16 novembre 2010

Le Balafré

Austro-Hungarian Connection. Les expats d'Hollywood se font opportuns gratteurs de dos, de malins liftiers sachant se renvoyer la cabine le moment venu.
Ainsi l'acteur Paul Henreid se paye son p'tit Noir en famille puisque convoquant l'autre hongrois de Steve Sekely pour arabiquer cette sombre affaire de sosies vs caïds de casinos. Chaque studio alors veut son petit hard boiled plus malin que le voisin, ne se contentant pas de simples mauvais garçons et de leurs coups aussi pendables que foireux. Le Grand Sommeil, Gilda ou La Dame de Shanghaï sont passés par là, transcendant les codes en vigueur, mais les films noir de Fritz Lang aussi (Le Secret Derrière la Porte, La Rue Rouge) et la psychanalyse a le vent en poupe (même Hitch s'y est collé trois ans plus tôt avec son Spellbound).
Fort bien gaulé techniquement, plastiquement* (ce qui ne semble pas suffire aux exigeants Borde et Chaumeton !**), le film offre trois parties distinctes d'égal intérêt où l'on suit donc un malfrat traqué par un proprio de roulettes se substituer à son sosie, psychiatre de son état, mais on peine longtemps à se prendre au jeu de Henreid, très en démonstration, avant que le charme n'opère soudain (la classe du type dans le port de cigarette !). Joan Bennet (au premier rang des deux Lang évoqués) n'a hélas pas tant que ça à défendre, toute la production étant tournée vers la performance de l'acteur à double-emploi (après tout c'est lui qui paye !) et ferait même presque un peu peine.
Steve Sekely (1948)

* même si tous les outdoors sont plus magnétiques que les séquences d'intérieur.

** les honorables gugusses exagèrent tout de même un peu,
le dernier tiers de Hollow Triumph
est vraiment de très belle tenue !

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