Un Duplex pour Trois

On se faisait une joie.
De Vito et Barrymore, deux noms qui ont encor l'heur, malgré les fautes de parcours, de nous exciter à (presque) tout coup, et Stiller, dont quelques titres ont su nous séduire en leur temps (mentions toutes particulières à La Famille Tennenbaum et sa contribution aux Extras de Gervais & Merchant), rassemblés.
Seulement voilà. Voilà que bien que presque dépositaire de la génèse de la comédie mixant vedettes et mauvais goût, précurseur en quelque sorte des Farelly, des Roach et des Apatow (sa Guerre des Rose est tout de même une date dans la comédie usant de stars secretionesquement masochistes), le Duplex à Danny apparaîtrait presque comme un retardataire opportuniste (l'impression est plus forte encore autour de Ben Stiller, visiblement enfermé dans un emploi initié par Mary à Tout Prix et pérennisé avec les Mon Beau-Père*...et Moi, qui use nos patiences et notre bienveillance naturelle).
Agaçant, artificiel, vainement pugnace, à la mécanique un peu trop voyante (et finalement faible) et déterministe, cette guerre des générations, pour gentiment acide qu'elle est n'atteint jamais la folie caustique nécessaire (le cartoonesque ne saurait suffire !) pour emporter l'adhésion.
On se faisait une joie, on s'est surtout fait chier.
Danny de Vito (2003)

* il n'en avait certes tourné encore un seul,
mais tout d'même.

Terreur Extra-Terrestre

Without Warning, 1980.
Vendreditreizerie Alieniste (un mariage aussi opportuniste que déroutant, faisant se frotter donc les contextes d'un Sean Cunningham aux créatures de Ridley Scott ?!) filant bride abattue de climax en climax ridicules et convenus, tout en se payant un casting long comme le bras de vieux briscards sur le retour cabotinant sévère (Palance, Landau, Brand, Meeker, Mitchell) et offrant, par contraste, à Kevin Peter Hall l'un de ses premiers (et toujours gigantesques) rôles,

par Greydon Clark.

*****

Brüno

Peu garni de la conscience professionnelle qui nous caractérise et qui fait que chaque jour des cars entiers de retraités hétérosexuels se précipitent sur notre édifiante colonne, nous serions tentés de recopier mot pour mot notre chronique de Borat pour vous entretenir de Brüno. Nous tâcherons de ne pas y condescendre, quand bien même l'auteur des deux films s'est contenté quant à lui d'une formule en tous points identiques, riche des mêmes et stupéfiantes qualités performeuses et plombée par les mêmes limites, les mêmes horizons bouchés.
En effet, le canevas des deux films apparaîtra même aux moins sagaces de nos retraités brodés du même fil et finalement animé par la même aiguille: piquer l'hypocrite Amérique dans le coeur de ses contradictions.
L'Europe rêve de cette Amérique. De ses mirages de célébrité et de liberté (y compris sexuelle). Brüno succombe bien sûr à ses sirènes. Et déchante.
L'Europe épinalise cette même Amérique. Ses rednecks homophobes, fascistes, fans de WWE et de télé-réalité pipole et pipotée. Là c'est Baron Cohen qui cède aux appels convenus. Et c'est le spectateur qui, s'il a courageusement renoncé à son abonnement au Nouvel Obs, s'impatiente.
L'acteur se veut donc Tocqueville de la quéquette et s'embarque (s'embraque ?) en une Odyssée de la provocation sexuelle, qui bientôt tourne à vide, les donquichottés moulins concernés étant autant de cibles faciles voire e(n)culées.
La performance de SBC n'est pas pour autant à réduire et se montre régulièrement bluffante (surtout si les diverses séquences sont effectivement réelles et non jouées) et occasionne quelques moments assez intenses (le show télé, l'étreinte sur le ring)* mais elle n'est finalement que ça et rien de plus.
Car si l'intention est de susciter une stupeur chez le spectateur (de type "oh le ouf !" ou bien "mon dieu quelle horreur!"), c'est assez vain et guère cinégénique.
Si, en revanche, l'objet se veut plus ambitieux et s'entiche de dénoncer ceci ou cela**, alors le film se fourvoie en n'enfonçant que des portes béantes et en contentant un public déjà acquis à la cause.
Les deux films de Sasha Baron Cohen sont d'ailleurs à ce titre particulièrement inoffensifs (malgré les outrances et les malaises possiblement engendrés) et aussi peu utiles que des réunions et autres états-généraux de militants politiques (socialistes ou uhèmepés): on s'y frotte le dos entre gens convaincus en se gargarisant: les cons c'est les autres bien sûr.
Larry Charles (2009)

* et d'autres moins: le couple prisonnier à l'hôtel de ses gadgets SM
ou la maîtresse dominatrice whipant sont tantôt gratuits et sans fondement,
tantôt ridicules et contre-productifs.

** un postulat d'ailleurs confus tant le film ne se positionne pas clairement
par rapport à la chose homosexuelle.
Ni pro- ni anti- il capitalise toutefois avec une certaine inconséquence
sur les clichés follasses qui nourrissent l'imaginaire simpliste du public.

Valhalla Rising, Le Guerrier Silencieux

Deux questions:
1 - L'ambition est-elle cinégénique ?
2 - Qu'est-ce qu'un bon film ? Un film qui parvient à dire (ou incarner) ce que cherchait à incarner (ou dire) son auteur OU un film qui parvient à transmettre, à communiquer, à faire partager, ressentir (et ce quelque soit "l'ambition" du projet) ?

C'est avec l'humilité qui ne nous caractérise guère habituellement que nous confessons ne pas être familier de l'oeuvre de NW Refn. Ayant eu écho du culte, nous n'avons à ce triste jour pas encore vu cependant Bronson ni aucun Pusher et nous engageons, bleusaille désordonnée, dans la filmo par le petit dernier.
Et, transe métaphysique faisant se croiser Snake Plissken avec Tarkovsky, énigme sensitive usant de symbolismes déjà croisés chez Cop' et Kub' (Apocalypse Now et 2001), parabole mystique, esthétisante et extrême rappelant les Herzog fluviaux, choc des mondes comme observé chez Malick (Le Nouveau Monde) ou certains albums d'Astérix (La Grande Traversée en premier lieu !), ce petit dernier, ce Valhalla Rising, s'il avance en terrain balisé, nous apparaît pas moins abscons à force d'être hypnotique et peu aimable.
Perclus de métaphores sur lesquelles n'aurait pas craché Pasolini (commentaire sur la foi, parabole sur l'histoire de l'Humanité, allégorie christique (vie et mort d'un Dieu), mise en accusation de l'absurdité du Croisé) et d'images impactantes, volontiers nimbé d'un charisme indiscutable... l'hallucinogène chose n'en demeure pas moins aride et, même si sincère, un rien prétentieuse (ce chapitrage !). Au point de nous avoir maintenu esseulé sur sa rive (au risque de nous prendre des flèches en plein buffet).

Aussi en revenons-nous à nos deux préalables questions.
Nicolas Winding Refn (2009)

Kalidor, La Légende du Talisman

Curieux projet que ce film, originellement centré sur l'héroïne (la Red Sonja du titre original) et que la distribution française a recentré, économie de marché oblige*, sur le personnage secondaire incarné par Schwarzie: Kalidor (voir à ce propos la note édifiante de Jérôme dans le souvent indispensable Forgotten Silver)...
Late-Fleischerade frisant le superflu (10 bonnes années que le bonhomme aurait du rendre sa caméra !), l'héroic-fantaserie féministe ponctionnée dans la cuisse de l'inépuisable Robert Howard (écrivain à tête de parrain de maffia déjà responsable de Conan et de Solomon Kane**), est bien dans l'air du temps initié par De Laurentiis himself (par l'entremise musculeuse des Conan): chacun y va alors de sa contribution, opposant souvent le redondant plagiaire au ridicule. De Laurentiis tient en outre bien son monde en pogne, techniciens embrigadés depuis Fellini, mais aussi acteurs (Arnold, pieds et poings liés) et réalisateur (Fleischer, pas plus libre) tenus en laisse par des contrats autoritaires.
La patte du producteur est en outre absolument identifiable, tirant un univers rugueux vers un pittoresque flirtant avec le ringard patenté à force de volonté "familiales" (les C3PO & R2D2-like que constitue le duo Paul Smith/Ernie Jr Reyes use à ce titre tôt les patiences) - il est vrai qu'on est alors à l'âge d'or du cinéma pop corn où s'illustra brillamment le tandem Lucas/Spielberg (et Dino n'a pas la vista des deux barbus, ni la véritable culture comico-serial nécessaire).
On y retrouve également tout ce qui fit le (rare) sel de son Flash Gordon (Hodges, 1980) et de son Dune (Lynch, 1984), à savoir des décors grandiloquents et des costumes volontiers baroques (le design du film est, là aussi, à porter aux maigres mais indiscutables crédits du film).
Mais le tout patine sans cesse. L'emploi anarchique de Schwarzenneger (son personnage est des plus arythmiques), la mollesse des morceaux de bravoure (hors le combat final entre Sonja et la reine Gedren) et le laborieux des articulations de la trame (au sujet des plus fumeux d'ailleurs), font de cette quête une rêverie simpliste et assoupie, loin de la vigueur dont Fleischer faisait montre du temps de sa superbe "aventurière" (20.000 Lieues sous la Mer, Les Vikings). Fade impression que n'assaisonne pas même une BO Morriconeuse plaisante mais guère adaptée au matériau (brouillé avec Poledouris, le Dino ?).
Richard Fleischer (1985)

* ou bien craignait-on qu'on confonde
Sonia la Rousse avec Zora ?

** qui, s'il avait été encore vivant pour voir cette laborieuse adaptation,
se serait sans doute re-suicider !


NB: pour comparaison, l'affiche américaine:

La Planète des Dinosaures


Pas tant anachronique que ça (si le succès du remake de King Kong deux ans plus tôt constitue tout de même une courte légitimité pour remettre en selles le films de monstres antédiluviens, les récentes et continentales contributions de Kevin Connor* avaient pour ainsi dire réouvert la brèche spatio-temporelle) et même ouvertement emprunt de titres tels La Planète des Singes, c'est surtout la dimension startreko-cosmosmilneufcentquatrevingtdixneufienne qui saute aux yeux, devant le spectacle anémique que s'avère être La Planète des Dinosaures. Des deux séries majeures de la SF télévisuelle tournées dans un hangar, le titre retient bien sûr les vastes notions d'équipage intersidéral et un dress code spatial où le pyjama multicolore est d'incontournable mise, mais aussi les flous internes quant aux autorités en place (Kirk est le boss, mais Spock indubitablement le brain, non ? Ben là c'est pareil, entre le fallot guy in charge et son lieutenant !).
Si l'affaire relève de ce qu'on appelle avec une paresseuse condescendance le kitsch et si l'esthète irresponsable croira y déceler une patine poétique apportée par le temps, le titre demeure avant toute chose une longue errance passablement ennuyeuse et garnie de personnages stéréotypés, aux réactions guère appropriées ni vraiment déterminantes (l'emmerdeur de la "compagnie" semble par exemple n'essayer que par désoeuvrement de toujours contredire son monde, façon "connard de service"). Ne seraient ces éparses et jolies séquences de pixilation old school (toutes o'brieno-harryhausenniques) introduisant le bestiaire immémorial, la chose ne tournerait qu'à un épisode de Koh-Lanta mou de la rotule, sans une once de vrai thrilling ni la moindre goutte d'érotisme roboratif. Ce qui n'est pas peu dire.
On s'étonnera donc de ce que la maison Artus Films s'entiche d'offrir à la chose un bel écrin dévédesque dans la mesure où la prod n'eut pas d'autres honneurs d'époque que d'être diffusée dans un festival concurrent - et mort-né - à celui du Grand Rex parisien pour ne refleurir sur écran que par le biais d'une VHS CIC Vidéo bientôt unique en ce qu'elle n'était jamais louée dans les vidéos-clubs.
James K.Shea (1978)

Centre Terre Septième Continent,
Le Continent Oublié,...

Pizzaiolo et Mozzarel

C’est surtout par son caractère fondamentalement inabouti que le film suscite l’intérêt : séquences de remplissage sans queue ni tête, gags conçus pour faire rire un public de fœtus trisomiques, complaisance à tous les niveaux. C'est ainsi que Nikita (de Nanarland) sauve ce qui pourrait laborieusement l'être de Pizzaiolo et Mozzarel. On agréera, dites !
Nous ne sommes pour autant pas des familiers de l'oeuvre Aldoesque, n'avons jamais été pour ainsi dire franc-Maccione.
Fils de vidéo-clubs, nés dans un boîtier VHS, nous sommes pour autant curieusement passés à côté du courant (pour clapoter dans d'autres eaux troubles, n'en doutez pas !). Et donc dans notre histoire d'Aldo flicks point.

En décembre 85, l'italien à gros pif ne se sent toutefois plus. Fernandelisé à l'extrême (genre: je suis une star et moi seul sait, envers et contre tous, ce qu'il me faut faire pour déclencher l'hilarité) il vit pourtant ses dernières minutes "au sommet" (ces 85-ci puis les 98 de Si Tu Vas à Rio... Tu Meurs (Clair, 1987)). Avant de subitement (tardivement ? enfin ?) se ringardiser.
En parfaite roue libre dans ce P&M, Mr La Classe se complet donc d'abord dans un comique éculé de camping à base éventée, sinon nauséabonde. Scouts grivois, nibards de plage et racisme souriant, s'enchaînent donc à l'occasion de multiples vignettes longtemps mal articulées par un Wolinski, scénariste bien paresseux (coutumier du fait dés qu'il s'agit d'écrire pour Aldo). Ces forfaits de lâche écriture commis, le titre bifurque alors à mi-parcours vers une relecture (poussive) du Dictateur de Chaplin*, ajoutant à la somme déjà renversante de poncifs vulgaires une pénible dynamique comique tout en sosies ringards et quiproquos faisandés.
Christian Gion ne parvient bien sûr pas à sauver grand chose de la catastrophe en marche - malgré quelques fugaces séquences de plages (sans Aldo)** un peu plus chorégraphiées, au point de friser presque le Tati des Vacances de Mr Hulot - n'en ayant bien sûr que peu les moyens (c'est quand même lui l'homme de Pétrole ! Pétrole !*** et des Diplômés du Dernier Rang****). L'affaire prend alors bientôt les allures d'une punition pour le spectateur - malgré le thème de Marcia Baïla qui pointe son nez tous les quarts d'heure - tant la chose est en outre - et le contraire eut été étonnant -, jouée par une ribambelle de pieds parmi lesquels l'achipéhachopé Sidney n'est toutefois et curieusement pas le pire (alors que Marthe Villalonga, si).

De toutes les conspirations italo-maccioniques, l'amateur masochistement éclairé nous dit Te Marre Pas C'est Pour Rire s'avère nettement plus fréquentable... on angoisse tout de même un brin à l'idée de vérifier...
Christian Gion (1985)

* réchauffés et épais, pris d'une ambition au dessus des moyens de la production,
la satire et le portait sont un temps assez drôles et mordants, toutefois. Si, si.

** celles sans doute évoquées par Nanarland

*** dont Blier a toujours dit qu'il l'avait tourné "pour les impôts".

**** mais du Pion (1978) aussi, auquel bizarrement on croit encore
sans l'avoir vu... Henry Guybet's touch ?

Expendables: Unité Spéciale

Il sera difficile de laisser supposer que l'affaire relevait de la franche bonne idée. A tout le moins pouvait-elle piquer la curiosité des plus tendres à l'égard des durs. Rassembler donc la fine fleur des biscotos de l'actionner 80's-90's en une équipe de mercenaires tabassant et mitraillant les juntes coudétatant de par le monde avait, sinon un charme, à tout le moins oui, l'heur de piquer les video-clubbers testosterone addicts de la planète.
Sans grande surprise le résultat est loin, bien sûr, de remplir son Contrat (ah ! ah!). D'une part les balourds ont vieilli et guère gagner en finesse (Rourke en post-Wrestler continue son numéro de tas de bidoche pleurnichant et renvoyant ses mèches sur le côté, Sly ne parvient plus jamais à retenir sa lippe tombante, seul Lundgren a gagné à vieillir et renoncer à son impayable brosse ivandragesque)) et sont bien loin d'être tous au rendez-vous. Ils sont remplacés au high kick par la génération suivante (Jet Li, Jason Statham), autant pour pallier les défections légendaires (si Willis et Schwarzie caméotent paresseusement, Chuck Norris, Steven Seagal, Van Damme, Wesley Snipes* - pour ne citer qu'eux - se font cruellement absents) que pour demeurer vendeur chez les kids (et ne pas tourner au service gériatrique ?), et par une poignée d'inconnus (au moins de nous).
Le film en lui-même souffre de toutes les scories de l'époque actuelle: illisibilité de l'image causée par un montage frénétique (qui ferait passer Christopher Nolan pour Robert Bresson et Tony Scott pour Alain Cavalier) et sans grand point de vue (la recette parfaite dite de "la poudre aux yeux" ?) autant qu'une patente inflation des effets numériques (ah ! ça gicle et ça crame, mais putain que c'est toc !) sont ainsi à déplorer en premiers lieux rigoureusement symptomatiques (au point d'une exposition et d'une première demie-heure inexplicablement confuse et ennuyeuse).
Mix opportuniste des 12 Salopards et d'Inglorious Basterds, le titre trouve ensuite une sorte de rythme et génère un coupable intérêt par ses outrances cartoonesques (la première visite de l'île de Vilena), ses fugaces métaphores private-jokeuses quant à la carrière des comédiens impliqués (particulièrement lisiblse dans le cas d'Eric Roberts !) et grâce un vif enclin à la complaisance clientéliste - que d'aucuns nomment aussi délicatement "générosité" ! - (le film, ne se refusant rien et écartant toutes les frustrations, donne tout, absolument tout, ce qu'on en attend !)... Rythme scrupuleusement atomisé par un final aussi interminablement apocalyptique que confusément rébarbatif.
Inutile en outre de préciser que, escomptant sur l'imagerie préalable de chaque acteur, les caractères n'ont guère à défendre (malgré leur cicatrice intérieure exposée tour à tour en une séquence de 20 secondes chacun (seuls Statham et Rourke ont droit à un peu plus) tout au long de ces 103 minutes exagérément explosives. Ah, je l'ai quand même précisé ? Comme quoi il n'y a pas qu'Expendables pour se laisser aller à une répréhensible facilité **...
Sylvester Stallone (2010)


* la plupart ayant tout simplement refusé l'aventure

** non, sans charre fans de Sly:
malgré les égales et envahissantes numériqueries,
préférez John Rambo !

Meurtre au Chenil

Philo Vance* n'attraperait sans doute jamais le podium des fameux détectives de littérature et de cinéma -ni même sans doute un honorable milieu de tableau au championnat des débrouilleurs d'énigmes - sans que pour autant il faille négliger son existence (ce serait imaginer la L1 sans... Guingamp ?). A cela plusieurs raisons, plus ou moins valides, dont l'incarnation cinématographique par le toujours impeccable William Powell (éternel Godfrey LaCavesque !) n'est pas la moindre et celle que, évidemment, nous retiendrons aujourd'hui.
Powell qui campait là, à l'occasion de ce Kennel Murder Case (tous les titres originaux des romans de et de leur adaptation au cinéma avait cette commune formule et on ne peut plus prosaïque de The ??? Murder Case, "inappropriément" abandonnée la plupart du temps par les distributeurs français**) son cinquième et dernier Philo Vance (que Basil Rathbone endossera une unique fois en 1930 avant de se faire plus prestigieux Holmes, dés 1939) et lui offrait, last but not least, son flegme élégant et "désuètement" (l'homme fait des concours canins de par le monde !) aristocratique.
L'affaire en cause (l'apparent suicide d'un collectionneur d'art chinois honni de tous dans un breau fermé de l'intérieur) est on ne peut plus classique dans le genre cluedo/armchair investigation et relève du pur whodunit (précédé d'un ravissant howdunit) en mettant en prises une brochette de sacrés suspects, un flic bonhomme et fatalement incrédule devant les thèses du détective (campé par le ventripotent Eugene Pallette qui lâche chacune de ses répliques en relevant son chapeau sur le front avant d'enfouir ses mains dans ses poches) et une jeune première (Mary Astor la zoophile (?), qui passera du présent Doberman Pinscher au Faucon Maltais).
Recette éprouvée que viennent épicer un alambiqué stratagème serrurier et d'inouïes coïncidences aussi accidentelles que proto-screamesques, mais surtout une mise en forme particulièrement vive et inventive de la part d'un Curtiz qu'on imaginait pas moins talentueux. Multipliant les points de vues et accumulant les mouvements (discrets mais prégnants), le réalisateur dynamise, spacialise un potentiel statiquement théâtral et rend la chose aussi plaisante presque qu'un machin d'Hitchcock en cour d'immeuble.
Michael Curtiz (1933)

* émanation de SS Van Dine,

* le titre qui nous occupe n'a retrouvé sa correspondance linguistique
qu'avec les éditions Wild Side
et fut un temps exploité sous l'opportuniste et confusionnant
Le Mystère de la Chambre... Close !

Le Balafré

Austro-Hungarian Connection. Les expats d'Hollywood se font opportuns gratteurs de dos, de malins liftiers sachant se renvoyer la cabine le moment venu.
Ainsi l'acteur Paul Henreid se paye son p'tit Noir en famille puisque convoquant l'autre hongrois de Steve Sekely pour arabiquer cette sombre affaire de sosies vs caïds de casinos. Chaque studio alors veut son petit hard boiled plus malin que le voisin, ne se contentant pas de simples mauvais garçons et de leurs coups aussi pendables que foireux. Le Grand Sommeil, Gilda ou La Dame de Shanghaï sont passés par là, transcendant les codes en vigueur, mais les films noir de Fritz Lang aussi (Le Secret Derrière la Porte, La Rue Rouge) et la psychanalyse a le vent en poupe (même Hitch s'y est collé trois ans plus tôt avec son Spellbound).
Fort bien gaulé techniquement, plastiquement* (ce qui ne semble pas suffire aux exigeants Borde et Chaumeton !**), le film offre trois parties distinctes d'égal intérêt où l'on suit donc un malfrat traqué par un proprio de roulettes se substituer à son sosie, psychiatre de son état, mais on peine longtemps à se prendre au jeu de Henreid, très en démonstration, avant que le charme n'opère soudain (la classe du type dans le port de cigarette !). Joan Bennet (au premier rang des deux Lang évoqués) n'a hélas pas tant que ça à défendre, toute la production étant tournée vers la performance de l'acteur à double-emploi (après tout c'est lui qui paye !) et ferait même presque un peu peine.
Steve Sekely (1948)

* même si tous les outdoors sont plus magnétiques que les séquences d'intérieur.

** les honorables gugusses exagèrent tout de même un peu,
le dernier tiers de Hollow Triumph
est vraiment de très belle tenue !

Les Aventures Extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec

Si, sans doute, Luc Besson (que mon père appelle toujours Bulle Caisson depuis Le Grand Bleu) signe, avec Adèle Blanc-Sec, son meilleur film depuis Le Cinquième Elément, les choses ne sauraient être ni acquises ni non plus immaculées.
Sans verser dans les différents et sempiternels débats autour de la pertinence d'adapter une BD (matériau par essence déjà graphique et découpé) ou ceux, fanbasiques, pointant talleyrandissimement la trahison de l'univers originel (le cinéma se contentant souvent - et c'est encore le cas ici avec un fort beau livre d'images à l'iconographie très fidèle, mais après ?* - de ne retenir la lettre en négligeant l'esprit - même si Besson est convaincu d'avoir conservé l'ADN de l'héroïne !), quelques autres points, bessonissimes s'il en est, sont à porter au débit d'une oeuvre qu'on voudrait cependant, benêts !, trouver innocemment aimable et positivement divertissante.
Son allégeance stérile et sans inspiration aux blockbusters canoniques post-Indiana Jones, son goût pour la vanne poussiéreuse (le final momiesque est bien laborieux, mais ses réguliers morceaux de "pure comédie" sont également pénibles (le running gag de la Santé, la plupart des punchlines), la platitude de sa mise-en-scène (qui, paradoxalement, lorsqu'elle s'emballe est assez poussive, voire ridicules (les obsolètes bullet times !?) et la coupable gourmandise de son montage par trop voyant nuisent considérablement à la machine.
En revanche, un vrai souffle de fantaisie pourra, par exemple, soulever les jupons tandis que des plaisirs de casting offriront un pont certain de complicité avec le spectateur (même si Frédérique Bel est utilisée de manière un peu trop voyante et que Jean-Paul Rouve patine dans un emploi qu'on ne lui supporte plus depuis longtemps, Gilles Lellouche, Mathieu Amalric, Louise Bourgoin (et même le hasardeux Jackie Nercessian !**) bien sûr tirent une remarquable épingle (à cheveux, ah ! ah !) de l'entreprise)... Plaisirs qui semblent, plus que machineries industrieuses, roublardes et vénales, dicter le projet et la réalisation de ce grand couillon de Luc et permettre de livrer un produit, certes édulcoré en regard des planches d'origines, mais tout de même assez inédit et inhabituel dans le pittoresque gothique. Pour un grand film familial, voulons-nous dire.
Luc Besson (2010)

* le film est toutefois plutôt validé par Tardi himself
** dont le fait d'armes le plus important demeure le Narcisso Show

Survival of the Dead

Oh, oh, z'est cru voir un Romero... Oui mais un Romero de trop !
Nous vendre qu'avec Survival of The Dead, Romero, donc, se montre l'authentique cinéaste Hawksiens qu'il a toujours été (et certaine revue multipliant les nouvelles nouvelles formules n'a pas hésité à le claironner !), c'est un peu fort de café. Ou plutôt c'est diablement éculé: certes les premiers opus ...of the Dead relevaient bien du contexte riobravesque... mais ce dernier machin en date ?!
Nous suggérer en revanche que le binoclard hyperbolique n'en finit plus de ressasser une recette que d'autres (Balaguero, Fresnadillo, le Darabont même de Walking Dead !) ont repris depuis à leur compte avec une vigueur que le vieux G.A. n'a décidément plus, voilà qui semble plus morose... mais plus exact aussi.
Pour avoir brillamment été, Romero n'est toutefois plus. Mais alors plus du tout (il s'entiche d'ailleurs d'un remake des cultissimes et argentesques Frissons de l'Angoisse, c'est dire !). Tournant thématiquement en rond (marre de ses zomblards !) et n'ayant plus vraiment de grain à moudre (Rec et Cloverfield ayant même coiffé au poteau le dispositif formel de son pénible Diary of the Dead), le réalisateur se montre en outre à la ramasse (s'embarquer en relecture lesbianno-westerneuse huit ans après le Ghosts of Mars de Carpenter, mouais...) et paradoxalement pris d'un jeunisme de mauvais aloi (le second degré lourdingue, les vannes à bon compte, les tristes tentations 3D, le cartoon cynique)... tout faux sur toute la ligne.
Survival of the Dead, c'est donc, comme le remarque fort drôlement Ethanol ici, Les Rivaux de Painful Gulch (Lucky Luke #19) avec des zombies et un sosie de JM Le Pen (j'ajouterais quant à moi celui de Françoise Hardy aussi !*), ou encore une vaine transposition des Sept Mercenaires et des Grands Espaces à la fois, une gratuite démonstration de cinéphilie comme caution auteuriste... Mais surtout un aveu d'échec assez confondant.
Alors, d'une balle dans la tête (pour être bien sûr), il serait tant qu'on dézingue le père, nan ? Qu'est-ce t'en dis Bob Kirkman ?
George A. Romero (2010)

* sans oublier Kenneth Welsch, le Malcom McDowell du pauvre !

Rubber

Le piège, bien sûr, avec un truc comme Rubber, c'est le théorique; les limites, celles du dispositif, de l'exercice de style. Selon qu'on est plus ou moins bienveillant à l'égard de la gommeuse chose y sera-t-on sensible ou moins.
Dupieux, le réalisateur de ce film (sorte de "slasher pirandellien chez Pirelli") sur "un pneu serial killer observé au travers de jumelles par une poignée de spectateurs perdus dans un désert", en est vraisemblablement bien conscient.
Inquiet des étiquettes qui au nez lui pendent, il prend les devants: "le mot liberté c'est aussi con qu'artiste", prévient-il, écartant d'un revers de mains une palanquée de gros mots et autres qualificatifs dont on serait tenté d'user pour dire et définir Rubber (et dont ofni n'est pas le moins agaçant).
On ne l'embêtera pas avec ça.

Nous, notre dada autour de son cinéma, c'est la culture évidente du cinéma d'horreur nord américain que nous croyons y débusquer.
Steak déjà nous avait occasionné une certaine sensation cronenbergienne; ici, avec toutes ces têtes qui explosent à la Scanners, on croit tenir un truc décidément.

Les motifs de l'horrible cinéma américain de route nomanslandesques sont en outre tous au rendez-vous: gas stations, motels, ..., et les objets cultes itou: téloches, showers et téléphones, chacun ayant sa séquence ou presque... Raccourcisons, allez !: Rubber c'est Duel meets Psycho sous le synthé de Carpenter !*

Magnifiquement photographié (et on ne pourrait mieux dire !), découpé avec la même rigueur que celle mise en place dans Steak (exit les poncifs champs/contre-champs et consorts) Rubber jouit par ailleurs d'un rythme absurdement hypnotique dans sa lenteur et son répétitif, et se pose avec provocation sur la ligne séparant l'expérimental poétique et le potache prétentieux.

Bardé d'images et d'imageries, le second long de Dupieux ne cause pas beaucoup.
Mais lorsqu'il le fait, il devient alors très bavard (personnages s'épanchant, déblatérant, théorisant (le discours "no reason")), jusqu'à l'artificialité la plus parfaite des différents discours cinématographiques (le texte que doit dire la jeune Sheila pour piéger le pneu a, par exemple, tout de l'excessive norme de la stupide et hyperbolique rhétorique pornographique), et pousse là aussi (en plus d'une ahurissante mise en abyme spectatorielle, aussi symbolique que le dispositif d'un Projet Blair Witch !**) l'absurde jusqu'à ses derniers retranchements.

Rien de commun avec le tout venant du cinéma français en somme...
mais sont-ils franchement français les trois meilleurs films hexagonaux de 2010 (tous roadmovesques, tiens ?!): Mammuth, Tournée et Rubber ?
Quentin Dupieux (2010)

NB: QD en mode "si le Cinéma n'est pas mort, le Genre oui", .

*****

* la BO du film, à tout le moins son thème final Tricycle Express rappelle
certains thèmes entêtants et minimalistes de Big John.
Le même Big John qui réalisa Christine, bien sûr !

** résumable en un "n'existe, n'est réel que ce qui est à l'image,
ce qui est vu par le public,
le hors éclairage, le hors champ c'est le néant".

Jour de Terreur

De Tay Garnett, avant même son Postman Ringant Twice (always), je n'ai longtemps connu - adolescent je veux dire, que ses Portraits de Cinéastes que les éditions Hatier devaient publier en 1981, dans la collection Bibliothèque du Cinéma dirigée par Thierry de Navacelle - ce français diplômé de l'UCLA. L'ouvrage était le produit d'entretiens limités aux même 23 questions devant appeler des réponses concises (Eric Leguèbe reprendra ce principe dans ses Confessions, deux tomes (France et USA) persillés de décrédibilisantes coquilles et de préoccupantes contre-vérités) et que la disparition de John Ford avait déclenché: vite, faisons parler les cinéastes avant qu'ils ne disparaissent.
Depuis je sais mieux qui est Tay Garnett et ai à l'esprit les réserves que Tavernier nourrit à son endroit*, parfois, en n'ayant sans doute vu à ce jour, outre le Cause for Alarm ! du jour, que son légendaire Facteur Sonne Toujours Deux Fois (alors que je n'ai toujours pas vu le remake de Rafelson et sa légendaire cuisine).
Film de commande réalisé pour inaugurer un contrat tout neuf avec la MGM (après avoir claqué mystérieusement la porte de la Paramount), Jour de Terreur ressemblait à autre chose dans la tête de son metteur-en-scène. Appréciant le dispositif dramatique il avait cependant imaginé une fin (qu'on lui refusa) et qui devait retourner l'intrigue comme un gant (peut-être une machination de type Diaboliques - qu'on attend d'ailleurs tout le film - ?).
La chose est toutefois assez plaisante en l'état. La panique de Loretta Young est assez communicative reposant-elle sur des réactions inappropriées (le propre de la panique en même temps !) et le tout relève bientôt du nail-bitting le plus parfait.
Nous ne sommes pas loin de certaines petites perles noires et nerveuses, type RKO, mais, loin des environnements habituels du Noir, le contexte pavillonnaire proto-Desperate Housewives relève quant à lui d'un relatif inédit (voire d'une certaine audace) qui pourra dérouter facilement. Jouant de manière générale avec ces mêmes codes du Noir (triangle amoureux, faux coupables, témoins embarrassants), le film joue sa carte jusqu'au bout et prend le risque bluffant de les pervertir, de les dégonfler, de s'en amuser en somme. (Très) humblement produit, et malgré un certain aplomb iconoclaste, ce Jour de Terreur s'avère modeste... sans être anecdotique.
Tay Garnett (1951)
* ce qui l'empêche pas de réserver une bonne place au réalisateur

Potiche


Miraculeux dépoussiérage d'une boulevarderie Maillanesque (toute en force et chiche en nuances) occasionnant ici (si on veut bien l'y voir) l'inédit croisement du Laurent Cantet des Ressources Humaines et le Claude Zidi de La Zizanie (impression appuyée par la toute vladimircosmaesque BO de Philippe Rombi) autant qu'un férocement drôle (quoiqu'fatalement simpliste) instantané des enjeux ouvriers/patronat de la France de ces 30 dernières années (teinté de féminisme ségolènien ?).
id., 2010/France - François Ozon.

Messiah of Evil


Il est de ces films dont on ne comprend décidément pas la confidentialité.
Enfin plutôt si: on sait combien un distributeur peut, faute de moyen ou de talent, saboter la carrière d'une oeuvre et, à l'inverse, comment une maison fièrement assise sur ses dollars peut nous vendre à peu près tout et n'importe quoi (il suffit de comparer les box offices du Paprika de Satoshi Kon et de l'Inception de Christopher Nolan pour s'en convaincre encore récemment - le populaire second n'étant guère plus inventif, à bien y regarder et sur un sujet fort proche, que le fabuleux premier !).
La bonne nouvelle, d'égoïste spectateur, de ces scandaleuses situations est bien sûr qu'il nous reste donc, tandis qu'on clame partout le cinéma rédhibitoirement calanché, d'inouïes pépites à découvrir.
Ainsi de Messiah of Evil.
Signé par un couple de scénaristes, Willard Huyck et Gloria Katz, à velléités d'objectifs, ce premier coup d'essai s'inscrit bien sur dans la grande tradition des premiers films contraints (économiquement) à l'allégeance au Genre, voire au Bis. En effet, combien furent-ils (et pas les plus tocs, n'est-ce pas M'sieur Coppola ?) ces réalisateurs en herbe ayant du inaugurer leur carrière en passant par la case "horreur avec trois bouts de ficelle" pour toucher les 20.000 et faire leurs gammes pour des sociétés d'exploitation plus souvent bêtement farouches que miraculeusement avant-gardistes (pour un Roger Corman combien de Golan-Globus ?) ?
Toutefois, malgré les contingences imposés par le courant, le couple s'entend à laisser s'exprimer des influences qui leur sont chères, et potentiellement éloignées d'une simple variation autour de La Nuit des Morts-Vivants (sorti 5 ans plus tôt et dont le légitime écho se fait déjà tenace) que le script originel tente à peine de camoufler.
(...)
Willard Huyck (1973)

...à suivre

NB: de chaleureux remerciements à Artus Editions pour ce défrichage de toute première bourre !

Délire Express

Peut-être Pineapple Express (vous m'épargnerez le stupidissime titre français, voulez-vous ?) n'est-il pas la production la plus plus emblématique (puisque Judd n'en est pas le réalisateur et que son occasion n'est pas le festival de casting que propose Knocked Up, par exemple (où sont passés Jason Segel et Jonah Hill ?)) pour entrer dans la galaxie Apatow. Encore que cela reste à prouver (c'est l'un des titres préférés du spécialiste Emmanuel Burdeau qui consacre un ouvrage au wonderboy post-Farrellyen et à propos duquel la rédaction de Kinok offre un avis frappé au coin du bon sens légendaire de son auteur).
Imaginé à partir d'une scène de True Romance (impossible de ne pas penser au script marirouanesque de Tarantino tout au long du film !), le film offre, au delà de l'action maso (les pugilats sont d'une brutalité toute revigorante et les shotguns impactent de manière assez inédite) sous-tendu par une intrigue un peu sommaire (des junkies bas du front que veulent liquider leurs propres dealers), un bon gros morceau d'hymne à l'amitié entre dudes, une authentique invite au hugging entre buddies... La patte Apatow est là toute entière: underdogs (le level au-dessus de "losers") puérils, situations bigger than life, gags volontiers régressifs et une franche émotion connectant tous les caractères les uns aux autres (il n'y a jamais vraiment de personnages punching balls chez Judd !).
Le tout mené dans un tempo loin d'être hystérique (exception faite de certaines (et trop rares) séquences aussi intenses qu'hilarantes (la fuite dans la bagnole de l'agent de liaison)) et lors d'une durée plutôt inhabituelle dans ce type de production (ici un peu moins de deux heures, mais chez Apatow c'est souvent au-delà !) - euphémisme pour laisser entendre que tout ceci mériterait d'être ramené à une bonne heure trente.
David Gordon Green (2008)