
Il est de ces films dont on ne comprend décidément pas la confidentialité.
Enfin plutôt si: on sait combien un distributeur peut, faute de moyen ou de talent, saboter la carrière d'une oeuvre et, à l'inverse, comment une maison fièrement assise sur ses dollars peut nous vendre à peu près tout et n'importe quoi (il suffit de comparer les box offices du Paprika de Satoshi Kon et de l'Inception de Christopher Nolan pour s'en convaincre encore récemment - le populaire second n'étant guère plus inventif, à bien y regarder et sur un sujet fort proche, que le fabuleux premier !).
La bonne nouvelle, d'égoïste spectateur, de ces scandaleuses situations est bien sûr qu'il nous reste donc, tandis qu'on clame partout le cinéma rédhibitoirement calanché, d'inouïes pépites à découvrir.
Ainsi de Messiah of Evil.
Signé par un couple de scénaristes, Willard Huyck et Gloria Katz, à velléités d'objectifs, ce premier coup d'essai s'inscrit bien sur dans la grande tradition des premiers films contraints (économiquement) à l'allégeance au Genre, voire au Bis. En effet, combien furent-ils (et pas les plus tocs, n'est-ce pas M'sieur Coppola ?) ces réalisateurs en herbe ayant du inaugurer leur carrière en passant par la case "horreur avec trois bouts de ficelle" pour toucher les 20.000 et faire leurs gammes pour des sociétés d'exploitation plus souvent bêtement farouches que miraculeusement avant-gardistes (pour un Roger Corman combien de Golan-Globus ?) ?
Toutefois, malgré les contingences imposés par le courant, le couple s'entend à laisser s'exprimer des influences qui leur sont chères, et potentiellement éloignées d'une simple variation autour de La Nuit des Morts-Vivants (sorti 5 ans plus tôt et dont le légitime écho se fait déjà tenace) que le script originel tente à peine de camoufler.
(...)
Willard Huyck (1973)
...à suivre
sur KINOK...
NB: de chaleureux remerciements à Artus Editions pour ce défrichage de toute première bourre !
*****
1 commentaires:
Un film rempli de séquences fantastiques mais je bloque sur le manque d'unité de l'ensemble
mais à relier entre elles les scènes avec l'héroïne (je l'impression de voir X personnages, X actrices au lieu d'une seule et toujours la même).
Un sentiment général "d'incomplétude" que j'ai retrouvé d'ailleurs en lisant l'article, l'impression qu'il en manque des bouts, des liaisons et une fin (pourtant y en a une dans le film, mais pas vraiment de début).
Une belle expérience tout de même, à ne pas manquer, un film que j'apprécie un peu plus à chaque visionnage.
EiffelNord
Enregistrer un commentaire