L'Apprenti Sorcier

On ne peut pas dire que le risque était faible à se laisser aller devant un autre Turtletaub Disneyen (les précédents, du faible Rasta Rocket à l'épouvantable Benjamin Gates, n'allant pas à nos yeux en la faveur du réalisateur), affichant en outre un Nick Cage passablement égaré depuis quelques années (en même temps, c'est ça qui le rend touchant, le neveu: de sembler décidément ne dire "non" à rien !)...
Pourtant, alors que tout joue en la défaveur de ce produit Mickey/Bruckheimer (pas un label de finesse) et que les choses s'engagent bien mal (un prologue bourrin et ridicule), on se surprend à bientôt savourer les cabotinages des comédiens, malgré leurs cheveux gras ou leurs "tours-de-bouche" surannés (Molina rempile, après Spiderman 2, et avec force ressemblances !, dans le villain à haute compétence destructrice, mais débarque surtout du plateau de Prince of Persia (avec Toby Kebbell), autre prod maison de l'année)…
C'est surtout qu'au milieu du duel, mollement spectaculaire, scénaristiquement décousu et laborieusement didactique (une parfaite trinité du ratage), s'agite un personnage (le jeune et Amblinien Jay Baruchel (20 ans ce jour), qui semble, film après film, réussir ce que Devon Sawa dans les 90's et Shia LaBoeuf dans les 00's manquèrent cruellement) tout droit sorti des meilleurs pop-corn movies 80's, sorte de chaînon manquant entre Jack Burton et Marty McFly*, hautement générateur (et c'est le cas de le dire !) en empathie. Sa traversée du film, entre cool geek et véritable douleur adolescente, tient à elle seule l'édifice branlant et fait avaler imagerie passée de mode, musique faiblarde… et final grotesque.
Ah oui, passque si ça commence très mal, ça finit guère mieux… Mais comment avale-t-on le reste, tout ce reste !, alors ? Insondable mystère du masochisme, enclin pathologique au mauvais goût, esprit d'altercinéphilie exagérément chevillé au corps, syndrôme de Stockholm... ou bien simplement un sort de Balthazar ?

* son duel avec le jeune magicien "depechemodique" rappelle également les meilleures minutes de Kick Ass ou de Moi, Moche et Méchant.

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The Sorcerer's Apprentice, 2010 - John Turtletaub, canonné par Mariaque.

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