Même si les précédents sont au-delà de l'honorable et confinent même à l'indiscutable sensationnel (Un Crime dans la Tête (62) et Sept Jours en Mai (64) de John Frankenheimer*), c'est au nom d'Alan J. Pakula** qu'on associe traditionnellement le thriller politique conspirationniste et paranoïaque, sur la seule foi de deux films: Les Hommes du Président (et son Watergate décortiqué) et le préalable et présent Parallax View (évocation Kennedy case à haute influence sur le I... Comme Icare, non ?).Parallax View qui contient ainsi tous les ingrédients du genre qu'il popularise (plus qu'il n'initie donc): opaque politique, manœuvres scientifiques (ici un lavage de cerveau par projection aussi impactant que les expériences de Milgram dans le Verneuil), théorie du complot aussi tentaculaire qu'omnipotent et, par définition, héros seul contre tous.
Évidemment plus qu'un simple genre (ou qu'un étroit opportunisme commercial permettant à Robert Evans de s'en mettre plein les fouilles) il est un angoissant écho à la crise de confiance qui règne aux USA de l'après-Watergate, qui isole chaque individu dans une incommunicabilité aux conséquences souvent dramatiques.
Le film de Pakula use ici, pour parvenir à ses fins, de procédés aujourd'hui familiers au moindre spectateur tel la prime patine documentaire hautement immersive (de l'ouverture surtout, ou du quotidien assez morose de l'enquête***) ou le "coup d'avance" donné au spectateur (dés le début on a identifié le "vrai" "coupable") et se laisse aller, toujours dans un même souci de complicité avec le public, à quelques séquences "de genre" assez inutiles (les bagarres de saloon et poursuites à ralenti dans le bled du shérif Wicker). Il est en revanche plus téméraire avec l'usage régulier d'ellipses compliquant ce qu'il faut la compréhension (doublé d'une approche assez froidement Antonionesque de son intrigue) ou la relative patience théorique de l'investigation (Mich' again !) - le tout entraînera d'ailleurs aux yeux de certains une impression intimidante de "c'est bien compliqué pour moi ces histoires de complot, c'est pas moi qui me retrouverait embringué là-dedans" que contrebalance un curieuse et dédramatisante sensation de "ah, ce n'est que ça ?" (il faut avouer que la scène de bravoure finale se montre bien plus désincarnée (désenchantée ?) que véritablement spectaculaire).
Alan J.Pakula (1974)
NB1: l'avis plus enthousiaste d'Ed(isdead), ici.
* du temps de sa superbe (62-75).
** au risque de négliger les belles contributions de John Schlesinger (Marathon Man)
ou de Sidney Pollack (Les Trois Jours du Condor)
et de ne pas remarquer qu'un certain casting était marqué alors
par le genre (Dustin et Robert, de tous les coups ou presque !)...
et les équivalents francaouis de Costa-Gavras ou Henri Verneuil.
*** brillamment soutenu par la sombre photo de Gordon Willis
(le fameux Prince des Ténèbres du Nouvel Hollywood !)
et la pâle (entendez minimale et introvertie) composition de Warren Beatty,
toutes deux réalistes et discrètement intenses.
** au risque de négliger les belles contributions de John Schlesinger (Marathon Man)
ou de Sidney Pollack (Les Trois Jours du Condor)
et de ne pas remarquer qu'un certain casting était marqué alors
par le genre (Dustin et Robert, de tous les coups ou presque !)...
et les équivalents francaouis de Costa-Gavras ou Henri Verneuil.
*** brillamment soutenu par la sombre photo de Gordon Willis
(le fameux Prince des Ténèbres du Nouvel Hollywood !)
et la pâle (entendez minimale et introvertie) composition de Warren Beatty,
toutes deux réalistes et discrètement intenses.
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