14 novembre 2010

Survival of the Dead

Oh, oh, z'est cru voir un Romero... Oui mais un Romero de trop !
Nous vendre qu'avec Survival of The Dead, Romero, donc, se montre l'authentique cinéaste Hawksiens qu'il a toujours été (et certaine revue multipliant les nouvelles nouvelles formules n'a pas hésité à le claironner !), c'est un peu fort de café. Ou plutôt c'est diablement éculé: certes les premiers opus ...of the Dead relevaient bien du contexte riobravesque... mais ce dernier machin en date ?!
Nous suggérer en revanche que le binoclard hyperbolique n'en finit plus de ressasser une recette que d'autres (Balaguero, Fresnadillo, le Darabont même de Walking Dead !) ont repris depuis à leur compte avec une vigueur que le vieux G.A. n'a décidément plus, voilà qui semble plus morose... mais plus exact aussi.
Pour avoir brillamment été, Romero n'est toutefois plus. Mais alors plus du tout (il s'entiche d'ailleurs d'un remake des cultissimes et argentesques Frissons de l'Angoisse, c'est dire !). Tournant thématiquement en rond (marre de ses zomblards !) et n'ayant plus vraiment de grain à moudre (Rec et Cloverfield ayant même coiffé au poteau le dispositif formel de son pénible Diary of the Dead), le réalisateur se montre en outre à la ramasse (s'embarquer en relecture lesbianno-westerneuse huit ans après le Ghosts of Mars de Carpenter, mouais...) et paradoxalement pris d'un jeunisme de mauvais aloi (le second degré lourdingue, les vannes à bon compte, les tristes tentations 3D, le cartoon cynique)... tout faux sur toute la ligne.
Survival of the Dead, c'est donc, comme le remarque fort drôlement Ethanol ici, Les Rivaux de Painful Gulch (Lucky Luke #19) avec des zombies et un sosie de JM Le Pen (j'ajouterais quant à moi celui de Françoise Hardy aussi !*), ou encore une vaine transposition des Sept Mercenaires et des Grands Espaces à la fois, une gratuite démonstration de cinéphilie comme caution auteuriste... Mais surtout un aveu d'échec assez confondant.
Alors, d'une balle dans la tête (pour être bien sûr), il serait tant qu'on dézingue le père, nan ? Qu'est-ce t'en dis Bob Kirkman ?
George A. Romero (2010)

* sans oublier Kenneth Welsch, le Malcom McDowell du pauvre !

4 commentaires:

ethanol a dit…

Eh oui, c'est triste un artiste qui perd la gniak !

il Gatto a dit…

Quoi ! Un remake de Profondo rosso ! Sacrilège !
Et que vois-je ? Deux références à The Walking Dead : elle a l'air bien cette série TV ;)

il Gatto a dit…

Je viens de voir le bousin (en VF). En deux mots : répugnant téléfilm.

Mariaque a dit…

Yep ! Sensation d'ailleurs appuyée par un générique de début qui en reprend tous les mornes poncifs...