Le Retour de Sabata

Deux ans après sa création et un intermède yulbrynneresque, Parolini conclut sa trilogie Sabata par un retour aux sources. Et pour ce come-back, c’est Lee Van Cleef qui retourne au charbon - la couleur de son costard de pistolero dandy croque-mort -, un Lee aux tempes plus fournies mais grisonnantes, au regard usé mais encore pétillant et au sourire plus jaune mais toujours surmonté d’une moustache gendarmesque, à qui on ne la conte pas. Bref, il fatigue ; nous aussi.
On retrouve pourtant dans cet opus les ingrédients qui ont bâti la séduction du Sabata originel : flingues gadgets, accortes putes de saloon, décors chamarrés, même bourgeois mazarinesque et adipeux (Gianni Rizzo), sidekicks de la première heure (Ignazio Spalla et Aldo Canti)...
Et c’est là que le bât blesse dans ce western une nouvelle fois urbain et, de fait, huis-closesque : il laisse une impression de déjà-vu (moins classe) plus que de sequel. On se prend à regretter Yul et sa morgue.
Restent quelques trouvailles (gros plans sur des gants de cuir noir, sur une assassinée avec filet de sang dégoulinant au coin des lèvres, cadavre dans une baignoire sanguinolente) qui donnent à ce retour un savoureux côté giallo.

----------

È tornato Sabata... hai chiuso un'altra volta, 1971 -
Gianfranco Parolini (aka Frank Kramer) canonné par Il Gatto.

2 commentaires:

Vincent a dit…

J'ai surtout le bon souvenir de la première scène, assez étrange façon "Chapeau melon..." ou "Le prisonnier", dans laquelle Lee avait l'air un peu paumé. Mais ceci passé, le film est bien mollasson, et William Berger me manque. La cow-girl, me semble t'il, était accorte. Annabella Incontrera que l'on a vue par ailleurs dans de bien jolies choses.

il Gatto a dit…

Oui, d'une mauvaise foi extrême mais en complet accord avec moi-même, j'ai éludé la scène de cirque qui ouvre ce film. Bien d'autres (Giré le premier) ont déjà mis en exergue le transalpinisme de Parolini et son attachement - comme tout Italien qui se respecte, gai quand il sait qu'il aura des femmes et du bon vin - aux arts de la piste aux étoiles. Mais bon, de là à comparer è tornato Sabata... à La Strada, faut pas pousser quand même !

Quant à Annabella, oui, oui, oui ! Sans oublier ce qui fut le plus gros rôle au cinéma de la Française Jacqueline Alexandre.