
Pas tant anachronique que ça (si le succès du remake de King Kong deux ans plus tôt constitue tout de même une courte légitimité pour remettre en selles le films de monstres antédiluviens, les récentes et continentales contributions de Kevin Connor* avaient pour ainsi dire réouvert la brèche spatio-temporelle) et même ouvertement emprunt de titres tels La Planète des Singes, c'est surtout la dimension startreko-cosmosmilneufcentquatrevingtdixneufienne qui saute aux yeux, devant le spectacle anémique que s'avère être La Planète des Dinosaures. Des deux séries majeures de la SF télévisuelle tournées dans un hangar, le titre retient bien sûr les vastes notions d'équipage intersidéral et un dress code spatial où le pyjama multicolore est d'incontournable mise, mais aussi les flous internes quant aux autorités en place (Kirk est le boss, mais Spock indubitablement le brain, non ? Ben là c'est pareil, entre le fallot guy in charge et son lieutenant !).
Si l'affaire relève de ce qu'on appelle avec une paresseuse condescendance le kitsch et si l'esthète irresponsable croira y déceler une patine poétique apportée par le temps, le titre demeure avant toute chose une longue errance passablement ennuyeuse et garnie de personnages stéréotypés, aux réactions guère appropriées ni vraiment déterminantes (l'emmerdeur de la "compagnie" semble par exemple n'essayer que par désoeuvrement de toujours contredire son monde, façon "connard de service"). Ne seraient ces éparses et jolies séquences de pixilation old school (toutes o'brieno-harryhausenniques) introduisant le bestiaire immémorial, la chose ne tournerait qu'à un épisode de Koh-Lanta mou de la rotule, sans une once de vrai thrilling ni la moindre goutte d'érotisme roboratif. Ce qui n'est pas peu dire.
On s'étonnera donc de ce que la maison Artus Films s'entiche d'offrir à la chose un bel écrin dévédesque dans la mesure où la prod n'eut pas d'autres honneurs d'époque que d'être diffusée dans un festival concurrent - et mort-né - à celui du Grand Rex parisien pour ne refleurir sur écran que par le biais d'une VHS CIC Vidéo bientôt unique en ce qu'elle n'était jamais louée dans les vidéos-clubs.
James K.Shea (1978)
Centre Terre Septième Continent,
Le Continent Oublié,...
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