De Tay Garnett, avant même son Postman Ringant Twice (always), je n'ai longtemps connu - adolescent je veux dire, que ses Portraits de Cinéastes que les éditions Hatier devaient publier en 1981, dans la collection Bibliothèque du Cinéma dirigée par Thierry de Navacelle - ce français diplômé de l'UCLA. L'ouvrage était le produit d'entretiens limités aux même 23 questions devant appeler des réponses concises (Eric Leguèbe reprendra ce principe dans ses Confessions, deux tomes (France et USA) persillés de décrédibilisantes coquilles et de préoccupantes contre-vérités) et que la disparition de John Ford avait déclenché: vite, faisons parler les cinéastes avant qu'ils ne disparaissent.Depuis je sais mieux qui est Tay Garnett et ai à l'esprit les réserves que Tavernier nourrit à son endroit*, parfois, en n'ayant sans doute vu à ce jour, outre le Cause for Alarm ! du jour, que son légendaire Facteur Sonne Toujours Deux Fois (alors que je n'ai toujours pas vu le remake de Rafelson et sa légendaire cuisine).
Film de commande réalisé pour inaugurer un contrat tout neuf avec la MGM (après avoir claqué mystérieusement la porte de la Paramount), Jour de Terreur ressemblait à autre chose dans la tête de son metteur-en-scène. Appréciant le dispositif dramatique il avait cependant imaginé une fin (qu'on lui refusa) et qui devait retourner l'intrigue comme un gant (peut-être une machination de type Diaboliques - qu'on attend d'ailleurs tout le film - ?).
La chose est toutefois assez plaisante en l'état. La panique de Loretta Young est assez communicative reposant-elle sur des réactions inappropriées (le propre de la panique en même temps !) et le tout relève bientôt du nail-bitting le plus parfait.
Nous ne sommes pas loin de certaines petites perles noires et nerveuses, type RKO, mais, loin des environnements habituels du Noir, le contexte pavillonnaire proto-Desperate Housewives relève quant à lui d'un relatif inédit (voire d'une certaine audace) qui pourra dérouter facilement. Jouant de manière générale avec ces mêmes codes du Noir (triangle amoureux, faux coupables, témoins embarrassants), le film joue sa carte jusqu'au bout et prend le risque bluffant de les pervertir, de les dégonfler, de s'en amuser en somme. (Très) humblement produit, et malgré un certain aplomb iconoclaste, ce Jour de Terreur s'avère modeste... sans être anecdotique.
Tay Garnett (1951)
* ce qui l'empêche pas de réserver une bonne place au réalisateur
parmi ses Amis Américains !
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