18 janvier 2012

Talk Radio

id., 1988.
Fruit indiscutable de deux pans de la psyché entertaineuse de l'Amérique que sont le film deejayesque d'un côté et le biopic de sulfureux stand-upers de l'autre*. Ainsi le shaker se verra ici rempli principalement de Play Misty For Me et de Lenny mais ne fera pas oublier quelques autres titres qu'il rejoint ou préfigure (Fog, Fisher King, Man on the Moon, Franc-Parler, Parties Intimes, Pontypool...).
Quoique brillamment mis en forme et solidement interprété, le titre demeurera, en plus qu'inégal (un tiers central flashbackeux assez faible), bien sûr moralement, éthiquement confus.
Ainsi si le portrait d'un homme qui se noie dans son désenchantement, sa colère, sa misanthropie et son incapacité à vraiment communiquer semble fonctionner, les résonances sociétales dont Stone et Bogosian font par ailleurs un bruyant étalage (pour peu qu'elles soient exactes et un juste reflet de la redneckerie US) n'est que provocation facile et vaine, faute de point de vue et de perspective.
Si l'animateur radio est cohérent avec son nihilisme, qu'en est-il en effet de son entourage ? Pourquoi son patron se satisfait-il de ces émissions putassières* (Baldwin répète sans cesse de ne pas "trop" en faire mais se rengorge à coups de "great !" du "trop" commis chaque soir) et une major souhaite-t-elle le diffuser à grande échelle ? Qu'est-ce que cela nous dit des médias ? du monde ? Rien que les auteurs ne supposent, n'ambitionnent sans doute, ivres de leur propre et noire virtuosité et fascinés par le (facile) gueuloir radiophonique qu'ils ont engendré...
par Oliver Stone.

* il en est littéralement la fusion puisqu'inspiré d'un spectacle de stand-up d'Eric Bogosian
et de la bio de l'animateur Alan Berg, assassiné par un auditeur en 1984 !

** alors que l'alibi Lelay-sien de la publicité est ici littéralement absent.


- le film, raréfié depuis 1988,
sort chez Carlotta et devrait alimenter un fougueux débat autour de lui -


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