
On sait que le projet est initialement propriété de Blake Edwards qui, sous pseudo (Sam O.Brown pour S.O.B, déjà !), nourrit l'idée et en développe un scénario, mais qu'in fine l'affaire n'est plus sienne (trop de prises de tête avec Eastwood mais aussi un conflit d'intérêt autour de Julie Andrews: Blake veut placer sa femme et reynolds ne s'est pas franchement entendu avec elle lors du tournage de L'Homme à Femmes - l'indispensable Madeline Kahn la remplacera ici) et se voit reprise par le modeste Richard Benjamin*.
Modeste mais suffisamment gonflé pour, lui, diriger Eastwood et Burt Reynolds: le premier est alors dans une période sinon "creuse" au moins disparate (78-85), entre tentatives artistiques ou philosophiques pas toujours couronnées de succès (le bide de Honkytonk Man** et la petite rentabilité de Bronco Billy) et le second, malgré son refus du rôle de Han Solo quelques années auparavant, est en pleine bourre roue-libre (c'est le cas de le dire !) cannonballesque (le #2 vient de sortir, avec Jackie Chan, le Rat Pack, Shirley MacLaine, Tony Danza, Dom deLuise... et sans doute le même orang-outan ayant joué avec Clint dans Doux, Dur et Dingue et Ca Va Cogner !). Les diriger ne sera pas une mince affaire, d'autant que le script joue sur les archétypes filmiques que chacun incarne, en les poussant à leurs extrêmes... et qu'ils sont tous deux coproducteurs du projet (au travers des sociétés Malpaso et Deliverance Prods) - avec la Warner qui veut jouer avec les codes de son prestigieux catalogue de films de gangsters... Autant dire un vrai casse-tête de gestion des egos...
A l'écran rien ne transparaît de ce micmac et l'action cottonclubesque et pétaradante (au cours de laquelle Reynolds se ruinera la mâchoire) est assez fluide (quoique curieusement arythmique, tant dans la progression que les registres) et finit même par s'offrir quelques jolis morceaux de bravoure ("l'assaut" du claque surtout).
Les deux stars ne faisant que se croiser le plus clair du temps, à l'exception de deux ou trois pugilats et/ou gunfights, et n'ayant pas vraiment de quotidien à gérer ensemble (sans doute un juste écho du "plateau" !), on ne pourra cependant guère parler là de franc buddy movie.
On pourra en revanche repérer une "scène" de ces 80's très nostalgiques des films noirs à l'ancienne, et qui offrira nombre de comédie alors, des Cadavres ne Portent pas de Costards à Wise Guys, en passant par L'Honneur des Prizzi (sortis en France le même mois de 1986 !) où "famille" et Ford-T sont au coeur des dispositifs.
Richard Benjamin (1985)
* ancien acteur, notamment dans l'estimable Mondwest,
le garçon réalisera avec application quelques pochades,
y compris pour Amblin (Une Baraque à Tout Casser)
ou au service de Dan Aykroyd (J'ai épousé une Extra-Terrestre)
le garçon réalisera avec application quelques pochades,
y compris pour Amblin (Une Baraque à Tout Casser)
ou au service de Dan Aykroyd (J'ai épousé une Extra-Terrestre)
** cela dit, artistiquement majeur, son Bird de 1988 fera pire encore...
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