29 novembre 2010

Les Goonies

Culte et générationnel à plus d'un titre, le troisième axe du fameux 80's 3G (avec Ghostbusters et Gremlins), est une chose assez hybride, tant dans ses enjeux (très PeterPanesques) que dans ses ramifications dramatiques. Une hybridation d'ailleurs exacerbée par une forme foutraque due à un certain nombre de coupes et de renoncements scénaristiques* faisant de l'affaire quelque chose de passablement décousu mais lié toutefois par une énergie et une intensité enfantine assez prégnantes.
Particulièrement nostalgique dans sa trame (une fédératrice chasse au trésor old school, entre Stevenson, Club des Cinq et montagnes russes) et efficace dans son dispositif (une bande de gamins stéréotypés permettant une adhésion ou une empathie assez aisée), le titre s'égare parfois en à-côtés pour le moins curieux autant qu'à peine exploités (le fameux "personnage" de Cinoque) tout en tenant bien entendu sa ligne initiatique, son enclin au coming-of-age.
Comme nombre de productions Spielberg on retrouvera dans le script de Chris Columbus (fraîchement embauché après ses scripts pour Gremlins et Le Secret de la Pyramide) l'habituel postulat de parents impuissants que seule l'énergie (et la foi !) de leur progéniture maintient debouts et quelques autres motifs ou profils récurrents (la bande des Goonies a fort à voir avec celle, bikeuse, d'ET) mais aussi une bride post-moderne (et référentielle**) qui empêche sans doute régulièrement de vivre la chose avec la précieuse naïveté de l'œil d'un enfant - contrebalancera certes à cet encombrant regard d'adulte une volonté toute cartoonesque (les "méchants" ridicules: le trio Fratellis tenu par Robert Davi, Joe Pantoliano et l'inévitable Anne Ramsey est irrésistible) et un contexte inoffensif (rien de jamais sordide dans l'univers des personnages ni de vraiment inquiétant pour un casting intégralement préservé jusqu'à la fin) ainsi qu'une incorrection politique (vive le sexo/scato !) absolument régulière tout au long du film.
Curieusement la réalisation des Goonies aura été confiée au "vétéran" Richard Donner (réalisateur de la bien plus noire Malédiction et lové là entre Superman et L'Arme Fatale) plutôt qu'au team naissant (Zemeckis, Levinson, Dante,...), sollicité sans doute pour le bagage technique nécessaire pour tourner dans de tels décors. Le briscard signera un film qui tient encore "debout" 25 ans plus tard (et après une bonne quinzaine de séances pour nous, chacune étant plus désenchanteresse que la précédente sans toutefois réduire l'affaire à peau de chagrin) et s'avère à la hauteur des ambitions du Spielby d'époque, à savoir du divertissement familial haut de gamme et gentiment malpoli (manière un peu perdue aujourd'hui)...
Nous baignions là, oui dans la caverne de Willy le Borgne, en plein Age d'Or du Pop Corn Movie !
Richard Donner (1985)

* la plus fameuse d'entre ces coupes étant sans doute
la fameuse séquence "de la pieuvre" dont il est fait mention dans l'épilogue
(comme étant l'épreuve la plus folle que les Goonies aient eu à affronter),
alors qu'elle a été coupée au montage !!
Mais l'absence de la progression souterraine du duo Choco/Cinoque
relève du plus parfait curieux également...

** 007, Indiana Jones, Gremlins ...

7 commentaires:

Anonyme a dit…

Le premier astérisque "*" (un certain nombre de coupes et de renoncements scénaristiques*) ne renvoie à rien. Des précisions SVP.

Un film tellement hybride que seul Richard Donner (déjà réalisateur des réussis mais casse-gueules "La Malédiction" et le premier "Superman") pouvait réussir à rendre unique (un et un seul)

EiffelNord

Sonic Eric a dit…

15 fois seulement ? Nous avions l'impression, sans doute erronée, que ce film, vous l'aviez déjà chroniqué. Et pas qu'une fois !

Mariaque a dit…

Evoqué oui, une bonne demie douzaine de fois... chroniqué non.

Thiburce BELAVENTURE a dit…

Qui a voté "bog glop" ? Un moins de 35 ans, pour sûr !

Sonic Eric a dit…

ou un plus de 42 ans ;)

Thiburce BELAVENTURE a dit…

Oh non Sonic, pas vous...

Sonic Eric a dit…

Ce n'était, cela dit, pas moi, car je ne l'ai pas vu en 1985 (je n'avais plus l'âge pour) et depuis, j'ai cédé à d'autres priorités. Avec mes petits enfants peut-être...