21 décembre 2010

Le Pirate des Mers du Sud

Le premier film en "100 % live action" de Disney, L'Île au Trésor, ne devait pas avoir le retentissement escompté (les choses se redresseraient avec 20.000 Lieues sous les Mers).
Ceci expliquera donc que le producteur ne se soit pas accroché aux droits ni n'ait été bien regardant aux suites capitalisantes que certains souhaitèrent lui donner.
Certains... Byron Haskin et Robert Newton surtout (aidés par une modeste compagnie australienne*) ! L'acteur avait tant travaillé ses roulements de R et d'orbites (en passant par les mains de Raoul Walsh en faisant son Barbe Noir) qu'il voulait sans doute amortir l'investissement (même si, ce consciencieusement faisant, il n'atteindrait jamais le degré de cabotinage du Long John Silver par Wallace Beery dans la version de Treasure Island de Fleming !)...
Inédite séquelle donc au texte de Stevenson, Le Pirate des Mers du Sud se concentre sur le seul LJS qui devient (enfin ?) l'unique star du film, tout en roueries, manipulations et interminables combines à tiroirs (Jim Hawkins est aussi de retour mais davantage comme un prétexte dramatique et filial)... et en noces prochaines ! (le film intègre enfin les personnages féminins absolument absents du premier film), occasion de vaudevilleries truculentes. Le show Newton est donc au principal programme** et apparaît comme la seule véritable option de l'entreprise (la trame devant ramener sur la fameuse Île où une partie du trésor aurait été oubliée) quoiqu'elle s'appuie sans franche vergogne sur des formules, des caractères et des situations proches (et presque remakantes !) du premier film (l'île est habitée par un "nouvel" ermite abandonné là (mais loin de Ben Gunn, il est cette fois-ci absolument hostile et, oh !, pewesquement aveugle !)).
Byron Haskin (1954)



* modeste mais qui offrira tout de même au réalisateur
le scope et le technicolor qui manquaient cruellement au premier et officiel opus !

** avec la curiosité castinguesque de découvrir le futur héros
de La Machine à Explorer le Temps, des Oiseaux ou de Zabriskie Point
dans le rôle d'un hirsute à choucroute rousse... et yeux blancs:
l'irasciblement revanchard Israel Hands !

1 commentaires:

Dr Orlof a dit…

Le film vaut effectivement pour le sieur Newton (j'aime aussi les couleurs pétante de l'Eastmancolor et le Scope) et sa tonitruante composition de vieux loup de mer m'a rendu l'entreprise plutôt sympathique.