15 décembre 2010

4 Mariages et 1 Enterrement

L'Angleterre est assurément multiple, jusque dans sa "contemporaine"* représentation cinématographique bien sûr. James Ivory (le plus anglophile des américains), Ken Loach et Danny Boyle en délimitant sans doute les principaux et les plus opposés contours, circonscrivant un espace où Ken Loach, Mike Leigh, Stephen Frears et Shane Meadows (voire Peter Cattaneo, Guy Ritchie et Edgar Wright) n'ont que peu à voir encore avec Richard Curtis. En revanche elle est facilement cotumière de ces coups de box office, ces films venus de nulle part ou presque et qui emportent une adhésion publique soudaine tout en atteignant une rentabilité proprement inouïe. On se souvient (donc) du "coup" Full Monty (demeure-t-il légitime avec le temps ?) mais le préalable Quatre Mariages et un Enterrement demeure de belle mémoire (longtemps le film le plus rentable de l'histoire, avant que Le Projet Blair Witch ne le batte sur ce pécuniaire terrain)... et conserve de conséquents restes.
La forme du film d'abord demeure des plus efficaces (se concentrer sur les cinq événements sans voir les protagonistes en dehors de ces contextes) tout en facilitant le spectacle (et le spectaculaire) mais la qualité des portraits, faits de deux-trois coups de pinceaux (précis) pas plus, est aussi en la faveur de l'affaire.
Fuyant le gros gag et la punchline dont l'écho agacerait vite**, le script s'attache à glisser derrière la fantaisie charmante et faussement désinvolte (le pot aux roses mélancolique se fait bien sûr montre aux quatrième cinquième du film, pour ne plus disparaître) une vraie, sinon détresse, au moins angoisse d'une nouvelle génération de trentenaires post-modernes que l'ironie, le port et la gestion de l'image font de grands (et malheureux ?) solitaires.
Il est sans doute à ce titre au moins aussi valide, sinon plus, que l'ultérieur (et franchement plus girly ?) Journal de Bridget Jones, sur une thématique assez analogue. Comédie romantique contemporaine flottant largement au dessus du panier fleuri, Quatre Mariages et un Enterrement demeure aussi intact parce que inviolé depuis: on a, et c'est tellement curieux qu'il est bon de le souligner, échappé à ce jour à une suite ! Pour longtemps encore ?
Mike Newell (1994)

* entendons-nous sur ces 25 dernières années.

** seul le modeste gimmick des fuck and fuckity fuck est pérennisé
et ne contamina pas le public.

3 commentaires:

Thiburce BELAVENTURE a dit…

On ne peut pas dire que je sois fan d'Andy Mac Dowel. Je la supporte souvent plus que je ne l'apprécie. Mais voilà, elle a joué dans "Un Jour Sans Fin" et çà...
Par contre, une que je ne supporte pas à l'image, tellement j'ai envie de lui mettre des pains dans sa gueule pour lui effacer sa moue de blondasse américaine bien sous tout rapport, Renée Zellweger !
Vu que vous faite une comparaison avec le "Journal de Bridget Jones" (que je n'ai bien évidement pas vu, je ne suis pas maso non plus), je me dis que quitte à se taper une comédie romantique avec Hugh Grant, autant revoir (voir?) le Newell !
Je l'ai revu il y a un ou deux ans, j'avais peur de la revoyure et finalement, cela n'a pas été si dur que cela. Pas inoubliable mais plutôt réussis.

P.S.: Et que l'on ne me parle pas de "Nurse Betty" que j'ai tenté de revoir récemment et où j'ai craqué au bout de quarante cinq minutes tellement la môme Renée me tapait sur le système... Ok, le personnage est comme ça, mais été-t-il obligatoire qu'elle ait cette gueule ? Il y a plein de blonde qui aurait su jouer la nunuche...

Tepepa a dit…

Si on part du principe que Hugh Grant a tenté par la suite de toujours refaire le même film, peut-on dire qu'on tient là le meilleur film de l'acteur?

Mariaque a dit…

C'est effectivement envisageable... avec d'ultérieurs moins bien et de franches réussites (dont About a Boy est assurément) !