
id., 1971.
Formellement jusqu'au-boutiste et en plein dans le renouveau du film policier (Popeye Doyle, quoique plus humain et réaliste, est aussi peu "aimable" que Dirty Harry) que creusera des types genre Lumet, FC est aussi peu glamour qu'il est diablement immersif et foutument désenchanté. Immersif jusqu'à l'inconfort, désenchanté jusqu'à plus loin encore.
Le heurté de la prise de vues*, le confus du montage et l'opaque parfois de la progression narrative**, aussi peu souples soient-ils, sont évidemment tout au service du projet et offrent un supplément d'âme, un diapason valide et indiscutable au sujet.
Ce qui demeurera plus sujet à débat, c'est la sincérité de l'entreprise. Sensation décuplée à 40 ans de là: aujourd'hui "machin" que le culte (et le temps) a un peu dépossédé de ses qualités d'alors (et déformé au profit d'épinaleries cinégéniques) French Connection, aussi iconoclaste apparaît-il sent (un peu, parfois) le "procédé",
par William Friedkin.
* tandis que les acteurs ont répétés scrupuleusement leurs déplacements,
le caméraman en ignorait tout et devait les suivre "au feeling".
** de très nombreuses séquences (fin comprise) ont été écartées au montage,
creusant pourtant la personnalité de Popeye.
2 commentaires:
Le dernier paragraphe aurait mérité d'être développé.
Un autre sommet de polar désenchanté : The New Centurions ( Richard Fleischer, 1972)( Les flics ne dorment pas la nuit)
Les méthodes de tournage (caméramen ignorant les déplacements des acteurs et devant les suivre "au feeling", comme des reporters à chaud), pour immersives et efficaces soient-elles, par exemple, m'apparaissent aujourd'hui d'artificielles ficelles.
Le volontarisme vériste encombre ma vision: les ficelles, pour légitimes qu'elles soient, me semblent insatisfaisantes, nuisent à mon empathie et (me) lassent vite. Le diapason de la forme est redondant à mes yeux, pour tout dire.
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