
Philo Vance* n'attraperait sans doute jamais le podium des fameux détectives de littérature et de cinéma -ni même sans doute un honorable milieu de tableau au championnat des débrouilleurs d'énigmes - sans que pour autant il faille négliger son existence (ce serait imaginer la L1 sans... Guingamp ?). A cela plusieurs raisons, plus ou moins valides, dont l'incarnation cinématographique par le toujours impeccable William Powell (éternel Godfrey LaCavesque !) n'est pas la moindre et celle que, évidemment, nous retiendrons aujourd'hui.
Powell qui campait là, à l'occasion de ce Kennel Murder Case (tous les titres originaux des romans de et de leur adaptation au cinéma avait cette commune formule et on ne peut plus prosaïque de The ??? Murder Case, "inappropriément" abandonnée la plupart du temps par les distributeurs français**) son cinquième et dernier Philo Vance (que Basil Rathbone endossera une unique fois en 1930 avant de se faire plus prestigieux Holmes, dés 1939) et lui offrait, last but not least, son flegme élégant et "désuètement" (l'homme fait des concours canins de par le monde !) aristocratique.
L'affaire en cause (l'apparent suicide d'un collectionneur d'art chinois honni de tous dans un breau fermé de l'intérieur) est on ne peut plus classique dans le genre cluedo/armchair investigation et relève du pur whodunit (précédé d'un ravissant howdunit) en mettant en prises une brochette de sacrés suspects, un flic bonhomme et fatalement incrédule devant les thèses du détective (campé par le ventripotent Eugene Pallette qui lâche chacune de ses répliques en relevant son chapeau sur le front avant d'enfouir ses mains dans ses poches) et une jeune première (Mary Astor la zoophile (?), qui passera du présent Doberman Pinscher au Faucon Maltais).
Recette éprouvée que viennent épicer un alambiqué stratagème serrurier et d'inouïes coïncidences aussi accidentelles que proto-screamesques, mais surtout une mise en forme particulièrement vive et inventive de la part d'un Curtiz qu'on imaginait pas moins talentueux. Multipliant les points de vues et accumulant les mouvements (discrets mais prégnants), le réalisateur dynamise, spacialise un potentiel statiquement théâtral et rend la chose aussi plaisante presque qu'un machin d'Hitchcock en cour d'immeuble.
Michael Curtiz (1933)
* émanation de SS Van Dine,
l'auteur des 20 Règles pour l'Ecriture de Roman Policier.
* le titre qui nous occupe n'a retrouvé sa correspondance linguistique
qu'avec les éditions Wild Side
et fut un temps exploité sous l'opportuniste et confusionnant
Le Mystère de la Chambre... Close !
3 commentaires:
Cette saison - et depuis 2004 -, j'imagine aisément la L1 sans l'EA Guingamp ;)
Club, rappelons-le, entraîné par Jocelyn Gourvennec, précédemment aux destinées (2008-2010) de La Roche Vendée football, modeste club de DH atlantique.
L'image est celle recherchée: vous le vivez bien, vous ? il vous semble légitime et représentatif le championnat depuis que l'En Avant Guingamp n'est plus là ?
Et sans le Stade de Reims ? Et sans le Nîmes Olympique ni Kader Firoud ? Et sans le RC Strasbourg de Gilbert Gress ? Ah, il est bien loin le temps de mon dernier album Panini...
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