30 septembre 2011

Au-Delà du Réel

Altered States, 1981.
Tripesque, mystique, hallucinatoire, un cauchemar scientifique de la trempe (thématique et qualitative) d'un Brainstorm ou de La Mouche, qui, par son intensité inouïe et sa bluffante conviction, dépasse le cadre d'un baroque potentiellement ridicule, d'un stérile sabir neuro-génético-machin, pour verser dans une production grisante, mêlant bizarrement les pourtant éloignés Loup-Garou de Londres (pour l'animalité retrouvée) et L'Exorciste 2, et atteindre un niveau pas si souvent égalé de (terrifiant) film d'horreur total,

par Ken Russell.

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29 septembre 2011

Les Producteurs

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Sanglée dans un louable, un audacieux mauvais goût (gérontophilie sarcastique (l’outré Mostel vaut là le too-much Guiness de Ladykillers), reicheries bordelines et boulevarderies follasses (Voutsinas, parfait(e ?) dans l’emploi !)), et loin des pastiches futurs (et inégaux) de l’autre bouffon jewish « prêt à tout pour un gag », cette production, par trop mécanique peut-être (surtout dans son dernier quart, le plus faible), ne manque toutefois pas d’entrain, pour peu qu’hystérie, caricatures hénaurmes, absurde accompli, acharnement vaudevillesque… et goût douteux donc ne vous soient pas étrangers.
On pense bien sûr à Lubitsch (dés qu’on a des croix gammées dans une comédie anglo-saxonne on nous le sort, l’Ernst !) en moins fin et charmant, mais aussi aux Monty Pythons à venir (surtout le spectacle par lui-même), ainsi qu’à tout ce courant early-70’s de musicals trash-freakos (Phantom of the Paradise, Rocky Horror Picture Show) qui pourraient toutefois nier en bloc la filiation (d’t’façons, DePalma nie toujours les filiations qu’on lui prête…).
Le casting est efficace (Wilder en tête, comme presque toujours), et plusieurs séquences ou caractères font facilement mouche (l’audition des furhers, la secrétaire pop-swedish, l’ouverture de Springtime for Hitler,…) sans avoir trop vieilli aujourd’hui.
Pas assez en tous cas pour mériter un remake !
Mel Brooks (1968)

21 septembre 2011

Une Vie avec Oradour

id., 2011.
Documentaire sage et redondant, sans grand point de vue, équilibre ni posture franche (pris par son grand sujet, le film ne s'aventure guère et ne sort jamais des rails institutionnels), qui se contente de faire résonner stérilement de vieilles rengaines (fussent-elles historiquement tragiques) et de se montrer décidément trop prisonnier de l'hommage éternel et du respect par trop inhibiteur,
par Patrick Séraudie.

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Le Mans

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Combinant l'observation documentaire et pédagogique (tournage immersif lors des authentiques 24H 1970) et la mythologie symbolique et silencieuse (bien que le film soit une intéressante expérience sonore) du ouéstèrne le plus magnétique (Macouine, qui ne dit pas une broque, aborde la course comme une intense revanche de lonesome coilleboille), cette production jouant un temps de l'économie hypnotique autant que de l'abrutissement théatralisé (la radicalité de la course frisant le Cirque Romain au fond et la mise en forme convoquant parfois des slow-motions au lyrisme très peckinpéen), donne l'impression d'un caprice de star, d'un joujou pétaradant pour le coolissime blondinet, plus sexy que jamais avec sa petite combi Gulf-Firestone et sa montre Monaco Tag Heuer: l'occasion de s'adonner en scope à sa passion vroum-vroum et l'entretien à bon compte (intrigue triangulaire minimale, proche de l'essentiel tragique) de sa chaude minéralité d'icône au sommet de son art.
Et si on s'ennuie parfois un brin (certains embrayages du récit patinent), c'est donc avec classe. Et petit air entendu (do u want another martini ?)...
Lee H. Katzin (1971)

14 septembre 2011

Charlie et la Chocolaterie

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Difficile à ce jour d'entamer une lapidaire (car c'est le scandaleux style d'ici !) critique du film ci-dessus sans être contaminé par la vision Burtonniene d'il y a peu. Notons toutefois que les lieux (la fameuse usine cacaotée) sont très proches et sans doute, en cela, fort fidèles au texte de Dahl. Tout comme la direction artistique dans ce qu'elle a de plus globale (les budgets et les époques n'étant cependant pas les mêmes).
Le principal point de désaccord se loge dans l'appréhension du barré Willy Wonka.
Si chez Tim il est un freak mi-lunaire, mi-secoué, mi-gothique (ce qui fait trois moitiés mais qui s'en offusquerait dans les arabesques du gars Burton ?), à la fois cabot et effacé (Depp dans ce qu'il sait si(-niquement ?) bien faire), on le retrouve ici sous les traits d'un dépressif rêveur, ouvertement schizophrène et surranné (Gene Wilder, dont on ne saurait se lasser). Hélas cette amorce de ton ne creuse pas plus profond et c'est bien le reproche général que l'on peut faire à la production. Tel un glaçage recouvrant une friandise plus "banale", la radicalité éffleurée parfois (le tunnel à hallus et ses horribles images), le baroque mollement visité, l'audace de casting (Charlie et sa famille ne sont pas des "beaux maquillés en sales" mais d'authentiques pous !), auraient mérité d'être sollicités davantage et faire ainsi s'élever l'entreprise plus nettement au dessus de sa vague ChittyChittyBangBanguerrie (impossible de ne pas penser à la fabrique de bonbons du film de Ken Hugues, là ecore inspirée du successfull Roald !), au lieu de le cantonner à un joli imagier, dans lequel sont certes négligées les tentations réacs et punitives du texte original, mais à la fantaisie un peu trop bridée.
Heureusement, demeurent de fugaces visions (la voiture à sodas, le studio de WonkaVision) et la composition hypnotique du grand Gene,

par Mel Stuart.

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09 septembre 2011

Pour la Peau d'un Flic

id., 1981.
De c'te Peau-là, nous ne nous souvenions que des boubouboubouboubouboubous d'Oscar Benton et, accessoirement, que c'était le prime Dedel jamais mieux servi que par lui-même (sa first réal').
Puis nous en vînmes à lire le Que d'os ! originel du gars Manchette et, recompulsant ses chroniques ciné chez Hara-Kiri (compilées dans l'indispensable Les Yeux de la Momie avec lequel je ne suis pourtant que rarement d'accord !?), nous nous interrogeâmes bientôt (comme nous l'avions déjà fait avec le supérieur Trois Hommes à Abattre) sur l'avis du JP quant à l'Alain (qu'il n'estimait guère, on s'en doute bien, allez !).
Or, si Manchette s'abstient et fait, grand seigneur, l'impasse sur la critique (ses romans seront globalement tous adaptés par des metteurs-en-scène qu'il ne porte que tièdement dans son cœur), nous n'en ferons pas, nous, l'économie.

Évidemment l'essence de la prose et le ton de l'œuvre sont ici contrariées, voire fichtrement trahies (la dimension masochiste du volume n'apparaît que tardivement, même si spectaculaire, après 80 bonnes minutes d'un héroïsme enfouraillé assez pénible (le prégénérique est d'une rare et symbolique bêtise !) et le scénario ne retient du texte qu'une myope succession factuelle fournissant autant de « scènes » sans guère de mood (n'en conservant que l'alambiqué) ni d'ambiance.
Le casting n'est pas non plus du meilleur tonneau (Auclair est un peu juste (comme souvent, n'en déplaise à m'sieur Bohringer !) et Parillaud proprement lamentable) si une poignée de trop rares (et trop peu sollicités ici) seconds couteaux (Ceccaldi, Darras) ne relevait pas un peu le charme (si tant est !).
Toutefois l'ensemble, faiblard vous l'aurez compris -sinon le saviez déjà !-, inaugurant la série des Delon/Flic 80's, en constitue, en toute relativité et par ailleurs, le moins baveux.
Autant dire qu'on a échappé au pire... Parole ?,
par Alain Delon.

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07 septembre 2011

05 septembre 2011

Persistence Disneyenne: Three Echoes from Dumbo

Dumbo, 1941

The Aristocats, 1970

Dumbo, 1941.

The Jungle Book, 1967.

Dumbo, 1941.

04 septembre 2011