19 décembre 2011

Jennifer's Body

id., 2009.
Le problème, en regard des envahissants modèles (Carrie en premier lieu) qui en étaient affranchis, c'est que Jennifer's Body avance vampirisé (c'est un comble !) par son actrice: pas de personnage qui puisse exister vraiment lorsque c'est Megan Fox qu'on nous vend, qui est vendue, et que seule on voit à l'écran. Le corps de Jennifer, pour promis qu'il est, n'existe pas. Seul celui de Megan apparaît.
Ceci posé s'en pose un second, de problème, comme un élargissement du premier à bien y regarder, qui est le cosmétique de l'affaire. Jennifer's Body n'est que cosmétique, les mêmes dont l'héroïne use pour masquer sa "triste face" lorsqu'elle est "vide". Le film de vampire et le teen movie sont-il donc si "vides" eux aussi qu'il faille tant les maquiller (comme des voitures volées ici) et nous faire croire à une fraîcheur intacte afin de livrer un reboot pour jeunes générations emophiles ?
Nous n'entrerons pas dans le débat mais il pose tout de même, par ricochet, le problème de la parfaite inutilité, le patent superfétatoire d'un film tel Jennifer's Body. Pas particulièrement mal fichu (quoiqu'il survole ses enjeux, néglige son univers et ne campe pas grand chose de bien solide) mais aussi coincé de la raie que ses illustres prédécesseurs malgré ses grands airs et ses vannes hannamontanacides, le film n'est pas plus borderline qu'une pub pour Agent Provocateur. Et s'il clindoeille certains anciens (Evil Dead*), il ignore avec morgue ceux dont il se nourrit directement et dont il n'offre qu'un vain écho... sous l'make up donc,
par Karyn Kusama.
*****
* fan avérée, la scénariste hype'n'riott Diablo Cody,
bosse sur son (inutile) remake !

4 commentaires:

Sonic Eric a dit…

En très grande forme, le Mariaque !

Olivier LOËB a dit…

Je ne trouve pas gênant que Megan Fox [...]

En revanche, que ce film est ennuyeux.

Dr. Strangelove a dit…

Seule Amanda Seyfried avait trouvé grâce à mes yeux, et le choix de Violet de Hole comme musique cloturant ce film toc.

Pas grand chose à sauver au final en fait, hein ?

Mariaque a dit…

"Violet" est plus qu'un "choix", c'est l'inspiration première du scénario, d'après ce qu'en dit Diablo C.

Par contre, loin de moi l'idée de fusiller à vue.
Le film ne mérite sans doute pas les gémonies où il a été voué ici et là, mais pas davantage le débat que j'amorce non plus, à tout prendre.
Les volées de bois vert, la hype geek ou les débats d'arrière garde qu'il a suscité (jusque chez nous) sont à mon sens parfaitement disproportionnés avec l'ampleur réelle de l'objet...