29 mai 2011

On l'Appelle Trinita

Sur un script qui, dit-on, traînait dés les premières heures du spagh dans la poche de son auteur, le canevas canonique de ce que sera la forme immuable des collaborations fayoto-pugilistes du duo Spencer/Hill. Détournant la trame originelle (et Yojimbo-like) d'...Une Poignée de Dollars* et se démarquant de la violence sadique des grands modèles sergioesques (Leone, Corbucci**, Sollima) au profit de "bagarres" cartoonesques, la recette use (et abuse) aussi, en même temps qu'elle semble roublardement cracher dans le minestrone, des ficelles contrastées du buddy movie opposant/rassemblant au gré des situations un tandem paresseusement complémentaire.
Leone fut un temps abasourdi par la laideur, la lourdeur et la bêtise de la chose, pour l'assimiler finalement dans le script de Mon Nom est Personne ? Le public sera moins regardant, plus prompt et plus endurant pour s'avaler les faiblement "digérables" platées qui suivront ce premier opus, pourtant déjà exagérément long et bigrement répétitif,
par E.B.Clucher (aka Enzo Barboni).

* Défendre sans altruisme des opprimés
dans l'optique d'un bénéfice tout personnel
est ce qui reste de l'argument historique.

** pour qui Barboni fera le chef op'

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28 mai 2011

Panic sur Florida Beach

Matinee, 1993.
Acmé (méconnue) de l'allégeance cinéphile (légendaire) d'un réal biberonné à la SF 50's, au travers de la nostalgique (?) évocation (à peine déguisée) d'une sorte de William Castle (et ses gimmicks), mais surtout d'un authentique morceau d'époque (la flippe atomique US à l'heure des missiles de Cuba), ayant tout de la madeleine proustienne, anar et antimilitariste, pour tout fan avisé de Bert I.Gordon et Fred F. Sears,
par Joe Dante.

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NB1: projection exceptionnelle de cette rareté en copie numérique au Nouveau Latina (Paris IV), ce samedi à minuit, à l'occasion des saturdayseries Panic ! Cinéma - La séance des salles Bobines.

NB2: sortie DVD et Blu-Ray chez les bénis Carlotta le 1er juin.

27 mai 2011

Un Cosmonaute chez le Roi Arthur

Unidentified Flyng Oddball, 1979.
Deux ans après Peter & Elliott le Dragon, l'occasion de retrouver cette canaille proto-Ferrelienne que fut un temps Jim Dale, cabotineur de première insufflant une énergie miraculeuse dans les productions les plus lourdes (le cas donc dans ces Disney poussifs, terribles offenses marktwainiennes). Voilà pour le crédit fait au film.
Le débit serait une liste sans fin, que la nostalgie n'allègera pas même (ni la patine des ans) tant tout est laborieux, des jokes aux effets (difficile de se dire que ces séquences spatiales aient été tournées plus de dix ans après 2001 !), et éculé déjà (le thème de la friction des époques via space travel n'avait-il pas déjà connu son acmé et son chant du cygne avec La Planète des Singes ?).
Archaïque et anachronique, donc, ringard et pénible le plus souvent... que le cinéphile se contente d'apprécier l'affiche, seule chose plaisante dans l'entreprise,
par Russ Mayberry.
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Excalibur

id., 1981.
Poussive* culterie arthuro-tolkiennique à l'ésotérisme balourd, à la plastique horriblement vieillie, au symbolique laborieusement démonstratif et flanqué encore d'un baroque plus rococo qu'authentiquement épique, rappelant ainsi aux étourdis que son auteur - ailleurs visionnaire comme le veut la docte côte - s'il put signer de sèches et solides affaires telles Le Point de Non Retour ou Delivrance, apposa son nom aussi à de plus croquignolettes - et peu "retenues" - entreprises telles L'Exorciste 2 ou... le slibardesque Zardoz,
par John Boorman.

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* et anachronique ? A quoi bon en effet traiter l'affaire "ainsi" après le Sacré Graal des Monty Python ?

24 mai 2011

Pour Toi J'ai Tué

Criss Cross, 1949.
Noir d'école (à mi-chemin du film de gansstères quand même !) par un des papes du genre, à l'ambiance ambiguë et à la plastique folle (la lumière du bar ! l'assaut du fourgon !), mais que plombent un brin une Yvonne DeCarlo peu concluante (la garce, même dans un mambo enflammé, nous laisse de marbre !) et une manière longtemps par trop littéraire et pesamment narrative (le gros flash-back central, regrettable fossoyeur de rythme), que le réalisateur avait pourtant su transcender précédemment (avec une virtuosité toute poupéerussesque) dans un schéma pas si éloigné (Les Tueurs, trois ans plus tôt),

par Robert Siodmak.

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23 mai 2011

Electra Glide in Blue

id., 1973.
Avec ses allures cheap de Chips farouchement anti-Easy Rider, ses fétichismes divers (Death Valley, stetsons, Harley's bikers) et son homo-érotisme un peu lazy-beauf, EGiB ne se laisse pas facilement deviner; c'est pourtant une culterie pur jus, entre Don Siegel, Monte Hellman, les John Hough à calandres, authentique encouragement Coenesque (jusque dans son filmage, d'une rare précision, d'une intelligence de tous les plans), et ce de Blood Simple à No Country…, en plus d'une claque, une intense piqure de rappel en la foi cinéphile,

par James William Guercio.

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21 mai 2011

The American

id., 2010.
Melvillien bien sûr, à peine plus qu'Antonionesque (c'est vous dire l'opaque du faux rythme et le taiseux sensuel de l'affaire), mais aussi l'occasion de se redire avec une pointe de rancoeur, puisqu'on se tient, dés lors, en terrain Delonesque (le ténébreux dénominateur), que si les textes de Manchette avaient été plus souvent adaptés par tout autre que l'Alain, on aurait peut-être eu davantage droit à des films de l'élégante trempe de cette (énigmatique) sorte de Position du Nespresseur Couché,
par Anton Corbjin.

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20 mai 2011

Fondu au Noir

Fade to Black, 1980.
Psycho-killer cinéphile du plus bel effet (sans le discours méta- des Scream Craveniens, le titre pointe toutefois le morbide de la culture glamoro-hollywoodienne), taillé pour le culte (que sa rareté entretient fort bien*) et solidement mis en forme, que cette comète par nous découverte grâce à Goffette il y a des années de cela et qui supporte fort bien le temps et ses outrages (ce qui n'est pas vrai des (conceptuels) Frénétiques par exemple, autre objet léthal immergé dans le culte vedétarriesque,
par Vernon Zimmerman.

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* rareté miraculeusement "contournable" ici !



NB: par essence même la production cite ouvertement, extraits à l'appui, Le Carrefour de la Mort, L'Enfer est à Lui, La Nuit des Morts-Vivants ou L'Etrange Créature du Lac Noir...

Stardust Memories

id., 1980
Délicieuse et surréaliste introspection autobio-huitédemiesque, drôlissime et désenchantée, sexy et émouvante, absurde et caustique, fitzgeraldienne et métaphysique, qui enterre d'une certaine façon - avec une grâce autant qu'une intelligence infinies et une plastique terriblement indie* - la manière "confortable" 70's du réalisateur tout en amorçant la veine "showbiz-analytic" d'un des courants de son œuvre future (filon poursuivi par Broadway Danny Rose puis quelques titres late-90's, à la déconstruction affichée) ,

par Woody Allen.

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* autant que chez Fellini, on se croirait, par instants, dans le chef-d’œuvre de Herk Harvey, Carnival of Souls !

19 mai 2011

Kaboom

id., 2010.
Quelque part entre John Waters réalisant un scénario de David Lynch pour campus movie et une version de Southland Tales qu'auraient préalablement script-doctoré Daniel Clowes et (le jeune) Brett Easton Ellis, un film qui renoue avec les anciennes et hédonisto-mutantes manières (Doom Generation, Nowhere) tout en s'entichant d'une ambition nouvelle, parfois maladroite, souvent généreuse et, finalement, malgré la distance maintenue par la mise en forme par trop léchée*, "assez" attachante,

par Gregg Araki.

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* une manière qui, si elle sut me séduire autrefois, n'est plus exactement en phase avec mes enclins plastiques de vieux con.

17 mai 2011

Le Dernier Jour de la Colère

I Giorni dell'Ira, 1967.
Noire, pessimiste et masochiste partition spagh', interrogeant déjà la légende (le fil rouge du colt de Doc Holliday) comme le futur Mon Nom Est Personne (mais sans la mélancolie d'icelui), n'offrant décidément que peu d'air à une trame amère et désenchantée (et débarrassée de toute tentation gothique ou comique !) et somme toute aussi peu all'italia qu'il est possible (du Fordisme crépusculaire ?) en faisant pourtant collaborer les deux carbonaresques maîtres-colts que furent Lee et Giuliano,

par Tonino Valerii.

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14 mai 2011

Somewhere

id., 2010.
Incompréhensible point de rupture entre une réalisatrice et (une partie de) sa cour, tandis que tout, dans son univers, demeure égal et cohérent (plastiquement, thématiquement, atmosphériquement, emotionnellement, autobiographiquement,…), à l'occasion de cette (bouleversante) micro-symphonie (wendersienne ?) des gestes et des regards (y compris entravés par du latex), des lieux, des cadres, des non-dits, des errances ouatées et des actes manqués (endormissements, renoncements, échecs, pannes, etc.), aussi mélancolique que douce-amèrement drôle (l'incongruité de l'artificiel des paillettes et des voluptés, sur le juste et ténu fil de la caricature), fouaillant subtilement la solitude en tour d'ivoire, et interrogeant tristement l'infantilisme de gens ne faisant que jouer (à l'acteur, aux voitures, aux cartes, aux consoles de jeux,… avec la vie des autres ?),

par Sofia Coppola.

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NB: Dans un mood approchant, lire (une fois de plus), l'incontournable Edisdead.

12 mai 2011

Police Montée

Northwest Hounded Police, 1946.
A la juste veille de "faible" micro-série* George et Junior, une nouvelle variation, ahurissante, autour de la hunt du loup hystérique par le chien placidissime, repoussant les limites du métafilmique aux confins du délire (le loup quitte le film, pour aller le voir dans un cinéma et ainsi mieux réagir aux rebondissements !**), ... chef-d'oeuvresque !,
par Tex Avery.

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* quatre épisodes en deux ans.
** gag repris pratiquement à l'identique (version VHS) par Mel Brooks dans La Folle Histoire de l'Espace.

09 mai 2011

Je Suis une Légende

The Last Man on Earth, 1964.
Drame de la solitude en milieu hostile, ou comment un film que personne ne veut (la Hammer le refile aux amerloques et Matheson renie presque son script parce qu'il ne peut pas piffer Price) préfigure rien moins que La Nuit des Morts-Vivants de Romero et tourne définitivement la page des paranoïeries SF 50's: le monstre n'est pas l'Autre ni ne vient d'ailleurs, il est en nous, il est nous: nous sommes tous de monstrueuses légendes !,

par Ubaldo Ragona & Sidney Salkow.

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Impressions et avis diablement plus détaillés sur KINOK !

08 mai 2011

Rock, Rock, Rock!

id., 1956.
Fade, sans grand point de vue ni honorable audace (exceptée celle d'offrir de la musique noire au cinéma), une affaire purement opportuniste de producteur (le roué Milton Subotsky) voulant capitaliser sur une mode naissante et soutirer le moindre pennie de l'argent de poche des kids, et qui se solde par une mollasserie pas même assez kitsch ni jamais suffisamment "documentaire" (et ce nonobstant la présence d'Alan Freed quelques mois avant l'affaire des payolas),... et ni, what a shame !, brillamment rock'n'roll,
par Will Price.

07 mai 2011

Un Look d'Enfer

Don't Tell Her It's Me, 1990.
Méconnue, tardive - sinon anachronique et positivement retardataire - comédie romantique 80's, type Mannequin "en moins drôle" ou Electric Dreams en moins "fantastique" (mais mâtiné aussi d'A la Poursuite du Diamant Vert, au sujet harlequinesque pas si éloigné !), tenant davantage "debout" par le tandem Long-Guttenberg (le second resservant plus ou moins toutefois sa "performance" hells-angelesque de Police Academy 2, la moustache en moins !) que par son alibi hâtif, caricatural, éculé... et moralement suspect,

par Malcolm Mowbray.

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06 mai 2011

La Fureur du Juste

The Octagon, 1980.
LA petite merveille de Chouque période moustache (78-82) et de Lee Van Cleef anneaux au lobe (un an avant NY97). L'un envahi par la voix de sa sage conscience, l'autre cabotinant, la bouche pleine de sentences définitives ("Je t'arrête tout de suite. J'ai une assez bonne connaissance de l'Histoire… et si tu as vu des ninjas, tu vois des fantômes".),... les deux occasionnant de très larges éclats de rire. Derrière ce sympathique vernis, un ridicule (et confus) complot politico-pugiliste (filmé comme un épisode de Starsky & Hutch), savoureux jusque dans sa dualité jedi-esque (on baigne en plein côté obscur !) et ses fulgurances philosophico-touristiques ("Hawaï, c'est surtout le matin qu'il faut le voir"),

par Eric Karson.

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05 mai 2011

The Constant Gardener

id., 2005.
Prototype même de la production dont le sujet, les performances d'acteurs (bigrement saluées pourtant), les articulations (et rebondissements), le ton, les enjeux, le mood, la forme,... n'offrent rien, jamais, pour nous séduire ni même nous faire, d'intérêt, lever un coin de sourcil,... nous laissant dés lors aussi insensiblement interdit que circonspectement étranger (c'est du cinéma, ça ?),
par Fernando Meirelles.

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Lenny S'Ennuie

Lonesome Lenny, 1946.
Dernier tour de piste pour le screwy squirrel (voir la fin du cartoon pour s'en convaincre !) que cette variation masochiste de Steinbeck soutenue par un feu d'artifice ininterrompu de gags tous plus cruels les uns que les autres, et à l'absurde toujours aussi certifié (dont quelques autocitations (gantées ?) d'ailleurs),
par Tex Avery.

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04 mai 2011

Blindness

id., 2008.
Fable Innarito-Romerienne (sur les airs croisés d'au royaume des aveugles les rouquemoutes sont reines et de le bigleux est un loup pour le bigleux ?) bien plus bavarde et démonstrative que nécessaire (ce que savent escamoter pourtant les modèles précités !), ivre de son concept poussif et drapé dans son stérile discours, sans jamais renoncer non plus (malgré un dernier quart nettement plus efficace et impactant mais pas moins symboliquement lourd) aux plus cinématographiques complaisances qui soient (ah ! les odieuses ressources dramatiques du concentrationnaire !),
par Fernando Meirelles.

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03 mai 2011

La Cité de Dieu

Cidade de Deus, 2002.
Il Était une Fois le Brésil ou comment la forme priapique hollywoodienne (ici Leono-Stono-Scorseso-Tarantinienne) peut s'immiscer jusqu'au fin fonds des favelas à gosses n'ayant jamais vu la mer mais fort tôt les calibres, pour électrocuter superfétatoirement un récit qui se suffisait sans doute à lui seul et intensifier aussi inutilement les prodiges d'une direction d'acteurs, elle, en tous points remarquables,
par Fernando Meirelles.

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02 mai 2011

This Film is Not Yet Rated

id., 2006.
MichaelMoore-like ambitionnant de débusquer (plus qu'objectivement décortiquer) les suspects maillons outrageusement censeurs de la MPAA du trouble Valenti (la bienséante et pudibonde censure familiale américaine), autre perverserie bâillonnante, après le Code Hays et les black lists, riche des mêmes qualités et des mêmes défauts que ceux de son parrain casquetté (une pugnacité univoque qui frise, en plus de la miction violonnante, l'inoffensif enfonçage de portes ouvertes): excitant mais peu édifiant,
par Kirby Dick.

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