposer que l'affaire relevait de la franche bonne idée. A tout le moins pouvait-elle piquer la curiosité des plus tendres à l'égard des durs. Rassembler donc la fine fleur des biscotos de l'actionner 80's-90's en une équipe de mercenaires tabassant et mitraillant les juntes coudétatant de par le monde avait, sinon un charme, à tout le moins oui, l'heur de piquer les video-clubbers testosterone addicts de la planète.
Sans grande surprise le résultat est loin, bien sûr, de remplir son Contrat (ah ! ah!). D'une part les balourds ont vieilli et guère gagner en finesse (Rourke en post-Wrestler continue son numéro de tas de bidoche pleurnichant et renvoyant ses mèches sur le côté, Sly ne parvient plus jamais à retenir sa lippe tombante, seul Lundgren a gagné à vieillir et renoncer à son impayable brosse ivandragesque)) et sont bien loin d'être tous au rendez-vous. Ils sont remplacés au high kick par la génération suivante (Jet Li, Jason Statham), autant pour pallier les défections légendaires (si Willis et Schwarzie caméotent paresseusement, Chuck Norris, Steven Seagal, Van Damme, Wesley Snipes* - pour ne citer qu'eux - se font cruellement absents) que pour demeurer vendeur chez les kids (et ne pas tourner au service gériatrique ?), et par une poignée d'inconnus (au moins de nous).
Le film en lui-même souffre de toutes les scories de l'époque actuelle: illisibilité de l'image causée par un montage frénétique (qui ferait passer Christopher Nolan pour Robert Bresson et Tony Scott pour Alain Cavalier) et sans grand point de vue (la recette parfaite dite de "la poudre aux yeux" ?) autant qu'une patente inflation des effets numériques (ah ! ça gicle et ça crame, mais putain que c'est toc !) sont ainsi à déplorer en premiers lieux rigoureusement symptomatiques (au point d'une exposition et d'une première demie-heure inexplicablement confuse et ennuyeuse).
Mix opportuniste des 12 Salopards et d'Inglorious Basterds, le titre trouve ensuite une sorte de rythme et génère un coupable intérêt par ses outrances cartoonesques (la première visite de l'île de Vilena), ses fugaces métaphores private-jokeuses quant à la carrière des comédiens impliqués (particulièrement lisiblse dans le cas d'Eric Roberts !) et grâce un vif enclin à la complaisance clientéliste - que d'aucuns nomment aussi délicatement "générosité" ! - (le film, ne se refusant rien et écartant toutes les frustrations, donne tout, absolument tout, ce qu'on en attend !)... Rythme scrupuleusement atomisé par un final aussi interminablement apocalyptique que confusément rébarbatif.
Inutile en outre de préciser que, escomptant sur l'imagerie préalable de chaque acteur, les caractères n'ont guère à défendre (malgré leur cicatrice intérieure exposée tour à tour en une séquence de 20 secondes chacun (seuls Statham et Rourke ont droit à un peu plus) tout au long de ces 103 minutes exagérément explosives. Ah, je l'ai quand même précisé ? Comme quoi il n'y a pas qu'Expendables pour se laisser aller à une répréhensible facilité **...
Sylvester Stallone (2010)


* la plupart ayant tout simplement refusé l'aventure

** non, sans charre fans de Sly:
malgré les égales et envahissantes numériqueries,
préférez John Rambo !

0 commentaires: