12 décembre 2011

Honkytonk Man

id., 1983.
Film-charnière, indiscutablement, dans l'oeuvre clintienne, en ce qu'il annonce la manière, les sujets et les moods futurs (ceux à venir 10 ans plus tard), cette allégeance à la country-culture avance telle un western fatigué, un road-movie sans cesse contrarié, et propose un écho harmonique à la transhumance des Raisins de la Colère. La Terre Promise n'est plus la Californie riche en oranges mais la scène du Grand Ole Opry, Graal de tous les gratteurs (la six cordes remplace le six coups ?) qu'est ce show radiophonique de Nashville*.
Drôle et mélancolique, le voyage** offre ainsi la tranche américaine qu'on en attend et nourrit l'initiatique qu'on devine (jusqu'à l'extra-diégétique: le môme est joué par le fils même d'Eastwood)...
et si les surprises ne vont pas bon train et que l'affaire s'avère assez entendue, c'est une entente savoureuse, au communicatif rassérénant: le trip n'est pas halluciné mais l'Amérique qu'on y trouve, c'est l'Amérique que l'on vient y chercher !,
par Clint Eastwood.
*****
* voir ici le récurrent de la fixette !
** "sur-américaine" l'itinérant est alors aussi la forme canonique eastwoodienne.

1 commentaires:

Sonic Eric a dit…

Une étoile de plus pour la photographie de Bruce Surtees et pour la scène, délicieusement transgressive, où Red emmène Whit au claque.
Mon Eastwood préféré avec Breezy.