05 juin 2011

Retour Gagnant - à 30 ans de là: The French

Petite piqure de rappel à quelques minutes de la Finale RaFed
avec cette ancienne note tennistico-cinéphile:

De vieux messieurs avec des noms de fringues (ou l'inverse ?) - certains même qu'on a mousquetairisés. Des copines, Chris et Virginia, qui papotent et trouvent ceci et cela chic – mais l'argentine n'en peut plus de se faire sortir par la première (l'américaine lui plante ainsi cinq finales l'année précédent ce Roland 81 !). Le vieux (déjà !) Nastase qui fait le con, sans cesse (et déjà !), dans les vestiaires (avec son garde du corps), sur les exhibs mais aussi en plein tournoi, au risque d'agacer ses adversaires (le pauvre Teltscher, persuadé qu'on veut le « bousiller »). Noah, victorieux et héroïque face à Vilas dit son admiration pour Borg (« le martien » comme l'appelle Victor Pecci fraîchement éconduit). Mais aussi la colère spectaculaire (déjà !) de McEnroe (qui tente à maintes reprises de faire interrompre un match pour cause de pluie et de nuit tombante, mais Jacques Dorffman ne cède qu'en extreme limite), l'impassibilité princière de l'écrasant mais digne champion suédois (Björn va remporter là son sixième Roland Garros !) ou l'étrange contrôle d'image (enfin pas dentaire ni capillaire !) d'Ivan Lendl (dont ses collègues disent qu'il « a toujours l'air épuisé »), jeune tchèque plaisantant sur les moyens de s'enfuir de sa patrie communiste mais refusant d'être filmé torse nu !?...
... The French est l'occasion d'une fugace radiographie, d'instants volés mais précieux, de champions-enfants rassemblés pour un grand jeu (l'argent n'est évoqué que discrètement, circulant de la plus honteuse et triviale des manières: une confidence fortuite sur le financement lourd de démonstrations faussement bénévoles avec des petits gosses maniant raquette en bois contre champion suédois, ou encore cette joueuse payée en liquide, presque sous le manteau, à un obscur guichet, façon bookmaker taillé pour être braqué par Sterling Hayden !).
Des champions-enfants oui, car en 81, l'heure est, pour part, au renouvellement des effectifs: Noah, Lendl ont 21 ans, McEnroe 22 et le tennis français a de l'acné qui traîne (Leconte et Tulasne attrapent tout juste 18 ans !).
Certes Vilas, Connors et Nastase rééquilibrent la balance, tout comme Borg et Navratilova (25), mais c'est une gamine de 19 ans (la tchèque Mandlikova) qui dame le pion à la dame (Chris Evert, 27 ans), même si la championne américaine aura raison de la tchèque cette année-là sur tous les autres tournois du Grand Chelem.
Point de voix-off, guère de point de vue (entendons là, de didactisme), le film ne fait pas l'apanage de héros modernes, ni d'événements bigger than life... il offre, comme la pornographie d'alors (si ! si!), un projet à « hauteur d'homme », sans performances trop inhibantes* pour le spectateur ni culte peoplesque trop appuyé (alors que les fans étaient déjà légions et bien mordus), écartant ainsi l'obscénité et le sensationnel tout en montrant ce qu'on cache habituellement: l'ennui, l'attente, l'infantilisation (Borg n'ose pas offrir sa raquette à un ramasseur de balles sans l'autorisation de son coach !!) de ces grands enfants qu'étaient encore (avec ses fayots en survêt' et ses brats en Tachinni!) alors les grands champions.
William Klein (1982)

* y compris en termes d'organisation, d'un amateursime effarant !




1 commentaires:

Tietie007 a dit…

Mc Enroe contre Lendl ...