31 octobre 2011

Horreur dans la Ville

Silent Rage, 1982.
Curiosité aussi hybride qu'arythmique, capitalisant sur le high-kick de son moustachu disert (ici porté au menton de bikers d'opérette flanqués de pépées promptes à soulever le t-shirt) mais surfant aussi (?!) sur la vague du psycho-killer initiée par Halloween (gros usage ici de la steadycam subjective et régulier recours, par Peter Bernstein, de nappes synthétiques), débouchant sur une production (peu argentée et aléatoirement inspirée) étrangement gaulée (les univers, séquences, clins d'yeux (Whale, Scorsese, Carpenter) et tonalités sont assez imperméables) quoique suffisamment et naïvement déterminée pour qu'on cède honteusement à sa paresseuse dégustation (comme tout Chouque de l'âge d'or 78-83 ?),

par Michael Miller.

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30 octobre 2011

La Chatte sur un Toit Brûlant

Bien qu'évacuant tout le pan homosexuel du matériau originel (le Code Hays tenait là serré la queue du chat) et ayant été enfantée dans la douleur (production refilée de mains en mains, Taylor veuvant en plein tournage), une emblématique adaptation de l'hystérie façon "famille-je-vous-hais" propre à Williams (dont je vous rappelle que nous avons tous en nous quelque chose), portée par un chaud/froid interprétatif (l'underplaying stanislowskien de Newman et la retenue suspecte d'Elizabeth finissent par voler en éclats bruyants et furieux) et une tension sexuelle aussi intense que chez Mank, qui n'oblitèreront pas cependant lourdeurs et maladresses (la première moitié, assez irritante, ainsi que les portraits hâtifs et caricaturaux (la belle-soeur !))... pourtant, au final et comme par miracle, on adhère !?,

par Richard Brooks.

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Hot Shots !

id., 1991.
Tandis que la sécession* s'est fait derrière la caméra (mais pas à la production !) et que seul le A des ZAZ signe plastiquement l'affaire, c'est l'expert Pat Proft qui, lui, assume l'avalanche inégale mais interrompue de gags "academyques"** de cette (systématique) parodie topgeuneuse, culte pour quelques uns, vieillie pour le plus grand nombre (au point que les amateurs préfèreront sans discussion le lieutenant Frank Drebin à Topper Harley... Proft, lui, s'en fout: il émarge aux scripts des deux "héros"/licences !),

par Jim Abrahams.

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* ainsi David Zucker creuse de son côté la franchise Y'a-t-til un Flic... ?
qui en est déjà, en 91, à son deuxième opus.

** le gugusse est un vieux routier du genre depuis Police Academy !


29 octobre 2011

Papa, Maman, La Bonne et Moi

id., 1954.
D'abord plaisante (et fort drôle) chronique de moeurs d'un immeuble parisien, dotée un temps d'une aimable sociologie verticale (et à l'occasion de laquelle brillent bien des tempéraments (De Funès, Tissier mais aussi la toujours impayable Dominique Davray)), la fantaisie de Papa... s'empêtre bientôt (à une heure de temps) les pieds dans le tapis du bon sentiment (jusqu'à un final enchaînant les préchi-préchas), qui affadit une oeuvre enlevée et pétillante (la touch du regretté Lamoureux, à n'en pas douter*) pour la mener vers un moralisme vertueux, à la générosité maladroite et à l'académisme envahissant alors de plus en plus - en un diapason formel ? - chaque minute qui passe**,

par Jean-Paul Le Chanois.

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* même si on ne saurait nier à Le Chanois son taux de malice,
son doux enclin à la satire bon enfant !

** ce qui ne refroidira pas l'audience puisqu'une suite sera
mise en chantier dès l'année suivante !

L'Apprenti Salaud

id.*, 1977.
Est-il légitime de considérer les escrocs comme les aristocrates de la délinquance ?
Loin des petites magouilles aux assurances ou aux caisses d'allocations, j'entends bien sûr les perfectionnistes qui portent leurs efforts à un degré imposant l'imagination mythomane - et l'érudition ad hoc - autant que l'investissement préalable et éventuellement arachnéen (comme dirait Arielle Dombasle en toutes occasions) et un aplomb spectaculaire pour se frotter sans frémir ni ciller à son public de victimes (et moins la victime est aisée à berner meilleure est l'entourloupette, cela va sans dire mais ça va mieux en le disant).
Je ne dis pas pour autant avoir de l'admiration pour ce type d'escroc mais, à tout le moins, j'en apprécie le sérieux du travail et me montre convaincu que le récit de leurs forfaits a toutes les chances d'être captivant (même si possiblement artificiel dans le cadre de la fiction).
Ainsi de L'Apprenti Salaud.
Lorsqu'il tourne L'Apprenti Salaud Michel Deville n'est pas encore ce cinéaste de l'érotisme intellectuel, de la sensualité cérébrale et théorisée, que des films comme Péril en la Demeure, Le Paltoquet, La Lectrice ou Nuit d'Eté en Ville feront de lui, à nos yeux, sa deuxième partie de carrière (son licencieux était plus naturel aux côtés de Nina Companeez !).
A cette occasion il fait appel, en un pari assez étonnant, à Robert Lamoureux (calanché ce jour, à Neauphles le Vieux et 91 ans), tombeur des box-offices goûtant le comique-troupier avec sa toute récente trilogie de La 7ème Compagnie (et son addenda Opération Lady Marlène). Loin du registre que le cinéaste lui soumet Lamoureux fait lui aussi preuve d'audace en prenant le risque du rebrousse-poil auprès de son public - ce rôle étant son ultime au cinéma**, on peut se demander si le risque fut fatal au comique et s'il ne vécut pas là sa fernandelienne Auberge Rouge à lui ("le cinéma d'auteur désormais ce sera sans moi !").
L'acteur y sera néanmoins parfait (à l'instar de JP Kalfon, de Jacques Doniol-Valcroze, de Claude Piéplu en héritiers des Amériques, et de Christine Dejoux qui, malgré une filmo débrouillarde (dont l'absolu culte Un Moment d’Égarement), ne s'accroche décidément à nos souvenirs qu'en défunte épouse du Glaude ramenée d'ad-patrès par l'extra-terrestre glougloutant Villeret dans La Soupe aux Choux...). Il y apporte un supplément d'insolite, de poésie fantasque (ah ! la diction de Robert !) indispensables à ce rôle (que des dialogues régulièrement décalés finissent d'asseoir).
Doux immoraliste, chaleureux arnaqueur, truand mélancolique, son quincaillier pris de la fièvre escroquante et, par là même, d'un sursaut de galante jeunesse, se montre un personnage irrésistible au service d'un film au charme fou, à la drôlerie grisante.
C'est bien simple, et excusez du peu !, on croirait par instants à un film d'Yves Robert !,

par Michel Deville.

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* merci à Sonic pour ce très bel extrait youtubé !

**exception faite du très très curieux Jour des Rois,
tourné 14 ans plus tard, cette fois-ci dernière contribution officielle.

Porte des Lilas

id., 1957.
Unique (et pas dans le sens "mémorable" !) incursion de Brassens au cinoche, où sa mélancolie placide n'offre pas "physiquement" de plus-value à son verbe anarchistement fleuri, dans cette énième contribution (ici par le copain Fallet) au réalisme noir à la française (pavés mouillés, pochetron bonne poire, apache bouillonnant et patron de troquet sourcilleux tenant la bride à sa jolie gosse), qui lasse d'abord (la partition de Braseur est balisée, celle de Vidal aussi en plus d'être mal jouée) pour émouvoir enfin (ah, la p'tite Carrel !), malgré le fil blanc dont tout ceci est consciencieusement (et opportunistement ?) cousu*,

par René Clair.

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Clair, loin de sa superbe désormais, verra pourtant
les honneurs l'attendrent au coin de l'Institut et du Collège...

28 octobre 2011

Metal Hurlant

Culterie hautement alternative, aussi décousue (malgré la qualité des histoires de Richard Corben ou Berni Wrighton, le twilight-zonesque alibi-lien Loc Nar ne fait pas long feu) qu'addictive, tant par son incorrection politique (mention spéciale au segment So Beautiful and so Dangerous) que pour sa naïveté érotico-héroïco-SF, ses ambitions visuelles (wouah, le NY de Harry Canyon !, le meilleur morceau) et ses diverses audaces formelles ou de tonalité,

par Gerald Potterton.

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Le Maître d'Ecole

id., 1981.
Galop d'essai pour le tandem Berri/Coluche avant le plan Pantin, Le Maître d'Ecole a mal vieilli (ou mettons que nos yeux de 10 ans savaient se satisfaire de bien peu dés lors qu'une vague identification était possible...).
Mol assemblage de séquences entre tendresse artificielle et vérisme maladroit (le casting non professionnel des gamins bredouillants sonne finalement mal), enquillage paresseux de clichés serpentant dans les couloirs de l'EducNat (et tirés, dit-on, des Mémoires d'un Educateur de Jules Celma), lapidairement tricotés avec des stéréotypes déjà usés (le syndicaliste à col roulé acrylique, la dépressive en mal d'exotisme, le vieil inspecteur bouffeur de spagh'), l'ensemble (qui ne tient pas ni debout ni droit une seule minute) se déroule comme une succession de sketches qu'on espérait portés sans peine par la nature coluchienne (pas de bol, plaqué par sa femme, poursuivi par le fisc et pris dans la dope, le Michel qui vient d'abandonner sa campagne électorale est au plus bas !).

A la revoyure, il est évident que Berri a visiblement perdu en acuité et en sagacité pour décrire la société et les mœurs ambiants (elle est déjà loin l'assez savoureuse première manière du bonhomme !), ce qu'il a décidément gagné en homme d'affaire, faisant de Coluche l'acteur le mieux payé de France et se le gardant jalousement pour quatre films !
Seule "grosse idée", la rupture avec la tonalité habituelle du gaillard motard (ptindcanion !), cette dernière ne parvient cependant pas à donner une ossature forte à un film mal foutu (et pas fini: il manque une bobine ou quoi ?!), dispersé dans ses enjeux (multipliant pourtant lui aussi les pistes L'Argent de Poche de Truffaut apparaît plus solide !), décousu et gentiment donneur de leçons complaisantes (la discipline c'est pô bien)...,
par Claude Berri

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27 octobre 2011

Persepolis

id., 2007.
Confirmation inespérée qu'il est possible (donc) de transcender un matériau bédéphile en matière filmique, par le recours au rythme, au mouvement et à deux-trois autres choses dont le cinéma devrait être toujours fait (ce qui est loin d'être le cas), et qu'elle existe donc la putain d'adaptation légitime et vivante (on n'y croyait plus !) de la case et du phylactère dans le cadre et le dialogue,

par Marjane Satrapi
& Vincent Parronaud.

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26 octobre 2011

Poulet aux Prunes

id., 2011.
Améliepoulainerie version Téhéran épuisante par ses chichiteux procédés narratifs, ses trucs (de casting, de montage, de construction, de numéros), ses machins de fantaisie à tous crins, et ses incessantes surenchères plastiques (Kill Bill à côté c'est Mouchette de Bresson) et qui, malgré le régulier émouvant, drôle ou ravissant de certaines séquences et le solide de l'argument principal (un homme décidé à mourir parce qu'il ne peut plus être accompagné par la foi d'un amour perdu mais éternel), ne manque jamais une occasion ni d'ennuyer ni d'agacer,

par Marjane Satrapi
et Vincent Paronnaud.

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Condorman

id., 1981.
Gentiment parodique mais paradoxalement iconoclaste (l’argument comics du script est assez audacieux et amusant (même si simpliste)), cette Disneyerie (en pleine et fructueuse phase non-animée (Black Hole, Tron, etc.)) croquant avec fantaisie le 007 late 70’s, s’avère assez vite savoir faire preuve d’une vraie frivolité Moore-like, poussant par ailleurs à l’extrême les ingrédients Flemingo-Broccoliques (voyagite & gadgetades aiguës, vilain - élégamment charismatique - à fort accent et à lieutenant cruellement magnétique (ici JP Kalfon, salopard de borgne à bille de metal), guerre froide latente, jolies pépées (creusant décidément le sillon ironique, Barbara Carrera tournera Never Say Never Again quelques mois plus tard), cascades en bagnoles de luxe et transformisme hystérique, …).
Le charme opère (étonnamment ?), emprunt d’une certaine désuétude, et parvient à tenir la dragée haute aux 007 officiels, sacrifiant pourtant toute la dimension « classe flegmatique» de l’agent au permis de tuer, au profit d’un amateurisme finalement payant puisque plus chaleureux (enfantin ?) et économe en punchlines. Une sorte de James Bond revisité Coccinelle à Monte-Carlo, en somme.
A noter, pour compenser un faiblard Michael Crawford (ze Condorman), l’indéfectible (plus Disneyen tu meurs !) James Hampton, et un parfait Oliver Reed. Comme toujours...,

par Charles Jarrott.

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23 octobre 2011

La Situation Est Grave... Mais Pas Désespérée !

id., 1976.
Dialogué par feu Amadou (le sparring partner de Jacques Mailhot, le père "spirituel" de Jean Roucas (avec qui il crée Le Bébête Show !) et un retraité de plus à faire dans le sarcasme èrté-hèleux aux Grosses Têtes de Bouvard), ce laborieux vaudeville tout en portes claquées et évanouissements à répétition - et au titre post-Audiard so 70's - a tout, malgré de vaines tentatives d'aération (d'inaugurales et superflues remyjulienneries, passablement gratuites et hors sujet), du théâtre filmé (Besnard n'est pas Molinaro !) et du bien boulevardier de droite encore ! Restent quelques lignes faisant mouche, celles convoquant l'absurde le plus délibéré plutôt que la vanne pamphlétaire chargeant stérilement les politiques ou la Culture d’État, au service desquelles Daniel Prévost ne démérite guère,

par Jacques Besnard.

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22 octobre 2011

Snobs

A0010051


Imposant la patte mockyenne, cette comédie absurde et saignante, grotesque et politique, irrévérencieuse et iconoclaste, sorte encore de vacharde Chabrolerie burlesque menée jusqu’aux baroques rives du ridicule dont le JP a très vite eu le secret, ce titre de 62 à la trame et à la plastique (un N&B de belle tenue !) stupéfiement proto-Tontons Flingueurs, impose sans conteste le style inimi(-table ?)té du gusse en colère, tant dans la forme que le fond.
Thèmes casses-gueules (pédophilie larvée, dézinguage forcené des institutions (armée, église, politique, scoutisme, entreprise, paysans, bourgeoisie, commerçants, presse, famille,…), casting insensé (festival de trognes en sueurs, de gueules tordues et de caractères surréalistes), trame parabolique minimale étirée jusqu’à la rupture, anti-naturalisme aux triviaux confins d’un psychotronique (qui s’ignore ?), le tout oscillant entre un amateurisme funambule (exacerbé par des comédiens pas toujours au point) et un paradoxal soin certain (une photo et une direction artistique très solides). Singeant ici, tel un La Bruyère sanguin, l’arrivisme et la prétention de Province (quatre sous-directeurs brigue le poste d’un PDG de laiterie et ourdissent dans le canton pour se faire), bien plus que l’authentique snoberie annoncée ?!, avec un mauvais goût un temps réjouissant (le titre faiblit soudain très fort à mi-durée), une audace longtemps renouvelée (de nombreuses séquences sont véritablement gonflées ou courageusement décalées) qui fit naître la réputation scandaleuse (le film eut à l’époque une carrière particulièrement chaotique, toutes les ligues au cul) du cigareux bouffeur de curé, du barré croqueur de Société.
Jean-Pierre Mocky (1962)

21 octobre 2011

Le Professionnel

id., 1981.
Premier des gros succès Bebelesques (ceusses à plus de 5 millions d'entrées, mais ne nous illusionnons pas, le père JP pourtant roi des 70s-80s, ne placera jamais (malgré l'impériale impression) aucun titre parmi les vrais best sellers que sont les de Funès, les Disney ou certains Pierre Richard (La Chèvre distancera d'ailleurs ce Professionnel de près de 2 millions d'entrées !*). Les cartons du totocbadaboum sont seulement annuels (toujours placé dans les 12 premiers films de la saison) ou ponctuels (le présent film jouit du meilleur « démarrage », écrasant ainsi L'Aile ou la Cuisse)) et troisième collabo avec Lautner et Audiard, Le Professionnel rompt le ton des précédentes aventures (Guignolo et Flic ou Voyou), se durcit autant qu'il se noircit.

Charge contre la fort discutable souplesse et opacité étatique à l'égard des dictatures qu'on condamne solennellement à midi et dont on peut finalement tirer parti au goûter, le débat est vite ramené à hauteur d'homme (et quel homme ce Joss Beaumont !) et à micro-duels souvent décevants (la mise en place du salopard de Rozen est sacrifiée hâtivement, après une série de cascades aussi peu réalistes qu'authentiquement stupidement forcées, par une passe d'armes au parodique malvenu (Leone bien sûr) pour reprendre in fine, et de manière bien trop démonstrative, les rênes du gros sujet politique, cette production menée dans une sérénité discutable (Audiard, qui ne se foule pas bien et se laisse même aller à quelques vannes au racisme larvé assez pénible** (si on passera, avec force soupirs, sur les négros à répétition, l'estocade est donnée lorsque le président africain essaye de rouler Bebel qui, le coinçant, lui lâche un définitif: même malin comme un singe ça veut plus rien dire !) est en outre peu satisfait du réaménagement qu'on fait du scénario qu'il a tiré du Mort d’une bête à la peau fragile de l'anglais Patrick Alexander (il est contre (en vain !) la minute finale qu'on (Lautner et JP surtout !) oppose à la sienne) et menace de se faire retirer de l'affiche) souffre de mille maux dont la musique n'est pas le moindre. Lautner avait demandé une BO à Morricone sur la base de celle qu'il avait pondu en 71 pour le film Maddalena (Jerzy Kawalerowicz) avec laquelle il réalise son premier montage. Mais toutes les propositions faites à Georges par l'Ennio seront repoussées au point que Lautner se décide à conserver carrément le thème de Maddalena, Chi Mai, dans son propre film. La scie à staccato sera dés lors employée n'importe comment et sans arrêt (au mépris de la moindre ambiance d'ailleurs), Bebel ne pouvant faire trois pas sans que l'orchestre ne se lance dans son horripilante rengaine.
Il sera en revanche pour le moins troublant de distinguer quelques minutes (le prologue africain « torturant » mais aussi une saillie poussive de l'instructeur Picard en pur proto-Colonel Trautman) préfigurant spectaculairement le Rambo de Kotcheff à venir un an plus tard (mais le roman de David Morrell date lui de 72 !) et le soin tout latin-giallesque accordé à la plupart des scènes d'intérieur.
Pour le reste, entre terrain balisé (le casting bebelesque en diable, avec les indéboulonnables Michel Beaune et Pierre Vernier et les têtes à baffes (d'ailleurs baffées) de service (BP Donnadieu), les répliques de gros malin roublard cousues main) et mauvaise humeur un tantinet réac (Deray semble plus doué à gérer ces ambiances), peu à se mettre sous la dent de vraiment savoureux.,
par George Lautner.

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* tout en faisant tout d'même plus du double du Dedel de l'année,
Pour la Peau d'un Flic.

** elles seraient, « à la décharge » du dialoguiste,
pour la plupart présent dans le roman originel...

19 octobre 2011

The Box

id., 2009.
Ou comment le talent d'un réalisateur (le film est plastiquement remarquable, équilibre longtemps les climats (paranoïaques, mélancoliques)) supplante allègrement le fumeux d'un scénariste (un Matheson pris d'une inhabituelle ambition cosmique absconse et passablement rébarbative) et sauve les meubles aussi longtemps qui lui est permis, avant que la chose n'aille finalement, regrettablement jusqu'à faire passer M. Night Shyamalan pour Todd Philipps,

par Richard Kelly.



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14 octobre 2011

L'Au-Delà

L'Aldila, 1981.
Sommet plastique de la manière d'opéra macabre du fougueux "opportuniste" (qui après avoir collé à la roue de Romero suçote un peu celle de l'infernoesque Argento), occasion d'enchaîner, au sein d'un fumeux embrouillamini catholico-hauntedhousien, des visions toutes plus salingues et grotesques les unes que les autres, et d'offrir au public hagard le faîte tâchiste d'une carrière pour le moins délicate à circonscrire (mais régulièrement frappée d'un déterminisme et d'un amour du genre qui forcent le respect (à défaut de permettre de franches réussites)),
par Lucio Fulci.

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10 octobre 2011

Rammbock (Siege of the Dead)

Rammbock, 2011.
Malgré ses primes (et vaines) allures de Fenêtre sur Cour avec Zombies ou de REC berlinois, une petite chose diablement personnelle (et accessoirement efficace), peu ramenarde et plutôt réaliste, qui offre au genre (pourtant exsangue) du zombie-flick, une bienheureuse dose d'humble vérisme, d'ironie (débarrassée miraculeusement de tout second degré) et d'inédit autant que roboratif "non-glamourous romantism",

par Marvin Kren & Benjamin Hessler.

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