31 juillet 2011

Fatal Games

Heathers, 1989.
Curieux objet que cette méconnue production, fausse teen comedy, coming-of-age noirissime vendu curieusement pour ce qu'il n'est pas (la com', mensongère, ne laisse rien présager du choc)... puisqu'il s'avère être une sorte de chaînon manquant entre Virgin Suicide et Lolita Malgré Moi, le tout avec une BO dégueulasse et une tonalité mordante/massacrante plus habituelle chez Roger Avary ou John Waters,

par Michael Lehmann.

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Les Enchaînés

Notorious, 1946.
Hitchcock favori de Claude Chabrol qui, de toutes façons avec l'age, en vint à préférer Fritz Lang,
par Alfred Hitchcock.

NB: Sonic questionne le foulard et pousse jusqu'au vertige, ici.
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29 juillet 2011

La Plage Sanglante

Entreprise à l'opportunisme balnéaire (roublard et retardataire) ne capitalisant toutefois pas sur les possibilités graphiques de son audacieux (quoique lapidaire) "concept" (l'affaire est en réalité traitée comme un petit film policier) - et se voyant même littéralement bouffée par d'ahurissantes séquences dialoguées (au ridicule pour le moins déterministe: chaque réplique de John Saxon est une punchline systématiquement youtubisée)) -, qui ne sera cependant pas sans évoquer pourtant le futur (et plus urbain) C.H.U.D. et se payera même le luxe d'offrir un contrepied jawesque assez plaisant: un générique de fin "aussi" flippant que le pré- du Spielberg à mâchoires,
par Jeffrey Bloom.

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24 juillet 2011

Ralph Super King

King Ralph, 1991.

par David S. Ward.

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13 juillet 2011

Deep End

id., 1970.
Exceptionnel, renversant (tant plastique qu'atmosphérique) récit d'initiation aussi emprunt de britanniquerie que de polackitude (l'ambiance polansko-kafkaienne des bains publics)*, injustement méconnu, positivement chef-doeuvresque et, pour faire court (bien trop court même !) absolument culte,

par Jerzy Skolimowski.

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* le prompt au jeu des 7 familles vous mêlera ça au Blow Up d'Antonioni et au Répulsion de Polanski, pour une main, brillante, faite des meilleures angleterreries revisitées par l'oeil d'européens en visite !


NB: un DVD incontournable (de plus) initié par Carlotta (à noter le joli artwork de l'affiche, fort inspiré du design non pas de Can ou de Cat Stevens mais de l'All Summer Long des Beach Boys)!

10 juillet 2011

La Manière Forte

The Hard Way, 1991.
Buddy movie ambitionnant de jouer la mise en abime de son genre (la représentation de la police par Hollywood, un argument pas si toc que ça) sans en avoir ouvertement les moyens (financiers d'abord: tournage raccourci et casting pas "à la hauteur" de bankablerie pour faire suffisamment mouche, mais aussi scénaristiques: les vannes et les charges* n'ont guère de mordant, passée celle, grotesque mais savoureuse, sur les new-yorkais enfouraillés), mais qui n'a pourtant (curieusement) rien d'indigne non plus (le fait de la sympathie ambiante suscitée par les comédiens ?** de la sobre efficacité propre au cinoche Badhamesque ?),

par John Badham.

*****

* la caricature de la star infantile est bien faible
et les tacles à Mel Gibson ne sont que le fruit inoffensif et corporate

** il se dit pourtant que Woods y fit sa diva (capillairement, en particulier) !

New York 1997

Authentique madeleine cinéphilique pour tous les genreux de ce côté-ci de l'univers, indiscutable jalon du film d'action consciemment politisé (d'autres suivront chez Big John !), parfaite pépite soufflant le chaud ironique et le froid pessimiste, jouissif western délocalisé, émouvante naissance d'un (anti-) héros (Snake Plissken, renommé Hyena en Italie ?!), géniteur involontaire d'une descendance aussi débile que chaleureusement sympatique (tout le courant post-nuke latin), ...
NY97 est assurément tout à la fois dans le cœur de nombre de pré-quadras reniflant encore au seul souvenir de la jaquette d'une VHS distribuée par Embassy fébrilement empoignée dans un vidéo-club de presque centre-ville...
Le morceau (fort d'un budget sept fois supérieur* à celui de Fog) de Carpenter (qu'il auto-remakera savoureusement quelques années plus tard en un LA2013 aux intentions à peine déguisées, comme Sam Raimi aura relu son Evil Dead) demeure, visionnage après visionnage (sans doute une bonne huitaine pour nous autres sans que pourtant -paradoxalement - nous ne l'ayons revu depuis le 11/9), le même chef-d'œuvre crépusculaire, le même choc, le même coup de poing dans les dents.
Animé par une relative haine du New York** mid 70's (Carpenter est, lors de la rédaction du scénario, bien plus à son aise à Los Angeles) et sérieusement emprunt de western maverickien (c'est Russell de lui-même qui s'inspire d'Eastwood et suggère le bandeau sur l'œil), le titre installe pour ce faire un contexte impactant – et didactiquement introduit !- (la Grosse Pomme - dans laquelle on lâchera le « serpent » ! - faite island-prison livrée à elle même) et tricote un imaginaire sans équivalent alors (il va même jusqu'à préfigurer en bien des points le troisième volet des Mad Max), autant qu'il propose une vision aussi désenchantée de la chose humaine que celle d'un Romero (les hordes nocturnes de Manhattan s'appellent d'ailleurs ici les Crazies (rapport aux « Fous Vivants » du Geogeo de Pittsburgh) !): état fascisant, police expéditive et omnipotente, représentant politique aussi obscène dans sa ridicule et infantile faiblesse (Pleasance, parfait dans le rôle, reproduit sa performance du brillantissimement polanskien Cul-de-Sac - quoiqu'on en pense ici !) que dans son arrogance puérile et irresponsable, individualisme forcené et courtisanerie obséquieuse à tous les étages (les lieutenants autant que Brain (le toujours impeccable Harry Dean Stanton) se répandent aux pieds du Duke of New York (Isaac Hayes, pas aussi convainquant -ni écrit ?- qu'on serait en droit de l'espérer (et dont le rôle, y compris extra-diégétique, sera repris par Tina Turner dans MM3 !))),... le portrait est à triste charge au point qu'apparaisse seul vertueux un bad guy de première (au charisme certes inouï), que chacun croit d'ailleurs mort (le running gag*** du film !), et dont le mauvais esprit, le cynisme total (occupé à sa seule mission, à laquelle il est prêt à renoncer par découragement, ignore pourtant une femme violée !) semble, dans ce contexte, la seule réponse valide (remember le savoureux « coup » final de ce nihiliste social de première !).
Indémodable et toujours pertinent, jamais ridicule**** (malgré un sound design qui a peut-être un peu morflé) et régulièrement excitant, NY97 reste la petite bombe, qu'elle fut dés sa sortie - et qu'elle est davantage encore depuis le WTC de 2001 ! -: prompte à vous faire péter les artères !
John Carpenter (1981)

* mais qui demeurera très en deça du paquet de $
habituellement dévolu pour une grosse prod d'alors !


**le film ne bénéficiera d'ailleurs que de deux jours
de tournage nu-yorkais et se fera plutôt à St Louis et LA !


***gag certes mais pas seulement: cette légendaire mort installe une dimension
éminemment fantomatique au personnage, le portant jusqu'à la silhouette,
à la seule essence du héros, le mythifiant,
le crépusculairisant (tendance "Eastwood des Vallées Perdues" bien sûr !)...

****on ne peut curieusement pas en dire autant
du postérieur Invasion Los Angeles, au propos plus subversif encore,
mais emballé dans une forme et soutenu par un casting,
pour le moins particuliers...

08 juillet 2011

L'Equipée du Cannonball

The Cannonball Run, 1981.
"Libertaire" pochade automobile où la roue libre est davantage laissée aux acteurs qu'aux (nombreux) véhicules, occasionnant cependant à l'écran de belles tranches d'amitiés (Martin/Davis Jr, DeLuise/Reynolds), à défaut de séquences franchement mémorables (même l'autodérision Bondesque de Roger Moore s'avère laborieuse), mais qu'une suite (trois ans plus tard) encore plus nimporte-nawakeuse pourtant ira hisser à un cran supérieur dans la bidonskante complaisance véhachesque,

par Hal Needham.

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07 juillet 2011

Bancs Publics (Versailles Rive Droite)

id., 2010.
Miniaturisant par trop sa chronique (too many vignettes !) et surcastingant sa distribution* (la plupart y est d'ailleurs mauvaise, exceptions faites de l'auteur himself, d'Olivier Gourmet et d'une maigre poignée réjouissante), télévisuellant sa forme enfin (et hélas), Poda perd le fil de son œuvre, dilue sa touch, embourgeoise bigrement sa posture et plaît ainsi plus que jamais à une frange nouvelobso-françintérienne qui prétend ne jurer que par Jérôme Deschamps et Jean-Michel Ribes lorsqu'elle prend un plaisir supérieur à s'envoyer du Jean-Pierre Jeunet ou du Cédric Klapisch,

par Bruno Podalydès

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* mais dans la pléthore où est passée Balibar ?

06 juillet 2011

Vacances à Venise

Summertime, 1955.
Façon de travelogue latin (on n'est pas toujours épargné par la postcard !), mix improbable de Voyage en Italie (pour la tristesse ambiante) et de Vacances Romaines (pour la vibration diapasonique de la cité), à l'occasion duquel Hepburn n'hésite pas à mettre en danger son port altier et ses charmes légendaires, étranglés qu'ils sont par la dépression automnale de l'existence, mais laisse toutefois échapper, par trop d'acting, l'émouvante vérité de son personnage (qui semble davantage dans tout ce qui n'est, par d'autres, pas dit ou, pour d'autres, pas montré (la signoria Fiorini, discrète et bouleversante passionaria)),

par David Lean.

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NB: un DVD Carlotta, parmi les plus mélancoliques !


05 juillet 2011

Heartless

id., 2009.
Plastiquement valable (de beaux plans urbains, meilleurs que les mythes illustrés), un titre toutefois rongé d'une ambition maladroite (et passablement ridicule), à la britannitude mal négociée (même Eden Lake offre une meilleure identité nationale !) et au démiurgique mal venu (ah ! n'est pas Tobe Hooper ou John Carpenter qui veut), scories sur lesquelles on pourrait faire l'impasse si le film atteignait, ne serait-ce qu'une maigre fois un de ses buts (sociaux, psychologiques ou d'effroi),

par Philip Ridley.

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NB: un DVD/Blu Ray Free Dolphin.

01 juillet 2011

Comment Epouser un Millionaire

comment

How to Marry a millionnaire, 1953.

Tout était rassemblé pour que ça marche, que ça pétille: un casting 4 étoiles, un réal au coeur de sa "bonne période" (la même année sort son Titanic), un cadre new-yorkais renversant, des décors impecs, une bande son élégante et sérieusement implantée dans le métrage (voir la longue ouverture orchestrale), un cinemascope technicolorisé aux petits oignons et un sujet fort prometteur en croquignolerie frivole.
Seulement voilà, tout rate ou presque.
Récit (à trois voies) déséquilibré, à la morale et aux enjeux plus que modestes, pistes amorcées puis négligées (à croire que des séquences onté été coupées au montage), rattrapées au vol et réinjectées au forceps (si tant est, bien sûr...)... Manque de "scènes", manque aussi de drôlerie (à bulles), de rythme et de folie (malgré les gags myopéens de MM)... on a vite la fâcheuse impression que le vrai film se joue ailleurs, hors champs, que la camera (qui aurait été plus épanouie dans les mains d'un Wilder ou d'un Cukor !) n'est jamais dans la bonne pièce au bon moment. Alors que nous si, désésperément, à nous barber (malgré Empire State, skyline et Rockefeller Center: un comble !)...,

par Jean Negulesco.

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Jean Negulesco (1953)