30 août 2011

Piège de Cristal

Die Hard, 1988.
Rien moins que le plus grand film d'action (pure) de tous les temps (devant l'hypertrophié Speed ?). Malin, iconoclaste (à l'époque), virtuose, efficace, solide, charismatique (Alan Rickman, what a villain !), transgenre (sans jamais être ramenard ni roublard), gonflé (le willisien anti-héros John McLane était alors une sacrée gageure, franchement galvaudé depuis), impressionnant, ultra-cinégénique, intemporel et savamment scénarisé (un petit modèle de manipulation des codes et clichés),... un bonheur explosif en somme,
par John McTiernan

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28 août 2011

Point Break

point_break


Réputée pour livrer des « films de mecs » atypiques et plus tordus qu’à l’accoutumée (on préférera son Strange Days), la môme Bigelow offre avec ce Point Break un objet plus pervers encore : sous ses allures de prod pour minettes le film déroule un authentique (mais sous-terrain) arsenal homo-erotisant (l’alibi de l’idylle avec la petite brunette (un rien goudou-like d’ailleurs) ne tient pas debout sur sa planche une seule minute…).
Cette vérité donnée que reste-t-il ? Un machin qui s’engage comme un buddy movie à la Joel Silver (mais c’est Cameron qui produit ici) - dans lequel KianouRive, insipide et gauche, n’est jamais crédible- , se poursuit un temps comme un Top Gun à vaguelettes (genre concours de quéquettes fartées) pour verser dans une pub Hollywood Chewing-Gum (ou Rip Curl) tout au ralenti et finalement revenir à nos moutons (les bouclettes de Swayze ?) : ce grand duel fasciné et humide (le film est un perpétuel concours de t-shirts mouillés (avec ou sans t-shirts !) pour bodybuildés new-ageux) entre le blanc-bec candide du FBI et le magicien des vagues, bandit sexy qui l’amène à faire ce qu’il croyait ne jamais vouloir faire (oh ! oh ! mais dites moi !). De rares instants de grâce fleurissent ici et là (les casses des ex-présidents, très Avaryesques), la camera étant assez souvent virtuose (la poursuite à pied dans le neigborhood est presque devenue classique) mais caricatures et faiblesses de scenar (le déroulement est cousu de fil blanc), des tentatives malines (la perquisition-feu d’artifice chez le gang infiltré par les stups) usent le trip presque aussi vite que la gratuité générale de bien des séquences et qu’une esthétique (et une philosophie) proprement laide (late 80’s), prompte à fédérer les esprits mous (cf . Brice de Nice) et les minettes en chaleur, ici bien bernées toutefois.
Kathryn Bigelow (1991)

Winchester 73

id., 1950.
Epatant florilège des mythologies et fétichismes de l'Ouest, un film dont un Goscinny a du voir et revoir chacune des séquences pour s'imprégner tant de coilleboillitude avant de tracer les meilleures lignes de son Lucky Luke: tous les motifs (ou presque) semblent ici rassemblés. La complexité de chacun des personnages (personne n'y est franchement propre ou naïvement univoque), patte philosophique du réalisateur, ne cesse d'être en outre relayée par un filmage rien moins que maousse et un rythme d'une rare intelligence hollywoodienne,

par Anthony Mann.

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27 août 2011

La Flèche Brisée

Broken Arrow, 1950.
Fameux pour son statut de premier western pro-indien (un slogan un peu fourre-tout moins subtil que ce qu'est le film en réalité, plus progressiste et humaniste (et didactique ?) que courtement prosélyte), une gageure à plus d'un titre (premier rôle du dadais lubitscho-capraesque et néanmoins archi-conservateur Stewart en coilleboille*, collaboration avec des plumes cocos bientôt maccarthysées jusqu'au cheveux,...), occasion en outre - et ce n'est pas négligeable - de bien beaux morceaux de cinoche (discrets mais d'une force insoupçonnée) et de mythes bigrement établis,

par Delmer Daves.

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* le film, tourné avant Winchester 73, sortira pourtant (un peu couardement) après le Mann...

25 août 2011

Une Fine Mouche

Libeled Lady, 1936.
Autre fleuron de la comédie hollywoodienne mettant aux prises riche héritière et vil journaliste (trois ans après ça), d'une eau aussi arc-en-cielement poissonneuse en charmes, chien et magouilles que les fameux screwballs de Hawks, LaCava ou Wellman, et aussi enlevé, malin et élégant qu'un McCarey ou un Lubitsch de première bourre,
par Jack Conway.

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24 août 2011

Aventures Fantastiques

Vynález zkázy, 1958.
Ravissement graphique (qu'une narration plus académique voire platement littéraire affaiblit un tantinet parfois lorsque le charme s'étiole) passablement inédit (et ayant sans doute impacté les rétines de gens tels Guy Maddin, les frères Quay, le David Lane des Thunderbirds, Tim Burton et, plus encore !, Terry Gilliam), offrant à l'oeil (mélange de gravures façon Hetzel, d'expressionnisme germain, d'animations et de prises de vue réelles) un spectacle prodigieux, incomparable, grisant, poétique, une expérience assez unique en somme, et que le visionnage (ainsi devenu urgent !) de l'autre chef d'oeuvre que constitue Le Baron de Crac (1962) tâchera de bientôt pérenniser,

par Karel Zeman.

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22 août 2011

Rien que Pour vos Yeux

For Your Eyes Only, 1981.
Le pire single de générique (doublé de la pire copie d'icelui pour Maurice Binder) à la hauteur d'un 007 tout en cartes postales et faibles personnages (dés lors qu'on foire son villain dans ce genre de production ne foire-t-on pas son film ?), que contrebalancent miraculeusement un sparring partner attachant (Chaim Topol tout droit sorti du croquignolet Flash Gordon de Hodges, dans un emploi tout johnrhys-davisien), une poignée de séquences subaquatiques (plutôt) grisantes, quelques motards (heureusement) pugnaces et la présence magnétique (malgré l'ennui nonchalament marqué*) de Carole Bouquet et de son inénarrable réplique (plaintivo-nasale ):
James, j'y arriv'rais pas !,

par John Glen.

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* ah, on n'est pas chez Bunuel, là...

18 août 2011

Kick Ass

id., 2010.
Ne seraient cet ultime retour sur de convenus rails narratifs, cette pénible surenchère KillBillo-Snatcheuse (Vaughn fut le producteur du plus mauvais des deux...) qui annihile toutes les pistes scénaristiques amorcées (le tuteur, la girlfriend, le fils du villain,...), cet ignoble sang numérique qui pollue toutes les bandes depuis quelques années, et cette faible valeur ajoutée au graphique originel (éternel débat où seul Scott Pilgrim semble faire décidément exception), Kick Ass casserait plus d'un cul (il n'y a qu'à voir le premier tiers, rigoureusement ébouriffant)..., hélas ses questionnements de la comic-culture et du Sup-H world ne vont pas, malgré les roublardes apparences, plus loin qu'un épisode de Big Bang Theory* (ou de No Heroics ou de Misfits !), et ses allures de teen com 2.0 tournent bien trop court pour qu'on se satisfasse, malgré un plaisir certain et d'authentiques séquences culte (ah ! Cage flinguant sa fillette !), de ce qui ne constitue qu'une super-joke, fut-elle smart and clever...,

par Matthew Vaughn.

* sans doute Damon McReady ne rit-il pas comme Sheldon Cooper pour rien ?


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17 août 2011

Predator

id., 1987.
Sommet à haute crédibilité de la Schwarzerie triomphante, un post-actionner assez virtuose (que Christopher Nolan aille y piocher des leçons de lisibilité et de spacialisation !), audacieux (les motifs testostéronés so 80's y sont massacrés, épluchés jusqu'au ras de l'os pour revenir à un essentiel quasi-Miliusesque), intense (le duel final, entre crypto-gay et retour au primitif, voire au psychanalytique ?, est un petit modèle du genre), sinon - pourquoi pas ? - féministe (d'aucuns voyant dans la créature au muffle vaginal*, une expression de la femme que ni les muscles ni les armes ne peuvent faire taire**),

par John McTiernan.


* en réponse au monstre/mère d'Alien ?,
d'un féminisme plus... phallique ?


** c'est d'ailleurs elle-même qui s'auto-détruit !

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11 août 2011

Vos Gueules les Mouettes !

id., 1974.
Super 8 déjà, encore et toujours, au centre de cette comédie branquignole, mettant en scène un grand concours ohèrtéhèfo-national de films amateurs (kodachromés de la coiffe bigoudenne aux sabots bretons), tirant davantage sur la corde du folklore (et des complaisantes performances) que sur celle de la sociologie permise par le thème, tout en ménageant cependant quelques gags de belle audace (le travelling tenu par un cul de jatte)... le tout laissera naître une question légitime: un Tchernia s'en serait-il mieux sorti ?,
par Robert Dhéry.

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08 août 2011

Super 8

id., 2011.
Hommage, révérence allégeante et générationnelle, dont tout marmot biberonné à l'Amblin (les Dante, Zemeckis, Hooper, Spielberg, Donner de 79-85) rêvait humidement et que le wonder-boy/fazeure de Lost, Alias, Star Trek et consorts (soit autant de trucs nous ayant jusqu'alors laissé d'un marbre inébranlé) transforme avec un grand talent old school et un savoir-faire insolent (exception faite de sa créature, aussi tech-toc que celle de Cloverfield - et ce malgré "le coup des yeux" !)... c'est marrant, on aurait bien vu plutôt Bong Joon-ho (The Host), aussi peu paperboyesque US suburbia fut-il, réussir un tel exploit !,
par JJ Abrams.

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03 août 2011

Police Academy 6 - S.O.S Ville enEtat de Choc

Ils sont peu les acteurs à avoir accompagné cinématographiquement la franchise: seuls Michael Winslow (l'épuisant bruiteur black), David Graf (ce grand couillon encarté au NRA, seule "icône" de la licence ?) ou George Gaynes (le commandant Lassard, qui prêta ses traits également au beau-père de Punky Brewster) ont rempilé à tout coup*.
Catrall ne fait que passer, Guttenberg et Bobcat Goldthwait s'attardent à peine plus et même Bubba Smith (l'immense Hightower) s'épuise avant la fin (il n'est pas de la mission moscovite de 94**). Lâcheur de dernière minute, il ne fêtera pas non plus, en 2014, le trentenaire de la série puisque ses deux mètres sont depuis aujourd'hui à l'horizontale dans une cimetière de LA - preuve que la honte ne tue guère, sans quoi il y a belle lurette (avant même ce 6ème opus) que l'ex-footballeur aurait déjà calanché !
Le feuilleton academyque, quasi-initiateur d'un genre (dont il est question ici), est depuis un bail exsangue et plus aucun marron n'est à tirer du présent feu, nourri de vide (d'autant que des tentations d'actionner plombe la machine à rire) malgré la présence du cultissime Kenneth Mars (acteur fétiche, avec DeLuise et Madeleine Khan, des meilleurs Mel Brooks) et l'absence de gags "en école".

par Peter Bonerz.

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* auxquels il faudrait rajouter le producteur Paul Maslansky
qui se compromit grave pour la Warner...

** dans laquelle se commirent pourtant Ron Perlman et Christopher Reeves !!

02 août 2011

Frankenweenie

id., 1984.
Occasion, à la veille de la sortie de l'excitante madeleine Amblino-Abramesque Super 8, de se remémorer (comme si le besoin s'en faisait sincèrement sentir !) combien Tim Burton rendit tôt aussi hommage au cinoche de son enfance tout en posant les bases de son recyclant univers (ici un habile mariage entre le Franken' de Whale et la suburbia proto-Pee Wee ou Edward Scissorhands*) - Frankenweenie s'ouvrant d'ailleurs, 27 ans plus tôt, sur un "scary homemade movie" filmé... en Super 8 !,
par Tim Burton.

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* "influencé" sans doute aussi par ce contexte déjà diablement campé chez le Spielberg d'alors.

01 août 2011

Harley Davidson et l'Homme aux Santiags / Hudson Hawk, Gentleman & Cambrioleur

Harley Davidson and the Marlboro Man, 1991.
Lointain (et dégénéré) écho au charisme motocycliste de Rourke chez Coppo' (Rusty James), à l'occasion d'un buddy movie aussi ouvertement parodique que furieusement (déjà !) anachronique, assumant autant son ridicule sommaire que le cinéma punchlinesque et hypertrophié qu'il pille (Silver, Badham, Konshalovsky, Cameron, McTiernan,... et les actionners à petits gros bras de Menahem Golan), en équilibre aussi pur qu'instable (et attachant ?) en définitive entre "naïveté" late-80's et désinvolte cynisme (les acteurs cachetonnant (une dernière fois ?) grave),
par Simon Wincer.

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Hudson Hawk, 1991.
Des héros willisien l'un des plus décriés (on est loin du culte porté à John McLane ou Butch Coolidge !) se débattant dans le mood parodique coutumier au film d'action du début des nineties (à ce petit jeu, seul Schwarzy semblera tirer d'honorables marrons du feu (cf: Last Action Hero)), qui non content d'être archi-contemporain du titre évoqué ci-dessus, en partage le moindre archétype, le plus petit arc narratif, sans jamais toutefois - et malgré le budget silverien - en atteindre l'humilité bonhomme: ici tout est ridiculement cartoonisé (Willis n'est pas Jim Carrey ni Lehmann Sam Raimi !) et se montre laborieusement en force... au point de coller à la razziesque légende: oui HH refoule effectivement bien du goulot !,

par Michael Lehmann.

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