
Diamonds Are Forever, 1971.
Délicat épisode (007#06) des aventures de l'agent de l'Intelligence Service puisque, au lendemain du bide Au Service Secret de Sa Majesté (pour lequel George Lazenby avait remplacé Sean Connery), il s'agit de se refaire et, pour ce faire, de convaincre l'acteur écossais de rempiler.
Les dollars nécessaires, un intéressement sur les recettes et la possibilité de faire financer deux projets qui le séduiraient finissent de faire baisser la garde au futur Zardoz (et éviter ainsi de se cogner un tiédasse John Gavin pour passer le tuxedo, puisque Burt Reynolds -pourtant préféré - n'est pas disponible*).
Délicate car articulaire - y compris pour Guy Hamilton qui revient six ans après avoir réalisé (le majeur) Goldfinger (et qui assurera encore les premiers opus mooresques) -, la production en sa matière même semble d'ailleurs symboliser la transition en cours tant elle relève de deux films distincts (maladroitement) accolés l'un à l'autre.
Le premier (le meilleur), économe et nerveux, doucettement misogyne, a ainsi tout du film noir un rien nébuleux dans les motivations de ses protagonistes (le gang des tueurs de Slumber mais plus encore le couple sadique formé par MM. Wint et Kidd semblent tout droits sortis d'un volume de Raymond Chandler !**) et se voit ainsi (tristement) abandonné à l'heure de métrage pour verser dans la mégalomanie vegaso-techno-nuclearo-spatiale*** de ce que sera la franchise pour la grosse décennie à venir... Sean leaves again (malgré le pognon), nous aussi. Sauf que nous, pas sous contrat et malgré deux chouettes séquences claustrophobiques (l'une dans un cercueil en passe d'être incinéré, l'autre dans un pipe-line), c'est en plein milieu du film.
par Guy Hamilton.
*****
** les seconds n'inspireront-ils pas les Klump et Schlubb de Frank Miller dans Sin City ?
*** soutenue par les remarquables décors de Ken Adam.
3 commentaires:
au lendemain du bide Au Service Secret de Sa Majesté
Mais ce film contrairement à la légende (sic) ne fut pas un bide commercial! Au contraire!
Mieux, Lazenby n'a pas été viré mais est parti de son propre chef croyant que la franchise n'aurait aucun avenir lors de la prochaine décennie... en regardant la filmo de l'australien, il a dû bouffé son chapeau plus d'une fois par la suite ^^
"Bide" n'est peut-être pas le terme exact en regard du box office "général"...
mais Au Service Secret devait tout de même faire moitié moins de recettes qu'Opération Tonnerre (son prédécesseur) et que les présents Diamants (son successeur) !
En regard du box office habituel de la licence le Lazenby ne fut pas une réussite financière, non.
Mais il est incomparablement meilleur !
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