A l'occasion de la venue exceptionnelle
de Rob et Sheri Moon Zombie
à Panic! Cinema ce soir entre les soirs au Nouveau Latina,
retour (sans filet ni relecture) sur les deux films à l'honneur
lors de cette séance de grands malades:
Si, au lieu de filmer son Tueurs Nés, Oliver Stone s’était attelé à un remake de Massacre à la Tronçonneuse… le résultat n’aurait pas été si loin de ce film-ci. Glauquissime, dégénéré et dérangeant, rock’n’roll et maniéré, voilà un métrage qui en scandaliserait plus d’un tant il manipule l’odieux et le révulsant avec une complaisance opiniâtre et hystérique. Seule distance peut-être, cette forme ambitieuse, clipesque et graphique, qui parfois allège le cauchemar malsain (mais l’amplifie aussi, en d’autres occasions !), car pour le reste la barbarie furieuse bat son plein et on se réjouit vite de n’avoir pas découvert ce film en salle obscure où il eut été rien moins qu' insoutenable. House of 1000 Corpses fait ainsi littéralement passer Jeepers Creepers ou Detour Mortel (et même le Texas Chainsaw’ 2004 pourtant sévère) et bon nombre d’autres épouvantes rednecks et ultra-contemporaines pour des Disney à princesses. Car si le prétexte scénaristique est proprement inexistant (des jeunes gens piégés par une famille de dingos), le visionnage de l’œuvre, est quant à lui salement déroutant…
Au point qu’il place ce film comme l’un des plus éprouvants qu’il m’est été donné de voir… Rien de moins.
Rob Zombie (2002)
Rob Zombie (2002)

Peckinpah, Leone, Hooper et quelques autres fleurons late 60’s-early 70’s mis au service d’une redneckerie azimutée, bien révisés et le gars Rob peut crier son moteur ! au porte-voix. La cavale de sa famille de mass-murderers barges et consanguines (celle-là même du traumatisant House of the 1000 Corpses dont il est la sequel) aux trousses de laquelle un shérif vengeur et illuminé(William Forsythe, huge !) veut faire acte de nettoyage du mal, offre ainsi tous les motifs du cinéma pessimistement libertaire mis en lumière avec un goût immodérément formaliste, à la complaisance gourmandément graphique et référentielle (les repêchés Michael Hills Have Eyes Berryman et Ken Dawn of Dead Foree en attesteront s’il le faut).
Parfait prototype régressif du feel-bad-movie nourri de wilderness et de culture de la violence so US, le titre rompt véritablement avec le ton mis en place par l’oppressant épisode précédent pour verser dans une noire et désespérée fuite en avant, tendance Wild Bunch mâtinée de Bonnie & Clyde (on pense aussi beaucoup au NBK d’Oliver Stone), comme si Vanishing Point avait été un film de Wes Craven. L’effet est toutefois peut-être moins percutant, les ficelles davantage visibles…, l’impact moins immédiat en tout état de cause.
Reste un titre massif et immersif, salingue et déroutant, dérangeant et vicelard, qui s’enrichira vraisemblablement à chaque vision et gagnera avec les ans. La destinée des meilleurs ?
On s’en recause, voulez-vous ?
Rob Zombie (2005)

1 commentaires:
Un film coup de poing, malsain à souhait !
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