
Arrive un moment où le recours à "l'univers", la convocation de "la petite musique" d'un auteur "marqué" lasse enfin.
La familiarité a du bon ? Des limites aussi, en ce qu'elle ne ménage guère plus de surprises et ne promet - au mieux - que des coups de coudes entendus entre gens de bon goût qui se gargarisent de se sentir "de la famille" !
Kaurismäki est de ces réalisateurs. (Re-)Connu sur le tard (peu d'auditeurs de France Inter à avoir expérimenté son oeuvre anté-Vie de Bohême), le cinéaste poète et bougon a aujourd'hui, légitimement, une claque de fidèles un peu grégaires et auto-satisfaits (les mêmes que pour Allen, Almodovar ou Guédiguian (?) ajoutés à ceux qui, ne connaissant pourtant que couic au cinoche classique (qui ça Ophüls ? Ford, c'est pas une bagnole plutôt ? l'expressio-quoi ? allemand, en plus !) se précipitent en troupeaux bêlants sur les buzz iraniens orchestrés par des rédactions bien pensantes et vous expliquent ensuite la vie et le cinéma).
En plus d'être lassé, on peut alors même s'agacer.
D'autant qu'évidemment, Le Havre est le titre sans doute, de l'Aki, le plus facile, le plus digest (et le plus Kidien ?). Toutefois, malgré l'évidence de cette assertion, le ronronnant de la manière de Wilms, la laideur de l'affiche, le sursocial de l'argument (ne le prendre que comme un mécanisme narratif rend le film, qui d'ailleurs travaille bien plus sa forme que son fond et choisit la fable plutôt que le pamphlet, plus agréable) et quelques autres scories indéniables, comment ne pas se réjouir de la renversante cinégénie de la ville refigurée par Auguste Perret (vue cette même année 2011 et dans une tonalité proche, réinvestie par Abel et Gordon dans La Fée*), du charisme remarquable de JP Daroussin quittant là un port pour un autre, de l'humanité qui transpire de Little Bob et des autres gueules de rades ?
En arguant l'artificialité de tout ça, la bédéphilie affadissante de l'affaire ? Certes oui**, mais ici, on aura, benoîts et béats, tout de même acheté*** !,
* ce qui est toujours mieux que dans Disco !
** et de bien convaincants s'en sont chargés, n'est-ce pas , M'sieur Ed ?
*** et y'a pas qu'nous, hein l'Orlof ?
NB: un DVD Pyramide Vidéo à sortir ce jour.
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Le Havre, 2011 - Aki Kaurismäki canonné par Mariaque.
3 commentaires:
Nous sommes totalement d'accord cher Mariaque et je suis bien heureux que tu soulignes la dimension fable qui permet justement au film de ne pas s'enliser dans un vague pensum sociologique bien-pensant à la mode.
Pas de types bien défini ici mais des individus, des trognes et beaucoup d'humanité...
NB: notre ami et collègue Franck joue mystérieusement, trenchcoatement même, dans cet Aki... le repérerez-vous ?
J'avais bien cru deviner un tueur à gages de ma connaissance... Reste à savoir si cette corporation peut bénéficier du régime intermittent...
Krapulax
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