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Je sais Rien, Mais Je Dirai Tout

Les affaires de Mr Gastié-Leroy se portent à merveille : cet homme est à la tête d'une usine d'armements et fournit tous les ennemis du monde. Seul, dans la famille, Pierre, le fils farfelu, déteste les armes. Il a décidé d'être éducateur social et s'occupe des cas à problèmes... 






Je Sais Rien, Mais Je Dirai Tout, 1973/France, cannoné par  Manchec 

Beau spécimen de comédie anarcho-poétique mid-70’s, inventive, drôle et touchante (et au titre malheureux (fait coutumier chez Pierre Richard passés les deux mots)), cette prod ouvertement baba (impression appuyée par la BO du Big Bazar), à l’inverse des féroces brûlots anars-de-droite de Jean Yanne à la même époque (qui utilise d’ailleurs les mêmes castings !), réussit plutôt la satire socio-économique par exemple que manquèrent pathétiquement Les Chinois à Paris ou Pétrole, Pétrole…

Ambitieux et lunaire à la fois, absurde et revendicatif d’un même élan, c’est peut-être la superposition des modes et des intentions du film qui essouffle toutefois le projet.

Car le film est volontiers aussi « catchy » dans ces sketches graphiques (la prise de sang, les moments slapsticks de « la brique et du seau » ou des « peintres » (du pur pompage des Temps Modernes de Chaplin !)) que dans ses dénonciations de comptoir (le guichet de Bernard Haller, impérial), l’empilement des registres annule certaines séquences (l’épatante remise des jouets militaires aux écoles, gâchée par le numéro proto-michelleebien de Pierrot).

sais rienIl en devient même confus, à tirer en tous sens, fustigeant avec une même application les marchands d’armes, le syndicalisme et le monde ouvrier (vachement drôle cela dit !), l’administration, l’encadrement social, …le tout sous une forme peu étrangère au Lautner pop-réac de cette même époque ou au Zidi facile et bâcleur (Le Grand Bazar).

Mais même sans cette rigueur et cette économie qui eurent été bienvenues, Je ne Sais Rien… constitue quand même le haut du panier du genre, et l’occasion jamais dispensable de voir un Blier en pleine forme, ainsi qu’une brochette de seconds rôles aux petits oignons (Tornade, Prévost, les Frères Ennemis, les p’tits gars Kaminka-Beller-Régo (très bons !), Pierre Repp… jusqu’aux Charlots themselves (dans un cameo « tarte-aux-missiles » final)). 06/12/13







Interprètes: Pierre Richard, Bernard Blier, Didier Kaminka, Luis Rego, Georges Beller, Francis Lax, Pierre Tornade, Daniel Prévost, Les Charlots, Victor Lanoux, ...

Scenario: Pierre Richard & Didier Kaminka - Image: Pierre Lhomme - Musique: Michel Fugain - Production: Christian Fechner - Réalisation: Pierre Richard.

Sortie française: 6 décembre 1973


Les Compères

Tristan, un jeune homme de 16 ans, fait une fugue avec sa petite amie. Devant la passivité de la police et de son mari Paul ne faisant pas assez d'efforts pour le retrouver, sa mère Christine décide de faire appel à deux anciens amants avec qui elle a eu une aventure 17 ans plus tôt pour qu'ils recherchent son fils. Pour être certaine qu'ils acceptent, elle fait croire à chacun qu'il est le père de Tristan. Le premier est un journaliste costaud et téméraire nommé Jean Lucas  et l'autre un timide suicidaire nommé François Pignon . Elle tente d'abord Lucas, mais celui-ci refuse de rechercher Tristan. Elle se tourne donc vers Pignon qui accepte de le chercher. Tout semble donc s'arranger, mais Lucas regrette d'avoir refusé et se lance à la recherche du fils qui a désormais 2 papas à ses trousses...



Les Compères, 1983/France, canonné par EdouardS

Moins original par son idée de départ et plus routinier dans sa direction d'acteurs que La Chèvre, moins comiquement absurde et scénaristiquement riche que Les Fugitifs, Les Compères, deuxième des trois efforts (couronnés à chaque fois de succès public) du trio Veber-Richard-Depardieu ne laisse généralement pas, depuis sa sortie en novembre 1983, de souvenir impérissable. La revoyure permet cependant de réaliser que la distance n'est pas si grande entre chacun des trois films et qu'il n'y a qu'un tout petit pas du verre à moitié vide au verre à moitié plein. 

La réunion des deux antagonistes comiques se fait cette fois-ci au faible prétexte d'une (fausse) paternité annoncée avec un retard de dix-sept ans, en même temps que la nouvelle d'une fugue du "nouveau" fils. Les deux hommes contraints au duo se voient propulsés vers Nice, son milieu de malfrats et de politicards corrompus, ses loubards mi-punks mi-bikers. Ce qui semblait déjà daté en 83, la peinture de cet environnement de petites frappes marginales, n'apparaît pas plus pertinent aujourd'hui même si toujours, potentiellement, favorable aux pointes comiques (nous ne relèverions pas cette carence si Veber ne cherchait pas aussi, par ailleurs, à capter un certain air du temps lié à la petite délinquance, aux dérives et au mal-être des adolescents d'alors). 

Ce terrain de la marginalité, le réalisateur-scénariste ne manque pas de le visiter et de le revisiter, cédant à la facilité de la répétition d'un schéma gagnant à tous les coups : on envoie tout d'abord Richard au casse-pipe, puis Depardieu vient à la rescousse à coups de bourre-pifs, en variant tout de même la chute qui peut parfois tourner, involontairement, au bénéfice du premier. Si attendu que soit ce programme narratif, il faut cependant reconnaître l'efficacité globale, du point de vue comique, du film, grâce notamment au dynamisme dont sait faire preuve le cinéaste aux endroits stratégiques (si la scène de la "leçon de coup de boule" est si drôle, c'est parce que Veber enchaîne les plans, les entrées et les sorties, les revirements, à toute vitesse). 

Quant au thème de la paternité, si peu finement avancé au déclenchement des hostilités humoristiques, reconnaissons à l'auteur le mérite de ne pas trop en alourdir ses dernières séquences, lui qui préfère la pirouette mystifiant gentiment ses deux principaux protagonistes mais pas le spectateur. Tout le monde est content. Contrat aux ambitions limitées mais rempli (cependant pour l'avant-dernière fois avec ce cinéaste, déjà).

Interprètes: Pierre Richard, Gérard Depardieu, Anny Duperey, Michel Aumont, Philippe Khorsand, Maurice Barrier, Roland Blanche, Jacques Frantz, ...

Scenario: Francis Veber - Image: Clade Agostini - Musique: Vladimir Cosma - Prodcution: Francis Veber - Réalisation: Francis Veber.

Sortie française: 23 novembre 1983.


L'AVIS DE L'EQUIPAGE
Manchec EdouardS  Tellop   Frank  T.Chance  Orlof   Sonic Deslices  Krapulax Lemarchand
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Le Coup du Parapluie

Facette un brin plus clinquante de la comédie late 70's à la sauce française, ici point de nonsense, pas de poésie ni de gauchisme rêveur: du théâtre, du théâtre, du théâtre ! La comédie métronomique et chic (entendez friquée) du dandy Oury (sorte de Claude Sautet du gag !): sujet bigger than life, abymes de quiproquos et portes qui claquent (ou maitresses dans le placard !), tartes à la crème de chez Fauchon, du burlesque au chronomètre, souvent efficace mais sans vraie grâce. Trop efficace peut-être, au point qu'on y voit les ficelles plus que l'esprit (bon ou mauvais). Du rythme et un poil de chorégraphie (et un sens du gag bruité évident !) plus que d'âme, de folle énergie, faut reconnaître.

Un bonheur d'enfant (Ragoutoutou !) survivant toutefois, des scènes devenues cultes (la fuite sous moquette, le bateau qui se dégonfle sur le toit de la bagnole à Jugnot), à ranger dans le même rayon que l'usine à chewing-gum de Rabbi Jacob, ouais, la comédie en force, besogneuse.
On ne critique pas, on constate, on découvre ce qu'on n'avait pas vu, pas senti... mais on rit, oui, à l'usure ou par écho. Et on rira, sans doute, encore la prochaine fois...

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Le Coup du Parapluie, 1980 - Gérard Oury canonné par Manchec.

Les Malheurs d'Alfred

id., 1971.
Second (après Le Distrait) pied à l'étrier - tout prochainement chaussé de noir ! - du principe de "l'ahuri des villes" qui sera la signature du lunaire anar Richard 15 années durant, à l'occasion d'une comédie assez iconoclaste (Topor au scénar !) et politiquement incorrecte (thématique du suicide mais aussi des masses manipulées par le gouvernement au travers de son ORTF guyluxienne), hélas par trop décousue dans sa dramaturgie (articulations foutraques, multiplications de registres et d'enjeux éparpillent le propos) et inutilement parlante là où un économe burlesque (de type etaixien ?) aurait fort bien fait l'affaire.
Heureusement, Mondy, improbable pourtant en amant de la bellissime Duperey, était là (et plus que dans tout autre bataillon !) à son meilleur.

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Les Malheurs d'Alfred, 1971 - Pierre Richard, canonné par Manchec.

La Chèvre

id., 1981.
La comédie française "d'exotisme", outre quelle soit un créneau chiche, l'est bienheureusement puisque trop peu garni de franches réussites - ainsi n'est pas De Broca qui veut (et même lui, à la longue... *): Oury s'y rompit les dents, Lautner et Zidi ne firent guère mieux de leurs gencives**. La Chèvre (qui ne l'est véritablement, exotique, que lors de son dernier tiers) n'en est toutefois pas (contre toutes attentes ?) le pire représentant.
Certes en privilégiant la mécanique, le déterminisme scénaristique (un argument programmatique ré-énoncé toutes les trois minutes: la malchance reconnaît la malchance), les étroits fruits comiques du contraste immédiat (propre au buddy movie depuis Le Corniaud) - l'efficacité à la Poiré, pour faire court - plutôt qu'en frottant le particularisme de François Perrin à l'entière société (principe plus habituel de Pierre Richard mais que Claude Zidi lui avait également fait perdre) ou en ne traquant pas la certaine poésie du postulat (id.), pour ne tirer, au fond, que sur une unique corde, le film s'épuisera bientôt, perdant lui aussi la pourtant vitale piste de notre intérêt***,

par Francis Veber.

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* me semble que son Africain n'ait rien de folichon,
en regard de son Homme de Rio ou de ses Tribulations Verno-Chinoises.

** triste Serpent à Plumes, calamiteux Fous ces Sorciers et confondant Banzaï...

*** intérêt que ni la lamentable partition de Cosma ni la paresse misogyne du script
ne relancent jamais, passée cette belle idée de départ sur la malchance...

Le Jouet

Des grands patrons à noms composés et à tyrannie de même ampleur, la comédie satirique 70's en regorgea - souvent campés par l'indépassable Bernard Blier !). 
Exception qui confirme la règle, Michel Bouquet donne ici avec son personnage de Rambal-Cochet, un écho, un comparse de CA hégémonique aux Gastié-Leroy (Je Ne Sais Rien Je Dirai Tout), aux Louis-Marcel Thulle (Tout le Monde Il est Beau, Tout le Monde il est Gentil), mais aussi au Daubray-Lacaze que tiendra Fufu dans La Zizanie (ainsi que, d'une certaine et féroce manière, au directeur d'assurance que jouera Jean Poiret dans Que les Gros Salaires Lèvent le Doigt et ses inusables chaises musicales licenciantes).

Pourtant, malgré la cruauté, la férocité et la drôlerie régnant autour de lui, peu de sillons sont creusés par le script jusqu'au bout du champ: la servilité mise en cause le temps d'une succincte ligne de dialogue n'est guère questionnée (le bâton du chômage ne saurait suffire aux compromissions faites par chacun, du directeur de magasin de jouet (Michel Aumont, drôlissime de veulerie, au rédacteur en chef (Jacques François épatant en ce qu'il amène une infime pointe de détresse émouvante à son personnage)), pas plus que les relations père/fils, mari/épouse (la jeune poule à RC est d'ailleurs sacrément plus négligée par le scénario que par son magnat de mari !) ne sont sérieusement sollicitées et le spectateur doit donc prendre pour argent comptant des motivations et des attitudes qu'on lui impose deus ex-machinalement plutôt qu'aut'chose, le plus souvent gratuitement d'ailleurs (« la rébellion journalistique finale » semble par exemple n'être qu'un épisode de plus, une articulation scénaristique sans plus d'enjeux que ça, malgré son potentiel dévastateur).

On ira même, dans un genre d'idée équivalent, jusqu'à regretter que la possible détresse du grand patron ne soit ainsi pas l'affaire du scénariste-réalisateur (qui croque là seulement un lapidaire méchant digne de Guignol), alors que le talent de Bouquet permet de sentir, lovée au fond de l'œil une fêlure possible, mystérieuse, ambiguë, ouvrant sur une piste hélas jamais exploitée !

Restent et demeurent, malgré ces manques de suite dans les idées, une belle comédie valant plus que nombre de ses consoeurs contemporaines, un argument central très fort (un enfant se fait offrir un « monsieur » sous le regard sur-permissif de son potentat de père), une progression dramatique bien rythmée, la belle énergie (plus contenue qu'à l'accoutumée) d'un Pierre Richard en pleine possession de ses ressources comiques (à la fois poétiques et politiques), des seconds rôles toujours chaleureux (Charles Gérard, Michel Robin), des séquences à la force symbolique parfois stupéfiante (le constat à l'amiable entre le bolide d'Eric et le majordome, l'achat forcé de la gentilhommière de Daniel Ceccaldi) et, surtout une fois la raisonnable somme faite (qui l'emporte sur les préalables bémols !), la quasi assurance de tenir là le meilleur film de Francis Veber.


Le Jouet, 1976/France - Francis Veber
 








La Course à l'Echalote

Ne serait ce final follasso-cabaresque, laborieux et interminable (et où surjoue Bézu), au cours duquel Pierre Richard est contraint de saboter un show brightonien en détruisant les colonnes romaines en constituant le décor (et la plupart des séquences dans le salon de coiffure où officie Jane Birkin), La Course à l'Echalote offrirait un Zidi tout ce qu'il y a de majeur.
Diablement rythmé (autant dans ses canons absurdement répétitifs que dans sa centrale fuite effrénée), régulièrement drôle mais aussi volontiers « dur » (la traque des villains et leurs méthodes expéditives sont d'une parfaite brutalité), assez chouettement mis en image (Henri Decae à la photo, JJ Beineix à l'assistanat) le film s'offre même le luxe gourmand de clindoeiller furieusement les motifs parmi les plus célèbres de la manière Hitchcock (le train* du Stranger ou de la Lady Vanishant, la bâtisse toute Bates Motel et sa mise à feu Rebeccaesque, ... et nous en passerons et des plus birdsiens).
Servi en outre par des acteurs souvent à leur meilleur (Michel Aumont, proprement hilarant, Claude Dauphin, surprenant), cette seconde collaboration « condimentale » Pierre & Claude (moins successfull que La Moutarde me Monte au Nez, au point même de faire 600.000 entrées de moins en 75 que, carton un peu oublié aujourd'hui, l'Histoire d'O. de Just Jaeckin !) vaut, nous sommes en mesure de péremptoirement l'affirmer, bien plus que son titre (poussif) et de la (ringarde) place (à cause de son ahurissant cumul boxofficeux: un peu plus de 54 millions d'entrées en moins de trente ans et en une grosse vingtaine de titres ?) qu'on a tôt réservé dans le paysage cinématographique français à l'ancien cameraman d'un autre Claude: Chabrol (63-70).
Claude Zidi (1975)

* la séquence des wagons carnavalants n'est pas
sans préfigurer le final d'Un Fauteuil Pour Deux...
Landis avait-il vu La Course à l'Echalote ?



Le Distrait

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Nous rappeler la chose rêveuse, poétique, fantaisiste est une chose. La revoir forcenée, vieillie, moyen écrite ("dialoguément") en est une autre, et celle hélas d'aujourd'hui.
Certes moins mécanique que quelques uns de ses films ultérieurs, plus frais aussi sans doute (mais le personnage du grand doux-dingue frisé blond (et chaussé comme il veut !) qui tiendra 25 ans durant était là naissant !), ce Distrait atteint de régulières limites en bien des aires de jeux: étirement excessif des séquences (l'ouverture du piéton dans la circulation), grosses faiblesses des bafouillantes scènes dialoguées (la pénible thèse publicitaire), cahin-caha de la progression narrative, mariage hasardeux des tons (la comédie lunaire, la fantaisie free-pop et la satire sociale type Jean Yanne sont étrangement dosées)... autant de petits points noirs qui, s'ils étaient extraits du pif, offriraient un profil davantage altier, comme (presque) ici.
Quelques séquences pourtant marchent à merveille et font encore notre bonheur (l'appartement d'Yves Robert, le repas de famille, la sublissime séquence du bureau s'affaissant au milieu des cages à oiseaux (sans Pierre Perret), le concours Clistax (et ses oeufs), l'ensemble des scènes avec Paul Préboist (?!)), mais isolément, sans constituer un film cohérent en soi. Ajouter à cela un Blier au minimum syndical (fichtre !) et une MC Barrault confondante de vide (y compris rayon charme) et s'assurer que l'audace formelle d'alors méritait sans doute plus de rigueur (comme chez Tati ou Chaplin)...
Pierre Richard (1971)

Alexandre le Bienheureux (...mais nous pas trop...)

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Pierre angulaire de la première période d’Yves Robert (les champêtres 60’s, celles d’Aymé, d’Allais et de Louis Pergaud) et complément essentiel au dyptique qu’il forme avec Clérambard (même forme parabolique en trois actes autour d’une "révélation" qui bouleverse le paisible ordre social), Alexandre le Bienheureux, surtout dans sa seconde partie, est un bienveillant - et quasi révolutionnaire alors - hymne, communicatif et bien senti, au repos, à la sieste et au temps pour soi. L’Alexandre en question, ex-corvéable, en décidant de ne plus sortir de son pageot devient vite une sorte de Messie - qui s’ignore (contrairement à Clérambard)- pour toute la communauté environnante (certains l’approuvent et le rejoignent dans sa quête (ben moi aussi, je m’couche !) et d’autres se scandalisent à le voir laisser filer son bien et, suprême péché !, ne plus travailler).
Philippe Noiret incarne à merveille ce prophète en pyjama (le rôle le propulsera), même s’il est assez peu crédible dans le premier tiers du film en ouvrier tyrannisé par sa femme, et donne corps et sens avec sa voix chaleureuse, à la philosophie de l’oreiller mise en place.
La geste Robertienne, outre les tonalités et références (les mômes de La Guerre des Boutons sont même de la partie), donne par ailleurs à plein, forte d’une équipe familiale (LePerson, Carmet, Pierre Richard, Vladimir Cosma (qui débutait quasiment là !)) et sert au mieux la fable philosophique et contagieuse : c’est d’ailleurs au fond du lit que nous avons rendu hommage, visionnant ce titre fameux, au gars Philippe !
Yves Robert (1968)

On Aura Tout Vu

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Il est décidément curieux de noter qu’au cœur des 70’s libérées, les artisans laissant croire à la plus grande porosité aux mœurs renouvelées (Yanne, Lautner, Pirès, Berri même, un peu), s’avérèrent aussi peu awares que la bourgeoisie artistique en place, et menèrent finalement, par le mode sarcastique et faussement dans le coup, la même croisade que les plus coincés du chibre. 
Car pour un film de Joël Séria ou du B.Blier d’alors, combien de Messieurs Trop Tranquilles (ou un certain équilibre générationnel dans la mise en boîte opère toutefois), d'amers Je te Tiens, Tu me Tiens par la Barbichette… ou d’On Aura Tout Vu.

Naïvement réactionnaire, grossièrement critique, la caricature voulue ici écrin au scénario de Francis Veber (prétendument au service d’une réflexion (lapidaire) sur la compromission artistique et l’essor économique de l’érotisme (Emmanuelle avait été le carton qu’on sait en salle) et de la pornographie), se montre très sommairement documentée, pathétiquement invraisemblable, et mue par un mépris évident, enflé au bon sens populiste. Et fort peu drôle.

On pourra toutefois, s’accrochant aux branches, apprécier un Pierre Richard subtilement à côté de son registre de comédie (loin de sa poétique capacité destructrice habituelle, il n’est qu’à de très rares occasions le moteur comique du film), un très bon Jugnot (lui aussi dans un emploi inédit qu’il retrouvera guère), et un JP Marielle des meilleurs soirs (le film ne tient-il pas de bout que grâce à lui ?), lui dans son plein et classique emploi.
Mais le tout n’est pas bien fameux tout de même…
Georges Lautner (1976)