07 décembre 2010

Les 4 de l'Ave Maria

Le débat fait rage parmi les amateurs pour dire si, oui ou non, Les 4 de l'Ave Maria est meilleur que La Colline des Bottes et moins bon que Dieu Pardonne... Moi Pas (ces titres constituant une sorte de trilogie liant le réalisateur à ses acteurs). Les béotiens méprisants étant quant à eux convaincus que tout Bud Spencer/Terence Hill ressemble à s'y méprendre à n'importe quel autre Bud Spencer/Terence Hill (alors que hein ? bon !).
Or, au jeu des stupéfiantes ressemblances, on se penchera plutôt - nous qui sommes l'arrière-train sifflant trois fois entre les deux chaises susnommées - sur celles de la performance d'Elli Wallach, qui reprend ici en tous points celle offerte à Sergio Leone pour le Tuco du Bon, La Brute et le Truand: cabot et insaisissable, l'acteur ressert indiscutablement le même numéro (parfois savoureux, surtout lors de ses grands monologues) tandis que Terence Hill marche encore dans l'ombre hiératique de Clint Eastwood (Spencer, le moins bon de tous habituellement, laisse, bien que déjà dans son monolithique et naïvement explosif emploi, poindre des fulgurances de subtilités (en particulier lors du "combat", long, douloureux, et presque poignant, avec un colosse de foire)).
Néanmoins, et malgré l'écho de ces nombreuses « proximités », pourra-t-on dénicher chez ces 4-là une authentique personnalité de ton, à commencer par une certaine - quoique discrète et funambule- dérision (le titre n'est pas encore dans la pantalonnade à baffes qui finira par être la patte du duo chéri des allemands) en regard des collègues (Albert R. Broccoli inclus, lors du final en casino quasi royal) et du créneau spagh. Mais aussi un enclin régulier pour les motifs inattendus, sinon authentiquement baroques (les ruches multicolores, les berceaux suspendus, le nillard à cheval,...). Sans follement s'enthousiasmer non plus (le métrage est - malgré une somme honorable "d'idées" - exagérément long* en regard de la solidité et de la cohérence de ses articulations scénaristiques), on pourra, amateur ou béotien un poil curieux, picorer ainsi humblement de nombreux instants vraiment bien troussés (le film eut pu être véritablement meilleur, ça se joue à peu !). Et écarter d'une bienveillante main tout le roublardement fumeux qui encombre, ça et là, la production. Fumeux que symbolise au passage un titre étonnamment inexpliqué.
Giuseppe Colizzi (1968)

* un reproche régulier à faire, avant d'autres, aux Spencer/Hill.

4 commentaires:

il Gatto a dit…

Mais peut-on vraiment classer cette trilogie dans la case "films Hill-Spencer" ? Peut-être à la rubrique nativité, alors.

Mariaque a dit…

Je crois, oui. Même si le fameux ton est à venir, la pousse est là, les automatismes et la place (registre, manière) de chacun s'y dessinent catégoriquement (tout Spencer est déjà là, moins les fayots).
Pour apprécier ensuite l'oeuvre du duo, il faut en passer par les Colizzi, à mon sens.

Vincent a dit…

A mon sens aussi :)
Joli film pour lequel je partage vos réserves, en particulier la longueur. peut être que finalement, le meilleur, c'est encore "La colline des bottes", mais on va pas chipoter.

j'avais abordé la question ici : http://inisfree.hautetfort.com/archive/2007/06/06/colizzi-trilogie.html et vous en étiez, déjà.

Tepepa a dit…

Ouaip!