05 décembre 2011

Ton Vice est une Chambre Close dont Moi Seul ai la Clé

Il Tuo Vizio è una Stanza Chiusa e Solo io ne Ho la Chiave, 1972.
Au risque de scandaliser les gardiens enamourés du temple giallesque, sans doute tenons-nous là, avec Ton Vice est une Chambre Close... le moins bon des Fenecho-Rassimoviens titres de Sergio Martino (notre préférence à ses autres Vices, colorés ou étranges).
La faute sans doute à une inutile allégeance Poesque (encombrante (et peu honorable: pardonne-leur Edgar Allan !) trame du Chat Noir qui parasite tonalités et enjeux habituels du genre).

Pour le reste, l'amateur de saphisme à soupirs, d'aréoles dévoilées dans un gémissement post-synchronisé et de gorges tranchées avec la sauvagerie pop - qui s'impose pour qui possède rasoir effilé et gants cirés - ne sera pas trop décontenancé, pas plus que le familier des tiroirs sans fins, des twists à perruques et des roulements d'yeux hagards lorsque l'horrible et impensable vérité se fait jour... l'esthète toutefois, aussi désinvolte puisse-t-il être (de saligaud), regrettera possiblement le trop peu de baroque et le chiche en séquences virtuosément troussées (belle séquence "finale" à moto toutefois) qui complètent habituellement le complaisamment graphique genre,
par Sergio Martino.
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3 commentaires:

Vincent a dit…

Les grands esprits se rencontrent, j'ai découvert ce titre ce week-end dernier.
Sans être scandalisé (bien que vous n'ayez pas mentionné combien Edwige est une nouvelle fois superbe avec sa coupe courte), je ne partage pas votre opinion quoique d'accord avec vos remarques. Ce film est nettement moins "giallo" que les autres mais c'est cela, le côté huis clos psychologique et tordu, qui m'a plu, de même que l'atmosphère "poesque" (je consens à trouver les gros plans répétitifs sur le chat u peu pénibles).
je trouve aussi intéressante l'inversion de personnages entre Edwige et la belle Anita, la seconde étant proche de Mme Wardh alors que la première fait preuve d'une belle assurance.
ET Pistilli est bien aussi, plus solide que Hilton.

Mariaque a dit…

Je n'ai jamais douté de ces adages pouvant nous caresser dans le sens du poil, cher confrère.
Quant à vos points de ruptures avec ma propre ordonnance, je les entends tout aussi bien que vous les miens (quel affable corporatisme, dites !).

J'agrée ainsi Pistilli, quoique sa nature soit différente (moins lisse) qu'Hilton et en facilite l'emploi (ce qui ne minimise pas son talent).

Le huis clos psychologique en revanche me semble quant à lui artificiellement aéré par des séquences externes (la compétition d'enduro) ou des ramifications un peu tocs pour égarer un brin le spectateur (ceci fait toutefois dans la plus pure -et donc fumeuse- façon giallesque).

L'encombrant du Poe-isme réside enfin pour moi dans le peu de confiance que lui concède le film, qui n'en retient que ce qu'il veut, quand ça l'arrange (le générique annonce et souligne la "liberté" de l'adaptation cela dit). Le paradoxe étant que, comme du Stoker ailleurs, j'en ai depuis longtemps "soupé", du Poe à l'écran (latinisé ou pas).

De manière globale c'est formellement surtout que je n'y ai pas trouvé l'habituel compte, pour être tout à fait honnête (ce qui n'est pas mon fort ni l'attente de mes lecteurs), dans la frivolité et la virtuosité de la caméra.
Ceci me manquant compliqua dés lors mon rapport au film.

J'espère que votre diagnostic, complétant le mien, et faisant donc varier les dosages lors des prises, permettra au cinéphile de s'en sortir au plus vite.

Vincent a dit…

Dans le registre affable, je vous concède volontiers la séquence "cross" et le motard qui va avec, nettement en deça du trio vedette. Et la scène des hippies gospelisants par dessus-le marché.
Pour le reste, mon diagnostic est en cours, à paraître sous peu là ou vous savez.
Dans la foulée, j'ai aussi vu "Perchè quelle strane gocce di sangue sul corpo di Jennifer".