
Je n'ai jamais cherché, en son temps, à voir Silverado.
A cela deux raisons principales. Ce n'est, d'abord, que depuis fort peu de temps que je suis tombé en westernerie (cinq ans ? six ans ?) et j'ai, par ailleurs, toujours été convaincu, fort de son casting un peu trop étincelant, qu'il s'agissait là d'un gros loukhoum cartoono-hollywoodien flattant autant la nostalgie du comédien autosatisfait (et pleurnichant d'être né trop tard pour jouer au coilleboille en touchant un paquet de dollars) que celle de la plèbe (amatrice de distribution pléthorique) s'acquittant de son ticket. Davantage qu'autre chose.
Or, si la dimension XXL du générique demeure un fait indiscutable, son usage n'est pas si démonstratif et c'est curieusement le moins fémousse d'entre tous peut-être qui tire les plus beaux marrons du feu. En effet, Kevin Klin est de loin le plus intense (Glenn est un poil trop enfermé dans l'archétype, Costner dans la charmeuse mad-dogerie et Dennehy dans son emploi historique de shérif peu fréquentable) et quelques fameux noms n'ont que de brèves apparitions à camper (souvent avec efficacité), Rosanna Arquette et John Cleese (particulièrement bon) en tête.
En outre, si le souffle épique demeure plutôt artificiel (option Méthode Coué), force est de reconnaître au titre une certaine ampleur (scénaristique, formelle) ainsi qu'un élan visiblement sincère (quoique carburant à cette nostalgie pointée plus haut) et qui ne verse pas au catalogue référentiel (si l'un des premiers plans met les pieds dans le plat Fordien, la suite se débarrasse davantage du lourd héritage). Ce qui, en l'état, n'est pas la moindre des pailles.
Plus vibrant que malin, plus émouvant que parodique, éminemment sexy sans jamais être putassier enfin, Silverado, pour délibérément anachronique qu'il est, dépasse tôt le stade de l'exercice ou de la grosse (donc fausse) bonne idée, pour tendre finalement vers quelque chose de pas dégueulasse du tout. Et que, sans doute, un John Landis n'aurait pas réussi à atteindre, empétré dans sa goguenardise. Et sûrement pas aujourd'hui, empêtré dans plus encore (et des plus rebutants), un Roberto Rodriguez !
Lawrence Kasdan (1985)
9 commentaires:
Même pas Scott Glenn dans les mots clés ? Pffff
C'est vrai... peut-être qu'il mériterait...
Mais, bon: j'ai jamais vu The Right Stuff, aussi...
Honte à vous !!!
Je l'ai vu il y a quelques années déjà, mais j'avais le souvenir d'un Kline des grands jours, à des années lumières d'un Russel Crow dans le discutable "The Quick and the Dead".
Dommage que ce monsieur ne soit pas toujours regardant dans ce qu'il tourne, car il a un potentiel de malade (je met volontairement de côté le rôle qui l'a fait connaitre au grand public dans "A Fish Called Wanda", car on ne peut pas dire qu'il fasse dans la finesse de jeu, aussi drôle soit-il). Je garde toujours à l'esprit le personnage attachant du film de Reitman "Dave".
Au final, je l'aime bien le Kline !
Par contre, pas assez de souvenir de "Silverado" pour débattre avec vous. J'aurais pu discuter de "Unforgiven" dont le visionnage est plus récent (quoi que ? Vu pendant le tournage de Bisouman, et ça commence à dater. Putain, déjà quatre ans et demi...)
Westernien depuis le berçeau, je m'étais précipité sur celui-ci. Grosse déception qu'une seconde vision il y a une dizaine d'années n'a pas arrangée. C'est lourd, tous les effets sont surlignés et les chevaux galopent comme dans "Conan". Je ne me souviens pas que c'était sexy non plus. A sauver, plutôt Scott Glenn, sobre comme il faut et le chien fou Costner. La musique de Broughton est à l'avenant.
Grosse déception mais "Wyatt earp", c'est pire.
Sinon, il faut voir "The right stuff". En voilà un qui a digéré l'héritage fordien.
Westernien depuis à peine moins longtemps que Vincent (et du moins suffisamment âgé pour avoir connu l'époque bénie où TF1 diffusait Winchester 73 le dimanche à 18 heures), je me souviens m'être précipité dans un cinéma près de la Gare d'Orléans pour voir Silverado. Épaté à l'époque mais conscient aussi du caractère artificiel et forcé du projet. Malgré Eastwood, malgré d'autres aussi, le dernier western est celui où meurt le Duke : le si bien nommé Dernier des géants (une des très rares fois où le titre français me semble préférable).
Content de partager avec vous, mon cher Vincent, un goût pour le film de Kauffman (ça a beau faire trois plombes, je ne lasse jamais de le revoir)
@ Sonic : ça s'appelait déjà TF1 ce dimanche-là de la diffusion de Winchester 73 en fin d'après-midi ? Parce que qu'on a dû le voir en même temps, alors...
Les effets sont surlignés, mais c'est vachement bon quand même!
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