29 novembre 2011

Brainstorm

id., 1983.
On ne peut plus Crichtonien et préparant le terrain de Strange Days, ce thriller scientifique (qui ne manque pas d'évoquer aussi l'Altered States de Ken Russell, calanché hier tiens !) finit par pêcher cependant par excès de sens et de symbolisme et par de désagréables ruptures (de ton: le comique de la chaîne de montage devenue folle est par trop cartoonesque, d'enjeux: le film perd bigrement de sa force l'heure d'intrigue atteinte). Ruptures possiblement dues à la disparition soudaine (elle ne finira pas le tournage) de Nathalie Wood qui, visiblement, avait, en plus que le même mari que Jill St. John, le même moniteur de natation que Jeff Buckley,

par Douglas Trumbull.

*****
NB: Christopher Walken se montrera particulièrement "branché" "visions cérébrales" en cette année 83, son autre film à sortir lors de la saison étant alors le Dead Zone de Cronenbreg !

27 novembre 2011

Bernard et Bianca au Pays des Kangourous

The Rescuers Down Under, 1990.
Première séquelle de l'histoire Disneyenne (alors en plein creux de vague 80's*), stérilement graphique (que de vain gigantisme et de (laids) recours infographiques) quoique débarassée de plombantes chansons (audace déjà remarquée chez Taram et à retrouver dans Atlantide... pour un tiercé de retentissants bides ?!) autant, hélas, que du moindre intérêt,

par Hendel Butoy & Mike Gabrile.

*****

* pleine période traitée par le documentaire

25 novembre 2011

Rox et Rouky

The Fox and the Hound, 1981.
Etonnante mise en abîme à l'écran des tracas générationnels qui secouaient alors la maison Mickey (euphémisme de dire que le relais entre dessinateurs se transmettait dans le chaos le plus total*), au coeur d'un film toutefois exagérément larmoyant, faiblement drôle (le running gag des deux piafs et de la chenille offre peu à rire, en plus d'être pompé sur Merlin !) et décidément trop peu inventif (oldschoolissime, Bambi y est ainsi là lui aussi consciencieusement dépouillé) pour être tenu, malgré un climax ursidé de correcte intensité, pour une franche belle affaire**,

par Art Stevens, Ted Berman & Richard Rich.

*****

* les derniers vieux claquent la porte, mécontents (Woolie Reitherman), et les petits jeunes (Don Bluth en tête) prennent la tangente tandis que les héritiers familiaux tentent le putsch artistique (en plus de l'économique, déjà bien en place)...

** reste qu'au-delà du passionnant des causes historico-technico-philosophiques du ratage s'amusera-t-on de savoir encore que Tim Burton, alors intervalliste à Burbank, usa ses pinceaux sur certaines séquences...

24 novembre 2011

Le Phare du Bout du Monde

The Light at the Edge of the World, 1971.
Conservant la rare violence du texte original de Verne (des naufrageurs dégénérés* s'emparent d'un phare isolé et massacrent à tout va les victimes occasionnées, avec la plus insoutenable des cruautés), Douglas, qui se paye avec ses propres deniers (une coprod Bryna, signée avec la France et l'Italie) un deuxième voyage extraordinaire chez Jules, ne manque pas au passage de malmener son image.
Torturé, manipulé, humilié, laissant femme se faire violer et amis massacrer sous son regard impuissant, l'homme endosse tous les oripeaux de l'anti-héros (ou plutôt du "héros réaliste"). Et même s'il reprend un peu de superbe à résister à une curieuse chasse zarofienne lancée contre lui, ses principales victimes seront les éléments les plus faibles parmi ses ennemis (et il n'est que pour bien peu dans la victoire finale !)... Un long moment (à peine soutenable) de masochisme, en somme, fascinant à ce titre**... et loin de chez Disney !,
par Kevin Billington.
*****

* parmi lesquels JC "Thierry la Fronde" Drouot n'est pas le moindre !

** quoique Joe Dante, alors encore critique à Video Watchdog,
déplore le peu d'humour de l'entreprise...

23 novembre 2011

Les Bidasses s'en Vont en Guerre

id., 1974.
En dépit d'un tardif argument pris dans l'actualité (le hiatus paysannerie/armée française qui agite le Larzac d'alors), d'un pompage de tous les gags à succès de Chaplin aux 101 Dalmatiens (en passant par le filtre bédéphile* (qui n'a pas vu Averell le goinfre dans ce dadais de Phil ?)) et de dérivations scénaristiques cache-misère (la scène des cravates à JP Farré), voici un titre qui ne reprend pas les choses où elles avaient été laissées trois ans plus tôt, mais qui, tout bonnement, les réinvestit avec redondance mais sans plus de scrupules que ça et rejoue l'air de la poétique bidassière forte de tous ses motifs à base de barreaux, de corvées, de cul nu et de cheveux autoritairement coupés (l'ouverture du film, de très loin la meilleure séquence !**)... le tout sans l'amer cynisme opportuniste d'un Clair ou d'un (futur) Vocoret,

par Claude Zidi.
*****
* et gentiment puérilo-scato.
** avec la partie "doloriste" de la démonstration
de secourisme... et l'affiche !


NB1: l'amateur éclairé (et qui, pour cela, m'fr'ra huit jours !) se remémorera sans doute qu'on revit nos sémillants Bidasses avant ce présent film, pour un drôle de caméo, l'année précédent ce Zidi-ci, dans Je Sais Rien, Je Dirai Tout, la tout à fait recommandable comédie de de Pierre Richard.

NB2: sort ce jour le tout à fait enthousiasmant documentaire de Christian Rouaud Tous au Larzac, quatrétoilé par nos soins, et ce malgré l'absence d'un article pour étayer le nôtre engouement (c'est moche)...

Le Survivant

The Omega Man, 1971.
Malgré des efforts notables pour moderniser son image de vieux réac (il s'envoie ainsi le Woodstock de Michael Wadleigh en jurant ses grands dieux - et sans une once d'ironie - que "ça c'était du cinéma !", cite TS Eliot et vante une sexualité libérée), Charlton (dont le projet fut porté par lui seul*) ne manque toutefois pas (on ne saurait se refaire !) de jouer de la gâchette à la moindre occasion.
Cette ambivalence s'avère toutefois au diapason des enjeux du film, entre technophobie de saison (les early-70's de la SF creusant volontiers ce sillon !) et rédemption autoritaire.
Dramatiquement tout est plus confus (les libertés prises avec le texte original, malgré une plus-value dans le spectaculaire** sont la cause de bien des déséquilibres dramatiques, de coquilles dans le déroulé) et le tout (emphatique, dogmatique, démonstratif... et musicalisé comme un épisode de Starsky et Hutch) a bien vieilli,

par Boris Sagal.
*****
* dans l'ignorance du brillant préalable de Vincent Price...
** parmi lesquelles de bien graphiquement franches pour un film de major (WB) !

L'Art d'Aimer

id., 2011.
Plus près de l'Alexandre Jardin du Zèbre et de Jacques Sternberg (Histoires à Dormir sans Vous) que de Marivaux ou de l'Ovide évoqué, un entrelacs de vignettes (supérieures à l'exercice chez Ribes, Thompson mais pas Podalydès) sur la pâmoison, le désir et l'enclin (le dada mignon de Manu), fatalement inégal - malgré la régulière élégance et la bienvenue retenue (malgré l'économie, tous les poncifs ne sont pas pour autant évités) - mais aussi passablement artificiel à trop filer programmatiquement au train du romanesque et du cliché moral,

par Emmanuel Mouret.

*****

20 novembre 2011

The Green Hornet

id., 2010.
Sans doute, et en dépit de toutes les rumeurs qui courent sur la production (Gondry et Rogen tirant le projet de leur côté, le second -producteur !- l'emportant) et du coup, le peu de gondrytude aisément identifiable dans l'objet final, nonobstant plus largement la défiance assez générale dont il a souffert, ce Sup-H movie-ci réussit-il pourtant ce qu'un Kick Ass (si exagérément vanté) sabote par excès de roublardise, par contre-productif mésamour du genre. A savoir un pastiche sincère, manipulant autant l'iconoclaste, moquant le cahier des charges du crédo batmanien (trauma familial fondateur, découverte des responsabilités, etc.) qu'affichant sa gourmandise nostalgique à l'égard d'un matériau initiateur pour d'aucuns*, et s'avère ainsi l'un des tous meilleurs représentants du mouvement, le plus riche en occasions de bananes en travers de la figure... sensation raréfiée depuis le premier Spiderman !, non ?,

par Michel Gondry.

*****

* une sincérité déjà repérable dans Be Kind Rewind.

18 novembre 2011

Crazy Stupid Love

id., 2011.
Malgré le parfaitement réjouissant de certaines séquences, à la bravoure certes affichée (celles relevant de la mécanique de comédie la plus pure), cette énième promesse de romance subversive, de crise des moeurs provocante (et de singularité miraculeuse pervertissant un genre souvent trop sage !) rejoint finalement penaudement le rang de la morale sauve* et de la bienveillance triomphante (pouah le final !)...
... ce que même une série comme How I Met Your Mother parvient à régulièrement repousser (Barney Stinson rules !)...
... reste au crédit de l'affaire une poignée d'acteurs authentiquement savoureux, entre routards se ridiculisant (Bacon, Tomei), jeunes pousses prometteuses (Bobo, Tipton), valeurs sans cesse montantes (Gosling, Stone, parfaits)... et Carell, évidemment, qui d'un seul "what ?!" peut toujours vous foutre une salle de cinoche à quatre pattes de rire,

par Glenn Ficcara & John Requa.

*****
* ce dont ne s'affranchit pas toujours non plus les prods Appatow, cela dit...

15 novembre 2011

Schizoïde

Schizoid, 1980.
Piètre production à l’esthétique de téléfilm absurde et paresseux qui s’applique à enchaîner – malgré un casting « alléchant » (Craig Wasson, Christopher Lloyd, Marianne Hill et… Herr Klaus Kinski) - des séquences où l’ennui le dispute régulièrement au ridicule le plus millésimé, offrant en outre une copie fort laide (bouleversant l’échelle plastique, elle ferait passer Maniac pour Seven) et des enjeux bien entendu vite barbants (même si le film tourne au petit whodunit, alors qu’on croyait bien que c’était le barré KK le coupable !),... le tout pinçant tragiquement le sous-dePalma.
Pas méchant, pas malsain, ni bis ni weirdo, ni franchement Z… rien en somme pour alimenter un culte quelconque.
Exceptée peut-être cette dernière réplique, comme un tardif sursaut: "Espèce de naziiiiiiii, tu as osé voler ma feeeeeeeeme: je vais te tueeeeeeeer !",

par David Paulsen.

*****

Saint

Sint, 2010.
Sous haut parrainage Carpenterien (Fog et Halloween en tête), une sorte de slasher néerlandophile mené (au moins dans son exposition) avec le plus grand soin, la plus réjouissante des générosités (on se prend, au détour d'une lame traversant une nuque pour ressortir par la bouche, à repenser à Peter Jackson, première manière) et la plus soucieuse des honnêtetés (comme il est plaisant de voir un film de ce genre dégraissé de tout second degré auto-proclamé !) qui, s'il ne tient pas ses promesses jusqu'au bout (un dernier tiers nettement plus faible), demeure une agréable surprise, pleine de fraîcheur alors qu'elle avance sur un terrain depuis longtemps balisé (épuisé ?),
par Dick Maas.

*****

12 novembre 2011

Madame de...

id., 1953.
Bien élégante adaptation de Vilmorin, façon ophulsienne (mélodramatique donc) d'"affaire des boucles d'oreilles de la comtesse", à la classe toute anglo-saxonne (plus qu'étroitement française en somme), à la mise en forme sensationnelle (mouvements ! esthétique !), aux compositions remarquables (le trio d'acteurs fait des merveilles) et aux séquences, dialoguées par Marcel Achard, toutes plus délicieuses les unes que les autres (ah ! les fameux et bouleversants "je ne vous aime pas" dits sur la porte que Darrieux referme sur son amant aux tempes blanches),

par Max Ophuls.

*****

09 novembre 2011

Les Chaussons Rouges

The Red Shoes, 1948.
Est-ce par cristallisation stendhalienne que P&P devaient faire s'enchaîner Le Narcisse Noir et Les Chaussons Rouges ?
Qu'importe l'éventuel (et peu probable) hommage chromatique, le merveilleux mélodrame des "deux archers" est en tous points un chef-d’œuvre digne (toutefois) d'Henri Beyle, et au sein duquel brille par dessus tous l'incroyable Anton Walbrook (inspiration de tous les De Niro et Sean Penn du monde ?). Ce qui ne constitue pas une paille en regard de l'intense composition de Moira Shearer.

Masterpiece absolue, gigantesque, morceau d'une modernité folle et spectacle visionnaire, miracle fascinant, acte de foi cinématographique... le genre d’œuvre (carrément chef-) qui vous fait ne pas regretter de tant consacrer votre existence à la pelloche: à voir beaucoup de films, on n'est ainsi donc pas à l'abri de tomber parfois sur du cinéma.

par Michael Powell & Emeric Pressburger.

*****

NB: un DVD/Blu Ray indispensable édité
par les inénarrables (décidément) services de Carlotta.

Contagion

id., 2011.
Télévisuel à plus d'un titre (graphiquement impersonnel* et zappingesque comme un network, le script eut été sans aucun doute mieux employé dans le cadre d'une série), dérangeant dans ses positions philosophiques (moraliste, hygiéniste, isolationniste**, le film impose sa triste logique***: tout contact avec "l'autre" s'avère fatal...), anachroniquement pamphlétaire enfin (Romero ou Pakula s'en seraient-il mieux sortis ?) en plus d'être assez ennuyeux et plus roublard que virtuose, cette grande fresque paranoïaque et Soderberghienne-là, malgré l'à-propos de son anxiogène sujet et son indiscutable morgue non-SF (encore que le courant "anti-spectaculaire" soit amorcé depuis quelques mois avec des titres comme District 9 ou Monsters****), laisserait presque croire que le réalisateur cherche à se poser en un parfait anti-Lars Von Trier: brillant dans la vie et bien balourd à l'écran ?*****,
par Steven Soderbergh.
*****

* la dialectique plastique de Traffic nous avait déjà fait grimacer !

** et c'est, bien sûr, la ténébreuse et srasseuse Asie qui est le foyer !

*** en même temps force est de reconnaître
que nous ne sommes que rarement embarrassés
par des dispositifs tout aussi radicaux
qu'impose parfois le cinéma d'horreur !

**** mais avec soixante quinze fois moins de budget, aussi !

***** l'un incarnant toutefois le sadisme et l'autre le masochisme !

L'Esprit s'Amuse

Blithe Spirit, 1945.
Deux ans avant d'être celui de Mme Muir Rex Harrison se voit donc flanqué d'un fantôme (...), au détour d'une séance de spiritisme dont la fantaisie même (Margareth Rutherford, à pleins tubes !) innerve tout un métrage, charmant, Cowardien et so british, occasion pour Lean et son chef op' Ronald Neame de faire un film coloriste plus qu'en simples couleurs (what an explosive technicolor !)*, aussi élégant, délicieux que passablement désuet...,

par David Lean.

*****
* un comble d'ailleurs: c'est le deuxième film en couleurs des deux compères, qui retourneront pourtant illico au N&B pour les dix années qui suivent, estimant ne pas avoir fait le tour plastique et lumineux de la bichromie !




NB: un film à retrouver dans le remarquable Coffret Carlotta consacré aux "Premiers Chefs d'Oeuvres" du réalisateur, sous la supervision éditoriale de Pierre Berthomieu, qui préface ici ou documente là, au gré des six disques de l'indispensable et édifiant objet.

Compartiment Tueurs

id., 1965.
Efficace, grisante, la première manière de CG est bien loin des pamphlets politiques à venir* (malgré le pléthorique commun de la distribution) et s'avère d'une vivacité, d'une écriture (scénaristique mais plastique également), d'un rythme proprement enthousiasmants qui, bien que les deux films n'aient pas nécessairement à étroitement voir ensemble, rejoint l'Ascenseur pour l'Echafaud de Louis Malle parmi les plus intenses contributions au polar à la française (faut-il y ajouter les primes Sautet ?),

par Costa-Gavras.



NB: un film scandaleusement invisible (hors youtube ou pire), au fait.

*****
* le réalisateur exilé et l'acteur Montand
(calanché v'là 20 ans ce jour)

collaboreront dans l'impliqué créneau
une bonne dizaine d'années.



07 novembre 2011

Robocop

id., 1987.
De Verho on retiendra volontiers le sarcasme, la noirceur de la satire qui innerva longtemps son cinéma. En régulier symbole de ce mauvais esprit on retrouve d'ailleurs ici l'agressif et envahissant motif publicitaro-télévisuel de médias omniprésents dans des régimes guère démocratiques (cartels, consortiums et consorts) et à l'entreprenariat largement fascisant*, traitant de drames humains avec le plus parfait désintéressement, comme une simple info de plus.
On n'oblitèrera pas plus, au sein de la manière, la brutalité graphique qui vaudra au réal' son surnom si peu galvaudé d'Hollandais Violent.

Concentré d'action, brûlot à l'efficacité redoutable, la redécouverte de cette première contribution américaine que constitue Robocop pour le récent exilé ajoutera à la touch de Paulo le fréquent simplisme et le régulier univoque de son dispositif, tendant fatalement vers un complaisant volontiers gourmand.
Focussé ici à livrer un nouvel héros, à brosser du mythe (et à fustiger bravachement la corruption et le fascisme latent de la société décrite (promise ?)), le script accuse bien des faiblesses dans ses ramifications dramatiques (mais aussi, un comble !, politiques) et plombe, à trop vouloir mener son spectateur par le bout du nez frémissant, un tantinet l'ambition globale. Des scories qu'on connaît bien (et passe aisément) dans le cinéma bis ou d'exploitation, mais qui surprennent davantage ici.
Ainsi si chez un autre goguenard aussi prénommé Paul (Bartel**), ces défauts font charme, on grince un peu plus des dents à voir les manques du Z perdurer avec budget de A (enfin... de A-),

par Paul Verhoeven.

*****

* vu ici et revu dès Total Recall puis Starship Troopers,
quasi architecturalement, comme écho au quotidien du moindre spectateur.

** comment ne pas penser à la vacharde Course à la Mort de l'an 2000 ?

05 novembre 2011

Au Prix du Gaz

id., 2011.
Documentaire "localo-local" qui, bien que frottant au crépi des mêmes écueils de construction, de distance, de mise en perspective et de point de vue que cet autre témoignage, cette autre mémoire d'un "traumatisme-régional-symptomatique-d'une-histoire-plus-vaste" - à croire que plus on est près, moins on trouve sa place (ce que confesse d'ailleurs quasiment ici l'auteur dans un préambule/CV coupable et réussi mais sans véritable écho dans le propos à suivre) - se solde bienheureusement par un assez juste et touchant état des lieux (d'hommes un genou à terre mais aussi d'un site, d'un pays, d'une économie, d'une culture et d'une histoire), une sorte de tragique post-scriptum désenchanté mais digne (debout comme les hommes décrits) aux réalités assourdissantes enregistrées en son temps (et en d'autres lieux pourtant si identiques !) par Louis Malle,

par Karel Pairemaure.

*****

NB: projection le 5 janvier 2012, 9h00, au cinéma Le Majestic de Montmorillon,
organisée par la Cité Scolaire Jean Moulin.

puis en sélection au Festival Point Doc
(15 au 29 janvier 2012),
Premier Festival en Ligne de Films Documentaires d'Auteurs.

Souscription DVD encouragée chez engrenage.org.

02 novembre 2011

Le Château des Morts-Vivants

Il Castello dei Morti Vivi, 1964.
Gothiquerie internationale (pourtant finalement distribuée exclusivement en Italie ?!) et pour le moins curieuse, n'offrant surtout que des surprises de casting (le double rôle du débutant Sutherland, Lee bien sûr, mais aussi l'Arlequin tenu par un Peter Lorre du pauvre) et de possibles contours à des oeuvres et personnages futurs (le valet Hans pourrait bien avoir influencé celui campé par Richard O'Brien dans le Rocky Horror Picture Show), le reste étant, malgré des décors au baroque indiscutable (les statues) et le délétère de certaines caractérisations (la grotesque police de couards et immoraux soudards post-napoléoniens), un tout petit peu trop anecdotique,

par Luciano Ricci & Lorenzo Sabatini.

*****

analysé plus largement par votre serviteur, sur KINOK.

01 novembre 2011

Gimme Shelter

id., 1970.
Intense et bluffante mise en perspective d'un groupe (le plus grand du monde) contribuant sans le mesurer à rien moins que la mort des 60's (qui survient sous les coups de couteau des Hell's Angels dans le dos de Meredith Hunter au concert gratuit et bordelique d'Altamont). Le Flower Power tôt fané, la mégalomanie infantile normée, le business depuis longtemps installé sans plus se soucier du sens du show, que reste-t-il à prendre encore dans la gueule ? Le rock'n'roll, la musique, intacte malgré les interruptions, magistrale malgré les caprices, immortelle en dépit de la stupidité naïve et irresponsable de ses auteurs... et un film, un film puissant, intense, plein d'une acuité et d'une force évocatrice indéniables,
par Charlotte Zerwin,
David & Alberts Maysles.

*****