19 janvier 2012

Le Corsaire Rouge / Bandido Caballero

The Crimson Pirate, 1952.
Sur-pirate movie, renvoyant tous les ambitieux en -ski (Polan-, Verbin-) à leur bateau Playmobil, tant la chose s'impose comme un modèle indépassable de fantaisie, de rythme, de charme*, de cartoonerie acrobate et transformiste, ayant indubitablement inspiré les plus soiffards en trépidants dépaysements bigger than life (Gilliam et son Munchhau' en tête !),

par Robert Siodmak.


* et ce en dépit d'un amalgame entre la coquetterie et la classe (sic George Abitbol, l'homme le plus casse du monde).


Bandido, 1956.
C'est avec la plus parfaite outrecuidance que nous nous permettons de reprendre les mots de l'indispensable ouéstèrniste Tepepa que le bougre agença il y a quelques temps sur son blog éponyme pour évoquer cette rareté zapatiste:

Dix ans avant Damiano Damiani, Richard Fleischer nous fait découvrir le Mexique révolutionnaire, avec son armée de gris vêtue qui se fait tailler en pièces, ses péons hurlants qui tombent comme des mouches, les révolutionnaires guerilleros bardés de cartouchières, les automobiles primitives et sa course au trésor, bien qu’ici c’est d’une chasse au dépôt d’armes qu’il s’agit. Le duo entre l’occidental arriviste et le Mexicain révolutionnaire est déjà là aussi, bien que le mexicain joué par Gilbert Roland ne suive pas la pente initiatique vers la révélation sociale que suivront ses successeurs italo-cubains. Robert Mitchum, par contre, avec son flegme et son absence de scrupules, préfigure bien la ribambelle de pingouins polako-finlandais qui déferleront sur le territoire du Mexique Spaghetti dans les années soixante, mais western américain oblige, c’est la femme (Ursulla Thiess) qui lui donnera une leçon d’humanité, et non pas le rustre indigène local. On est tout surpris également de trouver un Mexique verdoyant et varié (le film a bel et bien été tourné au Mexique selon imdb), à mille lieues des cailloux désertiques d’Almeria, mais aussi des gorges épineuses de Peckinpah. La mer au Mexique ? Mais oui, c’est possible. Des marais poisseux ? Mais oui, aussi !
Si le film aura alors un incontestable attrait pour les amateurs de western zapata, il n’en reste pas moins agréable à suivre pour le commun des mortels, avec des moyens, des grenades, du second degré et une lisibilité limitée des intentions du héros. Mitchum est bien, sans flingue et sans chapeau, Gilbert Roland un peu moins convaincant, en révolutionnaire presque intellectuel,
par Richard Fleischer.




Pépites diffusées lors du tout premier volet éfertroisien de la madeleine "genresque" La Dernière Séance de Mitchell et Jourd'hui, dont nous rendrons compte mensuellement, et à trente ans d'écart, à l'égal de toute la programmation cinématographique (ou presque !) de l'année 1982, qui aurait pu alors nourrir notre enclin, "genreux" donc, tout juste naissant l'année qui vit Patrick Battiston enrichir soudainement son stomatologue...

0 commentaires: