07 novembre 2011

Robocop

id., 1987.
De Verho on retiendra volontiers le sarcasme, la noirceur de la satire qui innerva longtemps son cinéma. En régulier symbole de ce mauvais esprit on retrouve d'ailleurs ici l'agressif et envahissant motif publicitaro-télévisuel de médias omniprésents dans des régimes guère démocratiques (cartels, consortiums et consorts) et à l'entreprenariat largement fascisant*, traitant de drames humains avec le plus parfait désintéressement, comme une simple info de plus.
On n'oblitèrera pas plus, au sein de la manière, la brutalité graphique qui vaudra au réal' son surnom si peu galvaudé d'Hollandais Violent.

Concentré d'action, brûlot à l'efficacité redoutable, la redécouverte de cette première contribution américaine que constitue Robocop pour le récent exilé ajoutera à la touch de Paulo le fréquent simplisme et le régulier univoque de son dispositif, tendant fatalement vers un complaisant volontiers gourmand.
Focussé ici à livrer un nouvel héros, à brosser du mythe (et à fustiger bravachement la corruption et le fascisme latent de la société décrite (promise ?)), le script accuse bien des faiblesses dans ses ramifications dramatiques (mais aussi, un comble !, politiques) et plombe, à trop vouloir mener son spectateur par le bout du nez frémissant, un tantinet l'ambition globale. Des scories qu'on connaît bien (et passe aisément) dans le cinéma bis ou d'exploitation, mais qui surprennent davantage ici.
Ainsi si chez un autre goguenard aussi prénommé Paul (Bartel**), ces défauts font charme, on grince un peu plus des dents à voir les manques du Z perdurer avec budget de A (enfin... de A-),

par Paul Verhoeven.

*****

* vu ici et revu dès Total Recall puis Starship Troopers,
quasi architecturalement, comme écho au quotidien du moindre spectateur.

** comment ne pas penser à la vacharde Course à la Mort de l'an 2000 ?

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