21 octobre 2011

Le Professionnel

id., 1981.
Premier des gros succès Bebelesques (ceusses à plus de 5 millions d'entrées, mais ne nous illusionnons pas, le père JP pourtant roi des 70s-80s, ne placera jamais (malgré l'impériale impression) aucun titre parmi les vrais best sellers que sont les de Funès, les Disney ou certains Pierre Richard (La Chèvre distancera d'ailleurs ce Professionnel de près de 2 millions d'entrées !*). Les cartons du totocbadaboum sont seulement annuels (toujours placé dans les 12 premiers films de la saison) ou ponctuels (le présent film jouit du meilleur « démarrage », écrasant ainsi L'Aile ou la Cuisse)) et troisième collabo avec Lautner et Audiard, Le Professionnel rompt le ton des précédentes aventures (Guignolo et Flic ou Voyou), se durcit autant qu'il se noircit.

Charge contre la fort discutable souplesse et opacité étatique à l'égard des dictatures qu'on condamne solennellement à midi et dont on peut finalement tirer parti au goûter, le débat est vite ramené à hauteur d'homme (et quel homme ce Joss Beaumont !) et à micro-duels souvent décevants (la mise en place du salopard de Rozen est sacrifiée hâtivement, après une série de cascades aussi peu réalistes qu'authentiquement stupidement forcées, par une passe d'armes au parodique malvenu (Leone bien sûr) pour reprendre in fine, et de manière bien trop démonstrative, les rênes du gros sujet politique, cette production menée dans une sérénité discutable (Audiard, qui ne se foule pas bien et se laisse même aller à quelques vannes au racisme larvé assez pénible** (si on passera, avec force soupirs, sur les négros à répétition, l'estocade est donnée lorsque le président africain essaye de rouler Bebel qui, le coinçant, lui lâche un définitif: même malin comme un singe ça veut plus rien dire !) est en outre peu satisfait du réaménagement qu'on fait du scénario qu'il a tiré du Mort d’une bête à la peau fragile de l'anglais Patrick Alexander (il est contre (en vain !) la minute finale qu'on (Lautner et JP surtout !) oppose à la sienne) et menace de se faire retirer de l'affiche) souffre de mille maux dont la musique n'est pas le moindre. Lautner avait demandé une BO à Morricone sur la base de celle qu'il avait pondu en 71 pour le film Maddalena (Jerzy Kawalerowicz) avec laquelle il réalise son premier montage. Mais toutes les propositions faites à Georges par l'Ennio seront repoussées au point que Lautner se décide à conserver carrément le thème de Maddalena, Chi Mai, dans son propre film. La scie à staccato sera dés lors employée n'importe comment et sans arrêt (au mépris de la moindre ambiance d'ailleurs), Bebel ne pouvant faire trois pas sans que l'orchestre ne se lance dans son horripilante rengaine.
Il sera en revanche pour le moins troublant de distinguer quelques minutes (le prologue africain « torturant » mais aussi une saillie poussive de l'instructeur Picard en pur proto-Colonel Trautman) préfigurant spectaculairement le Rambo de Kotcheff à venir un an plus tard (mais le roman de David Morrell date lui de 72 !) et le soin tout latin-giallesque accordé à la plupart des scènes d'intérieur.
Pour le reste, entre terrain balisé (le casting bebelesque en diable, avec les indéboulonnables Michel Beaune et Pierre Vernier et les têtes à baffes (d'ailleurs baffées) de service (BP Donnadieu), les répliques de gros malin roublard cousues main) et mauvaise humeur un tantinet réac (Deray semble plus doué à gérer ces ambiances), peu à se mettre sous la dent de vraiment savoureux.,
par George Lautner.

* tout en faisant tout d'même plus du double du Dedel de l'année, Pour la Peau d'un Flic.

** elles seraient, « à la décharge » du dialoguiste, pour la plupart présent dans le roman originel...

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Plus lisible, plus précis, moins concis.

Mariaque is back ?


Krapu

Mariaque a dit…

Rien n'est moins sûr: Mariaque se cherche, surtout.
L'épaisseur des notes à venir sera encore un temps aléatoire, ainsi que leur élection éditoriale.
Globalement on verra plus clair en 2012 et peut-être quelques éclairées collaborations seront suggérées, seront soumises à quelques plumes autoritairement triées sur le volet.

Tepepa a dit…

Bon ben d'accord, mais comparé au détestable Marginal, c'est un chef d'oeuvre, hein...