13 décembre 2010

La Revanche de Freddy

Bien que ne respectant en rien le cahier des charges Freddy (le personnage n'était pas encore une licence et les scénaristes crurent bon (à tort) de faire évoluer les choses comme bon leur semblait) et, par la même, rompant avec nombre de choses (à commencer par l'onirisme) qui faisaient toute la force des Griffes de la Nuit, la première séquelle de la saga boogeymèneuse parvient, presque par accident, à offrir une autre lecture allégorique que la culpabilité générationnelle qui faisait le sel du Elm Street de Wes Craven (nous relire ici pour se la remémorer).
En effet, tout concourt, le long de ce métrage qui n'a décidément pas peur du ridicule (l'explosive séquence des canaris) a proposer une inédite métaphore de l'homosexualité naissante, contre laquelle lutterait un jeune adolescent un peu égaré par ses sens.
Tuyauteries luisantes, chaleurs intempestives, douches, vestiaires, boîtes SM, humiliations et nudités diverses mais toujours moites, symboles phalliques en veux-tu en voilà... tous les clichés d'un homoérotisme 80's (à se croire dans un clip d'Axel Bauer !) constituent en outre un signifiant contexte à l'allégorie (la pénétration des lames n'a jamais revêtu d'autant de symbolisme !). Allégorie qui atteint son climax lorsque le jeune premier se montre "monstrueusement" incapable de séduire sa fiancée* et court se réfugier dans la chambre de son éphèbe (à moitié nu) de meilleur ami après lui avoir confessé qu'il se sentait chaque jour davantage possédé par une force contre laquelle il avait de plus en plus de mal à lutter.
Ainsi, même raté (car cet Elm Street 2 dans son registre scary-esque l'est tout bonnement), le film demeure cependant en tous points fascinant en se chargeant de la même intensité sexuelle que l'autre grand teen-movie d'épouvante (on ne parle pas là de Zulawski ou d'Argento !) vigoureusement sexué du moment (l'hiver 86 pour les petits français): Vampire, Vous avez dit Vampire ?
Jack Sholder (1985)

* l'affiche américaine est aussi "décodable" en ce sens.

1 commentaires:

Seb Zombies a dit…

Complètement d'accord pour ce film. Une suite honnête bien que très éloignée de l'original, mais surtout intéressante pour sa métaphore de l'homosexualité.