
L'Inisfreeien Vincent Jourdan sait reconnaître un sommet de charme et de subtilité lorsqu'il en voit un. Le bougre se débrouille d'ailleurs pour en dénicher souvent - nous n'avons pas, pour notre part, une main aussi heureuse. Pourtant, en découvrant Ariane, nous nous sommes dit que tout n'était pas perdu. En attendant de pérenniser la martingale, écoutons l'avis mélodieux de l'érudit susnommé, puisque nous le partageons sans bémol:
De l'amour entre une très jeune femme et un homme d'âge mûr, le cinéma européen fait volontiers un drame :
Tristana (1970) de Luis Bunuel,
Noces Blanches (1989) de Jean-Claude Brisseau,
La Peau Douce (1964) de François Truffaut. Le cinéma américain pencherait plutôt pour la comédie et a constitué quelques couples mythiques sur la base d'une différence d'âge conséquente : Lauren Bacall et Humphrey Bogart ou Angie Dickinson et John Wayne. Au coeur des années 50, entre maccarthysme et regain ultime de la censure du code Hays, apparaît la fine silhouette et le visage angélique d'Audrey Hepburn qui aura comme partenaires quelques acteurs qui étaient déjà des stars quand elle portait encore des couches. Le rude Bogart dans
Sabrina de Billy Wilder en 1954, l'aérien Fred Astaire dans
Funny Face de Stanley Donen en 1957 et, la même année, le viril Gary Cooper dans
Love in the Afternoon, «
Ariane », toujours de Wilder et qui nous occupe ici. (...)
La suite de la prose de Vincent,